Journal (17)

DEUXIÈME PARTIE – Le risque de croire (1)

La nuit fut agitée, mais non pas dans le sens d’une nuit d’inquiétude, mais plutôt d’excitation devant une trop grande joie. La joie qui empêche de dormir et qui constamment incite le coeur à rendre grâce, à dire merci! Pourtant, rien n’était acquis. Je n’avais pas même commencé à comprendre ce qui venait de m’arriver, comme étourdi par le choc. Mais que s’était-il passé au juste? En me levant le matin, c’était à la fois ma question et mon inquiétude. Et si ce n’était pas vrai? Je me suis rendu à mon travail comme à l’habitude. J’avais la responsabilité des services psychologiques dans deux polyvalentes et quatre écoles secondaires. Ce matin-là je travaillais à la polyvalente de Saint-Roch. En arrivant à l’école, l’idée me vint d’aller rencontrer l’animateur de pastorale afin de lui partager mon questionnement. Nous avions eu l’occasion de collaborer, Luc et moi, sur des projets d’aide aux étudiants.

Je ne savais trop comment aborder la chose et je me rendais bien compte que je continuais à me compromettre de plus en plus dans cette recherche spirituelle. Il serait bientôt trop tard pour reculer.

Et ici, je tiens faire un aparté sur cette question, car ce me semble être un aspect fondamental de la difficulté à s’engager dans un processus spirituel. Je ne veux pas parler d’un processus qui ressemblerait davantage à des exercices ou des techniques de détente, à des approches à la méditation qui n’impliquent aucune croyance. Non, je veux parler d’une démarche spirituelle qui engage une foi en Dieu. Voilà qui est difficile pour l’incroyant ou l’indifférent. Du moins, ce l’était pour moi.

Car il faut bien comprendre que lorsqu’une personne a construit sa vie en dehors de toute référence à Dieu, ou même dans une certaine opposition à l’idée même de l’existence d’un Dieu, cela veut dire que cette personne s’est construite tout un ensemble de valeurs de références, de conceptions du monde, des personnes et des choses, où Dieu est absent. Ceci ne veut pas dire que ces personnes-là ne vivent pas d’authentiques valeurs morales ou même spirituelles. Mais leur système de référence au monde ne fait pas de place à Dieu. Alors que se produit-il quand, en plus, on est psychologue, que l’on a toujours nourri un préjugé très négatif à l’endroit du phénomène religieux et que, tout à coup, se présente à nous la possibilité de croire? Comme je l’ai souligné un peu plus haut, il ne s’agit pas ici de décider de croire (Ex. croire aux Martiens, à Atlantide, etc.) mais plutôt de se laisser prendre par une recherche sur laquelle on n’a plus ou moins le contrôle. Une expérience où l’on est plutôt celui qui est saisi que celui qui prend!

Il y a bien des chemins possibles pour aller vers Dieu, mais il y a cette voie incontournable où, celui qui cherche Dieu, celui qui veut croire, doit accepter de renoncer à son amour-propre, à sa suffisance, à son orgueil. Comme le fit Moïse devant le Buisson Ardent, il doit enlever ses sandales, et se prosterner humblement devant Celui qui Est.

La recherche de Dieu demande une reconnaissance explicite de notre manque d’être, du manque d’amour qui caractérise notre existence. Celui qui cherche Dieu, s’il veut le trouver, doit s’avouer à lui-même, et le reconnaître devant Dieu, qu’il a besoin d’être sauvé. Je dirais même, celui qui cherche Dieu, il doit accepter de crier dans la nuit sa détresse vers quelqu’un qui pourrait le sauver. Car Dieu ne peut nous contraindre à l’aimer et jamais il ne s’imposera à nous. Mais, sans cesse, il se tient à la porte et il frappe. Ouvrir cette porte signifiera ouvrir la porte de son coeur, mais c’est là une tâche bien ardue quand le coeur s’est replié sur lui-même, s’est sclérosé et n’a plus cette souplesse pour y laisser entrer la vie. C’est alors que l’âme gémit et supplie et, alors, Dieu peut entrer!

Une Réponse

  1. C’est quand l’âme gémit et supplie, c’est alors que Dieu peut entrer.

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