Honte au Vatican

Voilà le message que j’aurais envie parfois de transmettre aux différentes autorités de l’Église, au Vatican en particulier, lorsque l’on entend à tout propos des déclarations sur tout et sur rien, surtout en ce qui touche le sexe, ce mot « honteux » pour certains ecclésiastiques.

Car vous remarquerez que bien souvent la morale de l’Église semble obsédée par cette question du sexe : divorcés remariés (ils couchent ensemble!), contraception (encore le sexe!), homosexualité (le sexe, bien sûr). Non pas qu’il faille tout accepter sans critiques, sans mises en garde, mais qui a donné à l’Église le rôle de garde-chiourme de l’humanité?

Son rôle est d’annoncer l’Évangile et de témoigner de la compassion et de la proximité du Christ avec notre humanité, non pas d’imposer une morale à coup d’interdits et d’excommunications. Jésus aimait bien la compagnie des pécheurs, des prostituées et des publicains. Qu’avez-vous fait de son message?

L’Église ne va nulle part en se définissant sans cesse comme une sorte de procureur de la Couronne qui aurait la charge de mener les accusés en prison. Ce n’est pas cette Église-là que le Christ est venu annoncer et ce n’est pas celle en laquelle je crois.

Comment se fait-il que ces questions ne semblent jamais faire autant de vagues dans la communion anglicane ou chez les Orthodoxes? Quelle est cette obsession qui semble animer tant de gens dans l’Église catholique, où la morale passe toujours avant l’amour et l’accueil de l’autre dans sa misère?

Ce qui me fait réagir aussi durement ce matin sur ce blogue est le cas de cette fillette de neuf ans, dont la mère a demandé qu’elle se fasse avorter après un viol, et dont l’Évêque de Recife (Brésil) a eu la bonne idée d’excommunier, appuyé au Vatican par le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la Congrégation pour les évêques. Vous pouvez lire l’article dans le journal La Croix.

Il est tellement difficile d’être catholique dans notre monde, qu’on n’a pas besoin de ces interventions de prélats qui ressemblent davantage à des surmois ambulants, qu’à des messagers de la bonne nouvelle de Jésus Christ.

Parlez-nous plutôt d’amour. Parlez-nous de l’amour de Dieu, du message extraordinaire de l’évangile du Christ, de justice sociale, de l’égalité de tous devant Dieu et devant les hommes. Soyez aux barricades, chers prélats, quand surviennent des guerres, des désastres et des génocides. N’ayez pas peur de vous salir les mains et vos soutanes. Mettez de côté votre superbe et devenez de véritables serviteurs. J’ai vécu à Rome, je sais ce dont je parle.

J’aimerais entendre plus souvent votre indignation devant ce qui se passe au Darfour et au Zaïre, avec leurs millions de morts. J’aimerais vous entendre plus souvent, et vous voir agir concrètement, lorsqu’il est question des enfants-soldats, des pauvres et des marginaux de nos sociétés, de la condition de la femme dans de nombreux pays, de la faim pour le quart de notre humanité. Dieu merci, de nombreux chrétiens et chrétiennes sont déjà à pied d’œuvre, dont de nombreux prêtres et évêques, j’en conviens. Mais faites donc de même, chers prélats, et laissez tranquilles cette mère et sa fillette de neuf ans. Elles ont déjà assez souffert.

Ce matin, en lisant les journaux, vous m’avez fait honte, ainsi qu’à des millions de catholiques!

15 Réponses

  1. Ce matin, j’ai été interpellé par un de mes enfants : Et alors toi, la catho, tu cautionnes ça ?

  2. Ce matin, un de mes enfants m’a interpellé : et toi, la catho, tu cautionnes ?

    A vrai dire, j’ai été pris de court parce que je n’avais pas tous les éléments de cette « affaire » dont j’ai entendu les critiques avant d’avoir eu connaissance des faits.

    Les affaires difficiles c’est toujours comme ça, ça crie vite et y’a intérêt à être au courant, informé, quand on est interpellé.

    Oui, merci à tous ceux qui travaillent pour un monde plus juste, plus fraternel, plus humain, à leur risques et périls.

    Puissions nous tous, pendant ce temps de Carême, le devenir davantage !

  3. Il y a dans cette obsession maladive du sexe et de la Loi quelquechose de tellement malsain, une culture corporative de caste qui ne commencera à s’évanouir qu’à partir du moment où Rome renouera avec l’antique tradition d’ordonner au sacerdoce des hommes mariés. Mais l’héritage augustinien, ennemi hargneux de l' »oeuvre de chair », est si lourd…
    Merci à l’autre poumon de l’Église (l’oriental) de faire preuve de miséricorde devant la détresse humaine. Cette attitude, Dieu merci, nombreux évêques et prêtres catholiques l’ont d’ailleurs adoptée, sachant bien que « le Sabbat est fait pour l’homme, et non l’homme pour le Sabbat » : « Que jamais les canons, les lois de l’Église, ne prennent le pas sur la Loi d’amour du Christ. Il ne faut pas risquer de tuer spirituellement une personne sur le motif d’observer strictement une règle, aussi juste soit-elle. C’est toujours l’amour qui doit prédominer. » – Michel Laroche, « Secondes noces », (Bayard-Centurion).

  4. Quand verrons-nous nos évêques, nos pasteurs, nos prêtres, nos religieux et religieuses, s’attacher à des arbres centenaires menacés de destruction par les promoteurs immobiliers rapaces ? Quand conduiront-ils/elles des voitures électriques ou hybrides, pour dire, plus que par des mots, que la Création est en péril ? Quand utiliseront-ils/elles de la vaisselle compostable plutôt qu’en styromousse jetable, lors des repas communautaires ?
    Quand iront-ils/elles à la Bourse pour distribuer la soupe aux clochards, dénonçant ainsi notre système économique pourri ?
    S’ils/elles sont contre l’avortement, plutôt que de le condamner seulement avec des mots, et d’excommunier des personnes en détresse extrême (« Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre », remember ?), pourquoi ne parraineraient-ils/elles pas le troisième enfant de chaque famille, comme l’a fait le patriarche de Géorgie en 2007 ? Il est devenu ainsi le parrain de 2000 enfants ! Un « baby-boom ecclésiastique », c’est vraiment prophétique !… « Soyons moins avortons, et il y aura moins d’avortements » (Olivier Clément, 1921-2009).

  5. Un exemple de ce que l’intervenant précédent soulève, est la fondation en 1998, de l’Association Cigogne (http://www.cigogne.ca/). Cette association ne se présente ni comme catholique, et, encore moins comme étant une réponse au problème de l’avortement. Néanmoins, ce sont ces deux facteurs qui sont derrières la fondation de cette association sur la campus de l’Université de Montréal. Au lieu de condamner l’avortement, les fondateurs se sont dits qu’il fallait plutôt aider les jeunes femmes enceintes en leur donnant de l’espoir via un soutien matériel et psychologique. Trop facile de condamner ou de dire aux autres quoi faire. Il faut s’engager concrètement auprès de celles qui cherchent une solution aux difficultés liées à une grossesse.

  6. Merci ! Mille fois merci !
    Je suis heureuse qu’un homme d’Eglise (et vous n’êtes certes pas le seul) prenne position contre le dictat de Rome (Seigneur, pardonne-leur, ils ne savent ce qu’ils font !). Ce sont bien sûr des hommes, commes les autres, avec leurs limites.
    Mais oui, ôsons parler du préservatif à nos jeunes alors que le sida fait rage… tout en n’oubliant pas de leur parler d’amour, de respect, de fidélité.
    Séparés, divorcés, ôsez vivre dans l’Eglise, en vous affirmant de manière claire et transparente (et non pas en vivant des doubles vies cachées comme beaucoup il y a quelques décennies d’ici).
    Etc…
    Oui, qu’avons-nous fait de l’essentiel du message évangélique de tolérance et de respect de la différence !

    Il est malheureusement tellement plus facile de juger que de comprendre et accepter !
    Pardon Seigneur pour nos manques de clairvoyance !

  7. bravo cher ruminant ça fait du bien ouf!

  8. Oui un très grand merci au moine ruminant qui exprime si bien ce que nous pensons et ressentons ! ça soulage et ça fait un bien fou !!!!

  9. oui un très grand merci au moine ruminant !! ça fait un bien fou de lire ce que nous pensons et ressentons avec tant de force !!
    nous ne sommes pas seuls !

    merci, Dieu vous bénisse

  10. y’ a de plus en plus de réponses et de prises de positions qui vont dans le même sens.
    Celui de la compassion, de l’attention, qui parle de la Miséricorde du Seigneur.
    C’est heureux.
    C’est le visage de l’Eglise, son vrai visage.
    C’est heureux qu’il y ait des « bonnes » réactions, qui pour la plupart exigent de ceux qui s’expriment, d’être vrai et ils le sont.
    C’est heureux.
    Merci au moine ruminant d’avoir lancé ce sujet ici.

  11. ZF09031201 – 12-03-2009
    Permalink: http://www.zenit.org/article-20420?l=french

    Excommunication au Brésil : Réaction de Mgr Deniau, évêque de la Nièvre

    « Il y avait autre chose à dire »

    ROME, Jeudi 12 mars 2009 (ZENIT.org) – Nous reprenons ci-dessous un communiqué de Mgr Francis Deniau, évêque pour la Nièvre, en France, qui réagit à la décision de l’archevêque de Recife au Brésil, d’excommunier la mère d’une fille de neuf ans, enceinte, et de l’équipe médicale qui a procédé à l’avortement (cf. Diocèse de Nevers).

    Il y avait autre chose à dire

    J’ai appris comme tout le monde que la mère d’une fille de neuf ans, enceinte de son beau-père, avait été excommuniée par son évêque au Brésil, avec l’équipe médicale qui avait procédé à l’avortement de sa fille. Comme évêque, je suis solidaire de tous les évêques du monde. La solidarité impose de dire ses désaccords, sinon elle ne serait que complicité. Je dois dire à mon frère l’évêque de Recife – et au cardinal qui l’a soutenu – que je ne comprends pas leur intervention. Devant un tel drame, devant la blessure d’une enfant violée et incapable, même physiquement, de mener à terme une grossesse, il y avait autre chose à dire, et surtout des questions à se poser : comment accompagner, encourager, permettre de sortir de l’horreur, de retrouver sens et goût à la vie ? comment aider la fille et la mère à se reconstruire ? Nous balbutions, surtout nous les hommes, et devons compter sur les femmes pour être là avec plus de présence que de paroles. Mais des paroles de condamnation, un rappel de la loi, aussi juste soit-elle : c’est ce qu’il ne faut pas faire.

    Jésus aurait dit que la morale est faite pour l’homme et non l’homme pour la morale. Il a dénoncé l’hypocrisie de ceux qui lient de pesants fardeaux sur les épaules des autres.

    Je confesse que j’ai accompagné des femmes avant et après une IVG. Je crois que l’Église catholique assume sa responsabilité sociale en insistant, à temps et à contre-temps, sur le respect de la vie humaine « depuis la conception jusqu’à la mort naturelle ». Nous manquerions à notre responsabilité en taisant cet appel, qui relève de la défense des plus petits et des plus faibles. Après, il s’agit d’accompagner chaque personne, dans des situations où je ne voudrais pas être, et où chacun essaie de faire au mieux de ce qu’il ou elle peut. Dieu nous appelle à des décisions qui peuvent être exigeantes, mais d’abord il nous enveloppe de sa tendresse, et il nous accueille dans les obscurités et les drames de la vie. J’attends des hommes d’Église, mes frères, qu’ils n’utilisent pas son nom pour condamner des personnes ou les enfermer dans la culpabilité.

    Francis Deniau, évêque pour la Nièvre

  12. merci à mgr Deniau pour ce témoignage qui permet d’espérer encore dans l’église ! face au contre témoignage de l’évèque de Récife ! Prions pour que son successeur ressemble et soit un fils de dom helder camara !

  13. je viens de tombé sur votre site par hasard ..
    je m’attendais a voir un site Catho encore Pro-Life ou intégriste comme dab … et bien Non … enfin un moine qui refléchit au monde qui l’entoure et pas aveuglé par un vieux livre pseudo historiqué remanié par des moines zélés de 1500 ans ..
    Voici quelqu’un qui comme Mgr Gaillot ont gardé un bout de cerveau … Merci a eux … mais cela va nullement m’empecher de me faire depaptiser … bientot .. car la c’est trop

    NB : Un Shisme tous les 500 ans … 1000 +5000 + 5000 …

  14. Bravo pour ce coup de gueule du Moine ruminant contre cette décision scandaleuse de l’archevêque de Recife et du cardinal Re
    Plusieursue évêques français ont réagi, en envoyant une lettre ouverte à leur confrère brésilien. C’est assez rare pour être souligné. Mais il faut dire qu’une décision romaine n’avait pas scandalisé autant de personnes et de chrétiens depuis longtemps!
    En complément au texte de Mgr francis Deniau cité par Hora, je vous donne ci-dfessous le texte de la très belle lettre que l’évêque de Nanterre Gérad Daucourt a envoyé à son confrère, avec copie au cardinal Re. cela réchauffe le coeur de voir qu’il y a des évêques qui ont gardé le sens de l’humain. Mais comment se fait-il qu’il n’y ait que quelques évêques qui aient ainsi protesté? L’esprit de corps serait-il si fort que tout pourrait de faire, se dire, sans qu’il se trouve plus de trois ou quatre évêques pour réagir? Qu’attendent les autres?

    Lettre ouverte à Monseigneur José Cardoso Sobrinho, Archevêque de Olinda et Recife

    Monseigneur,

    Vous avez récemment tenu à déclarer publiquement l’excommunication d’une mère de famille qui avait fait avorter sa fillette de neuf ans, enceinte de quatre mois, après avoir été violée depuis l’âge de six ans par son beau-père. Vous avez décidé aussi publiquement l’excommunication des médecins qui ont pratiqué cet avortement. Je réagis donc publiquement à votre intervention par cette lettre ouverte.

    Je vous rassure tout de suite : pour moi, l’avortement est la suppression d’une vie. J’y suis donc fermement opposé.

    La mère de cette fillette a peut-être pensé qu’il valait mieux sauver une vie que de risquer d’en perdre trois… Peut-être les médecins lui avaient-ils dit qu’un petit utérus de neuf ans ne se dilate pas indéfiniment… Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que dans cette tragédie, vous avez ajouté de la douleur à la douleur et vous avez provoqué de la souffrance et du scandale chez beaucoup de personnes à travers le monde. Dans une situation si dramatique, je crois fermement que nous, évêques, pasteurs dans l’Eglise, nous avons d’abord à manifester la bonté du Christ Jésus, le seul vrai Bon Pasteur. Je suis sûr qu’Il aime cette mère et qu’Il cherche des hommes et des femmes pour l’aider à continuer la route en étant soutenue amicalement, spirituellement et, si nécessaire, matériellement. Je suis sûr qu’Il demande d’apporter de l’amour à cette fillette marquée à vie et à sa sœur aînée handicapée, elle aussi violée. Je suis sûr qu’Il demande à l’aumônerie de la prison de s’approcher du beau-père violeur pour qu’il se repente, se convertisse et redevienne un jour un homme véritable. Je suis sûr que le Christ attend aussi que, si vous le pouvez, vous parliez avec les médecins qui ont pratiqué cet avortement parce que, comme les quarante gynécologues et obstétriciens que j’ai rencontrés il y a quelques mois et dont je n’ai pas partagé nécessairement toutes les positions, la plupart d’entre eux apprécient d’être écoutés et d’entendre divers points de vue alors qu’ils vivent souvent des drames de conscience.

    Monseigneur, aidons-nous les uns les autres pour être avant tout des hommes d’espérance en Dieu et en tout être humain !

    Je suis en relation d’amitié et de collaboration avec beaucoup d’évangéliques qui sont tout aussi opposés que vous et moi à l’avortement. Ils ne proclament pas cependant de condamnation publique. Peut-être est-ce une des raisons pour lesquelles les communautés évangéliques attirent tant de catholiques aujourd’hui, en particulier au Brésil. Je constate que l’opinion publique ne comprend rien à l’excommunication. Elle la perçoit comme une condamnation des personnes et non une proposition de guérison et de conversion. J’estime donc que nous devons trouver d’autres moyens pour dire à nos communautés que le comportement ou les paroles de tel catholique ne sont pas en accord avec ce que l’Eglise comprend et croit de la volonté de Dieu.

    Je ne vous cache pas non plus que je me demande aussi comment on peut dire que le viol est moins grave que l’avortement qui supprime la vie dans le sein d’une mère. Des femmes violées se sont confiées à moi. Certaines ont pu se redresser et avancer dans la vie avec le souvenir de leurs blessures qui ne disparaît jamais complètement. Mais d’autres, tout en étant physiquement vivantes, ont été tuées au plus profond de leur être et n’arrivent pas à revivre. La vie n’est pas que physique, vous le savez bien.

    Je n’ai pas pu obtenir le texte complet de ce qu’a dit le Cardinal Re, mais le soutien que – selon les médias – il vous a apporté ne change rien à ma réaction pastorale. Pour la clarté des relations entre évêques, j’envoie un double de cette lettre à Monsieur le Cardinal Re.

    Je vous prie de croire, Monseigneur, à mes sentiments attristés, mais aussi respectueusement fraternels, ainsi qu’à l’assurance de ma prière pour vous-même et ceux et celles qui, de loin ou de près, sont concernés par le drame de cette fillette.
    Gérard DAUCOURT
    Evêque de Nanterre

    Le 12 mars 2009

    Un petit bémol en ce qui concerne

  15. Lettre ouverte à la maman excommuniée par l’archevêque de Recife.

    Madame,
    J’ai été comme tant d’autres, chrétiens ou non, profondément bouleversé par ce qu’a vécu votre fille de 9 ans. Malheureusement, ce drame est encore trop fréquent, pas seulement dans votre pays, le Brésil, mais dans beaucoup d’autres, y compris la France. Trop d’enfants sont victimes du sadisme et de la perversion d’adultes qui ne voient que la satisfaction de leur plaisir bestial, sans penser aux enfants qu’ils traumatisent pour toujours.
    Mais à ce drame, il a fallu qu’un évêque de l’Église catholique, soutenu par un des cardinaux les plus haut placés dans la hiérarchie vaticane, en ajoute un autre, et vienne vous exclure de l’Église de Jésus-Christ ! A l’abjection du crime perpétré sur votre fille, des dignitaires de l’Église – de notre Église ! – ont ainsi ajouté l’ignominie d’une sentence honteuse, qui manifeste la plus totale inhumanité, et est indigne de la croix qu’ils portent sur leur soutane. C’est Jésus lui-même, celui qui a souffert avec les pauvres, celui qui a défendu les petits et les malheureux, celui qui est mort pour nous sur une croix, c’est Jésus lui-même qu’ils ont excommunié ! Ils l’ont excommunié de leur église, celle qui trône à Rome dans les palais, celle qui, sûre d’elle-même et de sa bonne conscience, vient de lever l’excommunication d’un évêque schismatique qui nie la Shoah et fait preuve d’un antisémitisme que l’on ne croyait plus possible. L’église qui vous a condamné, ce n’est pas celle de Jésus, ce n’est pas celle de millions d’hommes et de femmes qui pleurent avec vous, comme Jésus a pleuré avec les pauvres et les malades de son temps. C’est une institution terrestre qui a trahi sa mission : annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres, consoler les affligés, réconforter ceux qui pleurent. Mais certes non, ce n’est pas l’Église de Jésus-Christ.
    Heureusement, il se trouve des évêques qui ont encore le courage de protester tout haut contre cette sentence ignominieuse, qui ne touche que ceux qui l’ont portée. Notre évêque de Nanterre – une commune de la banlieue de Paris – a ainsi écrit une lettre ouverte à Mgr José Cardoso Sobrinho, pour lui faire part de sa désapprobation la plus totale et lui rappeler le plus élémentaire devoir de compassion. Cette lettre, ainsi que celle de quelques autres évêques, rétablit l’honneur de la véritable Église du Christ. J’espère qu’elle vous réconciliera avec la véritable Église du Christ et vous redonnera assez d’espoir et de courage pour surmonter la douleur et l’épreuve qui sont les vôtres aujourd’hui.
    Croyez, Madame, à l’assurance de mes prières et de ma très profonde sympathie.
    Bien à vous en Jésus-Christ ;

    Claude BARDOT

    PS. Y aurait-il un lecteur lusophone qui pourrait traduire cette lettre en portugais? Pourraiyt-on avoir l’adresse de l’archevêque de Recife ?

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