Journal (13)

UNE RENCONTRE DÉCISIVE

À l’automne 74, j’étais allé à Montréal retrouver des amis. C’était un samedi soir et nous devions sortir ensemble. Nous nous étions donné rendez-vous chez une amie qui habitait Outremont, et qui confectionnait des vêtements. À notre arrivée, une cliente était avec elle. Elle s’appelait Hélène.Nous nous sommes tous retrouvés autour de la table à prendre une tisane. Hélène était très jolie, elle avait 20 ans, j’en avais 27. Sur la table, près d’elle, il y avait un livre qui attira mon attention. Sur la couverture, on voyait la terre comme en feu et le titre semblait parler de fin du monde. Je lui ai demandé ce qu’elle lisait et elle me dit tout bonnement que c’était un livre qui parlait de la Bible et de l’avenir du monde. Je ne pus retenir un sourire sarcastique, et je lui dis : « Tu crois en la Bible? » Et elle me répondit tout simplement : « Oui, tout est là.»

Une réponse un peu énigmatique qui mit fin à mes questions. Mais Hélène me plaisait. Au premier coup d’oeil, je me sentis attiré vers elle et je croyais deviner une réciprocité. Quand vint le temps de partir, je l’invitai à se joindre à nous, mais elle avait déjà un engagement ce soir-là et c’est à regret que je la vis partir.

Le lendemain, chose que je n’avais jamais faite de ma vie, car je n’étais pas très audacieux avec les filles, je téléphonai à mon amie la couturière afin de lui demander le numéro de sa cliente, lui disant que je la trouvais sympathique et que je souhaitais la revoir. Après quelques jours, je réussis à la rejoindre. Elle se souvenait de moi. Je lui dis, comme prétexte de mon appel, que j’avais bien aimé notre échange au sujet de la Bible (!) et que je serais intéressé à en parler plus longuement avec elle si jamais elle avait une soirée de libre. Qu’est-ce qu’un garçon n’inventerait pas pour sortir avec fille! Elle accepta tout de suite, à ma grande joie, et je lui proposai de venir chez moi à la campagne, le samedi suivant, lui disant que j’avais aussi des billets pour un spectacle à l’Université de Montréal (Diane Dufresne et le groupe Harmonium).

Cette journée à la campagne fut très belle. Nous étions à la fin novembre, et déjà il y avait de la neige. Nous avons donc pu faire de la raquette dans les bois derrière chez moi. Il faisait un soleil radieux. Fidèle à la raison « officielle » de mon invitation, je la questionnai naturellement sur la Bible et sur Dieu. Hélène était une convertie qui fréquentait les pentecôtistes. Elle me raconta sa conversion et me dit combien la rencontre de Jésus-Christ avait changé sa vie. En contre-partie, je lui apportais mes objections, je lui présentais ma vision du monde et de la vie, mais j’étais beaucoup moins vindicatif et agressif que d’habitude lorsque j’abordais ce sujet. Mon intérêt pour Hélène, car je commençais déjà à en être amoureux, me rendait beaucoup plus réceptif et accueillant à ce qu’elle vivait. Et elle ne demandait qu’à partager son expérience de foi avec moi, sans prosélytisme. Le soir, nous nous sommes allés à Montréal le spectacle. Je me sentais amoureux et je me souviens lui avoir dit qu’elle était pour moi comme un ange envoyé du ciel! Je ne mesurais pas alors toute la vérité de cette affirmation.

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