Journal (24)

UN AMOUR EXCLUSIF

Dans mon cas, je l’ai souligné plus haut, dès ce premier soir de ma « rencontre  » avec Dieu, je voulais lui donner toute la place dans mon coeur. Pas à cause d’un choix pour Dieu au détriment d’un engagement envers les autres, mais à cause d’un attachement exclusif qui s’imposait à moi. Tout comme l’on ne peut aimer profondément dans une relation amoureuse qu’une personne à la fois, je sentais que l’amour exclusif d’une femme dans ma vie n’était pas possible. Je me sentais déjà engagé et pourtant ne demandant qu’à aller vers les autres afin de leur partager la Bonne Nouvelle du salut..

L’époux aime son épouse d’un amour exclusif et unique, ce qui ne l’empêche pas d’aimer ses enfants. Mais son amour pour eux est d’autant plus grand et magnifique parce qu’il vit un amour exclusif avec son épouse qui le fait vivre et grandir. De cet amour premier, découle une capacité d’aimer et de se donner, qui n’atteindrait jamais d’aussi haut sommet, sans cet amour des époux l’un pour l’autre. L’amour des enfants s’enracine dans ce premier amour qui fonde la famille et Dieu est la source même de l’amour entre les époux.

Dans la vocation sacerdotale ou religieuse, c’est la même dynamique qui est à l’oeuvre. Parce que je me consacre au nom de mon amour pour Dieu, cet amour m’invite à me donner aux autres. Il me donne de les reconnaître pour ce qu’ils sont, mes frères et mes soeurs, les enfants de Dieu dont j’ai la responsabilité avec lui.

Dans la vocation sacerdotale ou religieuse, l’amour pour le monde s’enracine et découle de cet amour pour Dieu, sans l’intermédiaire d’une relation privilégiée, avec un homme ou une femme. Mais là aussi, c’est une dynamique amoureuse qui est à l’oeuvre. Sinon, comment pourrait-on s’engager pour la vie sans amour?

Ma conversion me faisait entrer dans ce nouveau dynamisme, qui changerait l’orientation de ma vie. J’étais toujours fasciné, séduit par Dieu, par cette présence aimante en moi et la phrase de mon journal d’adolescent, prenait alors valeur prophétique : « Oui, Dieu existe et je serai missionnaire, héraut de son amour dans le monde entier. »

Ce fut un long cheminement qui mit neuf ans avant que je puisse répondre définitivement à cet appel en moi. Souvent, je désespérais de trouver une direction, mais Dieu mit des personnes sur ma route, des anges, qui me guidèrent à bon port, en m’aidant à reconnaître que je ne serais jamais pleinement heureux tant que je n’aurais pas répondu à cet appel qui m’habitait et auquel je souhaitais répondre de tout coeur.

Après être retourné aux études en théologie, chez les dominicains d’Ottawa, je vis un jour l’inscription devant le couvent qui annonçait les Frères prêcheurs. Je ne savais pas que c’était là le nom officiel des Dominicains. Ce fut pour moi une révélation. Frère prêcheur! Voilà ce que je voulais être. Le sort en était jeté, je serais dominicain, avec la grâce de Dieu.

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