Journal (22)

SI DIEU EXISTAIT…

Ma surprise fut grande quand je découvris, dans mon journal d’adolescent, cette phrase, écrite alors que j’avais dix-sept ans : « Si Dieu existait, je ferais un missionnaire. » Déjà à cet âge-là, je portais en moi cette conviction que si Dieu existait, alors, lui seul, Dieu, importait. Dieu seul, en ce sens où ma vision de la vie m’amenait à la conclusion que l’on ne pouvait que se donner entièrement à ce qui fait le pourquoi de cette vie. Déjà, adolescent, j’avais un très grand sens de l’absolu et du sérieux de la vie. Il y avait cette conviction en moi que s’il y avait un sens à la vie, il ne pouvait qu’être extraordinaire, et Dieu, m’ayant créé très idéaliste et un peu poète, viendrait m’appeler, en temps voulu, à partir de ce que j’étais et de ce qui m’habitait comme aspiration.

Quand je relis cette phrase, « si Dieu existait, je ferais un missionnaire », je ne puis qu’en conclure que la vocation religieuse est quelques chose qui s’inscrit très tôt dans la trame d’une vie humaine. Non pas en terme d’une fatalité inéluctable, à laquelle on est obligé de répondre, mais plutôt comme un dynamisme propre à un être humain en particulier, une manière d’être et d’engagement au monde, qui, s’il est choisi par cette personne, ne pourra qu’entraîner son plein épanouissement, ne pourra que lui donner son véritable bonheur. « Dès le sein de ta mère, je t’ai appelé.» La réalisation d’une vie humaine sur terre ne serait-elle pas cette capacité de chacun et chacune à répondre à l’appel de Dieu, tel qu’il retentit au coeur de nos forces, de nos faiblesses et de nos aspirations les plus profondes. Un appel qui peut prendre des formes multiples, infinies!

Un évêque allemand, que j’ai eu la chance d’entendre prêcher à l’église Santa Maria in Trastevere à Rome, proclamait bien fort dans son homélie : « Je suis fils de Dieu! Avant même que le monde soit créé, Dieu pensait à moi. Il m’aimait déjà et il voulait me créer. Et ce monde avec ses galaxies a été créé pour MOI, car JE suis fils de Dieu. Et il me demande de m’y engager avec tout cet amour qu’il a mis en moi, car JE suis fils de Dieu! » Ce fut une homélie à la fin de laquelle j’aurais voulu applaudir tellement l’enthousiasme de cet évêque était communicatif.

En rappelant ici cette homélie, je désire simplement souligner que notre vocation personnelle, mystérieusement, s’inscrit déjà dans le coeur de Dieu, avant même que nous ne soyons nés. Il ne s’agit pas ici de déterminisme, où nous n’aurions pas le choix de l’orientation de nos vies. Mais Dieu, dans sa prescience, voyait déjà chacun et chacune de nous, avant même la création du monde. Il se penchait déjà, avec amour, sur le rêve en devenir que nous étions, posant son regard bienveillant sur chacun de ses enfants en devenir, encore à l’état de rêve, posant son regard d’amour sur la fibre la plus intime de notre être et mettant en chacun et chacune un dynamisme de vie capable de regarder vers l’infini, capable de le reconnaître pour qui il est: Dieu, notre Père.

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