Journal (12)

MON ARRIVÉE EN CAMPAGNE

À la suite de mes études en psychologie, je décidai alors de m’établir dans une vieille maison de ferme dans la région des Laurentides. C’était mon rêve de vivre en campagne et je me retrouvais dans une région que j’avais toujours aimée. C’était aussi l’époque hippy. Le retour aux sources était à la mode et j’étais de cette culture « Peace and love », sans toutefois être prêt à tout abandonner comme certains de mes amis rêvaient de le faire. C’était l’époque des communes, des drogues psychédéliques, de la révolution musicale commencée avec les Beatles et les Rolling Stones, de l’amour libre, de la recherche d’une paix à l’échelle planétaire, au moment où se déroulait la guerre au Vietnam, où Fidel Castro et Che Guevara faisaient la manchette en Amérique Centrale, et où un coup d’État entraînait l’assassinat du président Allende et la prise du pouvoir par le général Pinochet.

Je garde un souvenir extraordinaire de cette campagne où j’ai habité pendant quatre ans. Une étape déterminante dans ma recherche de sens, soutenue par cette communion à une nature où tout me parlait de paix, de beauté, d’ouverture à plus grand que soi. Je n’aborderai pas dans ce journal les quelques aventures sentimentales qui ont marqué mon cheminement pendant ces années, mais sans être concluantes. Désolé! Je désirais bien sûr avoir une compagne, des enfants et, en même temps, je me retrouvais dans un travail qui, tout en m’intéressant, ne m’apportait pas l’épanouissement escompté. Je portais comme une insatisfaction que je n’arrivais pas à nommer. Je ne savais trop où me conduisait ma vie.

À l’école où je travaillais, j’ai fait la connaissance de Pierre, un jeune professeur, qui deviendra mon meilleur ami et avec qui, régulièrement, j’allais voir des spectacles de jazz. J’aimais bien causer avec lui, bien que je le trouvais plutôt original, car il se disait chrétien. Plutôt charismatique de surcroît, mais sans trop se prendre au sérieux, un peu marginal, ce qui nous permettait de bien nous entendre. Lui et, surtout son père Clovis, joueront un rôle important dans mon cheminement spirituel. En attendant, la vie suivait son cours. C’était l’été 73. Une vie pastorale dans un décor enchanteur, essayant d’oublier les mois précédents. Je m’occupais de mon jardin, mon chien, mes deux chats, en plus de la visite régulière de mes amis de Montréal, qui ne demandaient pas mieux que de se retrouver à la campagne les week-ends. Nous en profitions pour nous promener dans les champs et les érablières derrière ma maison. Ma maison devenait une commune de fin de semaine, où souvent venaient cinq à dix personnes à la fois!

À travers tout cela, je portais, sans le savoir, une quête de sens. Tout ne pouvait se résumer à mon travail. Je souhaitais aimer quelqu’un et être aimé. Il y eût bien quelques aventures de passage, mais rien ne menant à un engagement sérieux. Je souhaitais trouver une certaine paix intérieure, développer une philosophie de vie. Je m’intéressais au végétarisme, à l’alimentation naturelle. J’avais regardé un peu du côté du yoga ou de la méditation. Je rêvais d’un groupe (une communauté?) qui pourrait se réunir le dimanche pour méditer, prendre le repas ensemble. Je recherchais une unité avec cette nature qui m’entourait et un sens à donner à ma vie. Dieu m’attendait, il m’appelait…

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