Journal (4)

Il était une foi… N’est-ce pas ainsi que commence chacune de nos histoires. Et l’histoire fondamentale de nos vies, lorsque nous la lirons dans l’éternité de Dieu (j’allais dire au coin du feu, mais cette image n’est peut-être pas de mise quand on veut parler du ciel!), cette histoire donc, sera fondamentalement le comment de notre vie et son enracinement en Dieu. Ma foi en Dieu, je la veux au centre de ma vie. Non pas que je réussisse à vivre ma foi comme je le voudrais toujours, sinon ce serait déjà le ciel, mais la soif de Dieu m’habite et je veux lui faire le plus de place possible en moi.C’est un don que j’accueille avec, oh! combien de reconnaissance, moi qui ne mérite pas plus qu’un autre qu’il me soit fait, alors que tant d’autres cherchent sans trouver. Je connais leur douleur et je ne puis rester là avec « mon bien « . Il me faut le partager autant que je le puis, car il y a quelque chose qui me semble injuste dans mon expérience de foi.

Je me sens tellement gâté par Dieu et c’est toujours la même question lancinante qui me revient depuis 25 ans: « Pourquoi moi? » Pourquoi me gâter ainsi? Et tout ce que je peux intuitionner comme réponse de la part de Dieu c’est ceci : « Parce que je le veux! Ainsi en ai-je décidé dans ma bonté. » Et je reste là avec ce sentiment d’une mission importante qui m’incombe, mais avançant comme dans le noir. Je pense alors à la femme adultère envers qui Jésus a manifesté tellement de bonté ou encore à la Samaritaine ou l’Apôtre Pierre qui avait renié. Et la reconnaissance m’étreint le coeur et l’action de grâce me monte aux lèvres. Et je me dis : « Je dois témoigner! »

MÉDITATION

Après le repas, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci? » « Oui, Seigneur », répondit-il, « tu sais que je t’aime. » « Alors, pais mes agneaux », lui dit Jésus. Une deuxième fois, Jésus lui demanda… Pour la troisième fois, Jésus lui demanda : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu  » Pierre fut attristé de ce que Jésus avait demandé pour la troisième fois… (Jean 21, 15-19).

J’ai toujours été touché par ce récit où Jésus, après sa résurrection, se manifeste sur les bords du lac de Tibériade. Vous vous souvenez? C’est sur les bords de ce même lac que Jésus avait rencontré Pierre pour la première fois et l’avait invité à le suivre. Dans le passage d’Évangile que j’ai choisi, Pierre est allé à la pêche avec Thomas, Nathanaël, les fils de Zébédée et deux autres disciples. Que faire d’autre quand les grands rêves semblent s’écrouler? Pierre n’a pas d’autre métier. Il retourne donc à ce qu’il connaît de mieux et c’est à nouveau dans ce contexte que Jésus vient à sa rencontre.

Des poissons grillés et des pains ont mystérieusement été préparés pour les disciples. Ils vont partager cette nourriture ensemble comme autrefois. Mais pas un mot n’est dit sur ce repas, comme si l’on avait déjeuné en silence, l’événement étant trop solennel pour qu’aucun n’ose prendre la parole.

Après le repas, nous assistons au tête-à-tête entre Jésus et Pierre, comme si c’était là le véritable motif de la présence de Jésus sur les berges du lac ce matin-là. Jésus, bien que ressuscité, paraît vulnérable dans ce récit. À trois reprises, il demandera à Pierre : « Pierre m’aimes-tu? » Une question extraordinaire dans la bouche du ressuscité, car c’est son humanité qui s’y révèle. « Pierre m’aimes-tu? » Comme si les liens noués ici-bas importaient encore pour Jésus, lui qui est passé de ce monde-ci à son Père. Comme s’il nous ressemblait plus que jamais dans son désir d’être aimé.

Par ailleurs, la question de Jésus met sûrement à vif la plaie encore fraîche de la trahison et de la passion chez Pierre. Pourquoi cette question et pourquoi la poser trois fois? Par sa triple question, je ne crois pas que Jésus cherche à vérifier la détermination de celui à qui il veut confier ses brebis. Et je crois encore moins qu’il y ait dans la question de Jésus un reproche adressé à Pierre. Le caractère d’intimité indéniable de cette scène contredit une telle interprétation. Je crois plutôt qu’à l’affirmation trois fois répétée du reniement, Pierre se voit offrir la possibilité d’affirmer à trois reprises son amour pour Jésus.

« Pierre m’aimes-tu? » J’entends cette question comme une prière dans la bouche de Jésus. Une prière qui est toute chargée de l’espérance de Dieu. Dans cette simple demande, c’est Dieu lui-même qui vient quémander notre amour et c’est dans la réciprocité de cet amour que Pierre trouvera véritablement la paix et la guérison. « Pierre m’aimes-tu? » C’est à la fois une invitation qui est faite à tous les croyants et les croyantes d’entrer dans le pardon de Dieu, à l’aimer et à se laisser aimer par lui.

« Pierre m’aimes-tu? » C’est la question ultime que pouvait poser Jésus à Pierre. Question qui l’amène à un point de rupture dans sa vie, qui le libère de sa honte et de ses remords et qui ouvre sur le grand large. C’est la miséricorde de Dieu qui touche Pierre en plein cœur, qui fera de lui désormais un pêcheur d’hommes. C’est un récit merveilleux, au cœur duquel la question posée à Pierre est posée à chacun et chacune : « Pierre je t’aime, m’aimes-tu? » Voilà pourquoi cette page d’évangile est l’une de mes préférées.

Une Réponse

  1. En toute humilité, moi aussi, je suis gâtée de Dieu ! Grâce à lui, je découvre toutes les beautés de la création, et de la création des hommes. Et mon blog, c’est en quelque sorte une façon de chanter cette beauté !

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