Journal (15)

Le 18 novembre, jour de la grande rencontre (1)

Le soir même je retournai avec Hélène à la soirée de prière à l’église. Je me souviens combien je me sentais étranger à ce qui s’y passait et combien, sans m’en rendre compte, montait en moi un sentiment d’être un peu seul, perdu dans ma quête de sens. Le mercredi soir, la réunion avait lieu chez l’un des cousins d’Hélène et j’y allai avec elle. Je fis de même le dimanche suivant, office le matin et soirée de prière.

J’habitais à 40 km de chez Hélène. J’avais donc un peu de temps pour réfléchir à ce que je vivais dans ces rencontres pendant le trajet du retour. Mais ce deuxième dimanche, quand je revins chez moi le soir, je me sentis profondément triste. Car, d’une part, je prenais conscience que j’étais prêt à croire. Je l’avais dit à Hélène, je l’avais dit au pasteur. Mais comment faire pour croire quand on ne croit pas. Peut-on faire semblant de croire? Ou décider tout simplement de croire, même si l’on n’en a pas la conviction? Ils étaient impuissants à me répondre. Je voyais que ces gens que je côtoyais semblaient vivre un grand bonheur dans cette foi en Dieu. Mais moi, j’avais le sentiment d’être un étranger qui, de la rue, observe le bonheur d’une famille à l’intérieur d’une maison, mais qui ne peut y rentrer.

Ce soir-là, je me sentais découragé par ma démarche. Je roulais lentement sur le chemin du retour. Il pleuvait. C’était silencieux dans la voiture. Pas de radio. Il n’y avait que le bruit de l’essuie-glace que j’entendais. Comme un grand voile noir autour de moi en retournant vers ma campagne. Et là, tout en roulant, je me suis mis tout à coup à pleurer, comme submergé par cette tristesse qui m’habitait. Tristesse de ne pas croire sans doute, mais, plus profondément, tristesse ne pas trouver de sens à ma vie. J’avais ouvert la porte sur ce questionnement et je ne trouvais pas de réponse.

Car derrière les défenses et les murailles que l’on opposent à Dieu, il restera toujours la question du sens de la vie elle-même. Et retranché dans mes terres d’incroyance, je n’avais pas voulu donner beaucoup d’attention à cette question. Je me contentais de me dire que je verrais après la mort et je refermais vite la porte sur cette question. Mais c’est une question qui ne regarde pas seulement l’après-vie, mais la vie elle-même. Que fais-tu de ta vie? Pourquoi fais-tu ce que tu fais? Es-tu heureux? Spontanément, de mes pleurs, jaillit ce cri vers Dieu, et je m’en souviens comme si c’était hier : « Mon Dieu, moi j’en peux plus. Si tu existes, oui je veux te connaître. Aide-moi, aide-moi si tu existes? »

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