Journal (18)

DEUXIÈME PARTIE – Le risque de croire (2)

Sans le savoir, j’étais engagé dans cette démarche de foi, mais Dieu répondrait-il? C’était là le risque énorme de ma démarche, car je me sentais comme un homme que l’on place sur le haut d’une haute falaise, dans la nuit noire, et à qui l’on dit de sauter, en ayant confiance qu’il y a quelqu’un qui va le saisir dans sa chute. Comme s’il n’y avait pas d’autres moyens pour passer de la nuit à la lumière que ce saut dans le vide, un saut dans la foi.

Pour le psychologue que j’étais, c’était là une démarche des plus « irrationnelle » et dangereuse, car qu’arriverait-il s’il n’y avait personne pour m’attraper? Comment, après une telle déception, une telle duperie, revenir en arrière et vivre comme s’il ne s’était rien passé? Car en ayant pleuré ma détresse et mon angoisse existentielle, n’avais-je pas reconnu que cette vie, telle que je la vivais, était finalement décevante, profondément décevante Serais-je capable de continuer à vivre? Mon monde ne s’écroulerait-il pas? Ce sont ces questions qui plus ou moins consciemment m’habitaient, ce que j’ai pu mieux reconnaître par la suite. Je touchais là aux craintes et aux défenses de l’incroyant. Une carapace bien rigide, mais bien fragile.

En allant l’animateur de pastorale, j’avais besoin d’être rassuré ou plutôt qu’il me dise que ce que j’avais vécu était normal au plan spirituel. Je commençai timidement mon entretien avec Luc, qui avait à peu près mon âge. Ma première question, la plus importante pour moi, fut celle-ci : « Est-il possible que Dieu nous parle dans la prière? » Je me souviens de sa surprise, suivie d’un moment de silence, bref moment, mais quand même, un silence, après lequel il me répondit : « Bien sûr, c’est possible. » Sa réponse me soulagea énormément, il va sans dire, puisque je m’adressais à un « spécialiste » dans ces questions.

Plus tard, alors nous étions alors devenus amis, Luc m’avouera que lorsque je lui avais posé cette question, il m’avait répondu selon ce qu’il avait lui-même entendu, car il vivait alors une crise spirituelle! Mais sa réponse me mit en confiance et je lui racontai ce qui m’était arrivé. Il semblait vraiment heureux pour moi et lorsque l’on s’est laissé, après deux heures d’échanges, il me remercia d’être allé le voir et m’a assura de sa prière. Ma joie était grande quand j’ai quitté son bureau. Mon coeur était à l’action de grâce, je remerciais Dieu, et je réalisais peu à peu ce que je n’avais jamais compris.

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