Journal (9)

LES ÉTUDES

Avant d’aller à l’université, j’avais toujours rêvé de faire mon « collège classique » (c.-à-d. les études qui menaient au baccalauréat ès arts) et, à plusieurs reprises, j’avais demandé à mes parents de « faire mon classique » comme certains de mes copains. Je rêvais d’être pensionnaire tout comme eux. Mes notes à l’école étaient très pauvres et je ne fus pas admis lorsque, enfin, mes parents acceptèrent de me laisser y aller.

D’ailleurs, pendant mes études primaires, et pendant presque tout mon secondaire, mes notes étaient très faibles, j’étais souvent un dernier de classe. J’avais même doublé ma cinquième année. Il faut dire que je n’avais pas d’intérêt pour les études ou pour l’école. Mes meilleures matières étaient la religion, l’histoire, la géographie, l’Anglais et la composition française. En effet, malgré ma grande faiblesse en grammaire et en dictée, j’étais l’un des meilleurs élèves en composition française. J’aimais écrire. J’aimais beaucoup la littérature, et je lisais parfois deux à trois livres par semaine.

C’est ainsi que peu à peu se dessina mon projet de devenir, soit professeur de littérature ou même écrivain. Peu à peu je prenais goût à l’étude, car j’avais un objectif précis devant moi, qui nourrissais mon goût de la découverte. À travers mes lectures, je découvris aussi le monde de la psychanalyse et je compris combien mon intérêt pour la littérature se rapprochait de cet univers de la psychologie et des personnages des romans. Vers la fin du secondaire, et surtout au collégial, mes notes commencèrent à remonter de façon significative. Plus j’approchais de mes champs d’intérêt, plus j’étais motivé à étudier. C’est ainsi que je fus admis à l’université en psychologie. Soixante étudiants furent choisis parmi les quatre cents qui avaient fait une demande d’admission, et je faisais partie des soixante! Ce fut comme mon premier vrai succès académique et à partir de ce moment là, le monde des études s’ouvrit devant moi comme une terre inexplorée à découvrir.

À l’université, le contexte était très laïc et surtout très anticlérical. Nous nous voyions, nous les futurs psychologues, comme des missionnaires ayant pour mission d’apporter un peu d’éclairage rationnel sur les pratiques superstitieuses des personnes religieuses. Nous nous voyions alors comme les nouveaux confesseurs! L’avenir s’ouvrait devant nous et tout semblait nous sourire, mais la réalité eût tôt fait de me ramener sur le terreau du poids des jours et de ses conséquences implacables.

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