Journal (26)

LE CHEMINEMENT DE MES PARENTS

Après une première tentative d’orientation vers le sacerdoce, un an et demi après ma conversion, je repris le bâton du pèlerin sept ans plus tard. Je ne raconterai pas ici les évènements qui m’amenèrent à cette décision, mais je puis dire que j’ai beaucoup résisté à Dieu à cause des détours que j’avais dû prendre, et qui m’avaient éloigné de ce désir qui m’habitait. Un peu comme Jonas, j’avais fui, bien loin, pensant que Dieu ne viendrait plus me préoccuper avec ce projet de sacerdoce. La prière occupait toujours une place importante dans ma vie. J’étais engagé en Église et ma foi était toujours aussi vive, mais je ne voulais plus quitter mon travail, ma maison, ma sécurité… Je songeais même à me trouver une compagne de vie, tout en étant en paix maintenant avec l’idée de demeurer célibataire. J’avais 33 ans. Je m’étais même acheté un grand domaine en forêt et fais construire une maison, près d’un lac dans les Laurentides, avec la volonté exprès de rendre plus difficile un départ en me retrouvant propriétaire d’une maison. Pourtant, quand le Seigneur frappa à nouveau à ma porte, « M’aimes-tu? », je ne pus que répondre oui.

Une psychothérapeute, une femme de foi, à qui je dois beaucoup, m’avait aidé à faire face à ce que je refusais d’affronter. Et dans cette démarche que je fis avec elle, tout ce que je portais comme désir de me donner au Seigneur remonta à la surface. Et là, le choix devint clair pour moi. Enfin! Ma vie de prière m’y poussait. Les chrétiens et chrétiennes que je fréquentais m’y encourageaient. Je voulais devenir prêtre. J’avais cette conviction que le Seigneur m’y appelait et maintenant j’étais prêt.

Un soir, alors que mes parents étaient chez moi, j’invitai mon père à venir faire une promenade après le souper. Il y avait devant la maison un beau chemin de terre bordé d’arbres. C’était le printemps et je voulais confier à mon père mon projet, pour une deuxième fois en sept ans! Je craignais un peu sa réaction et pourtant, c’était tellement important pour moi d’avoir son soutien. Je lui exposai le désir qui m’habitait depuis longtemps, le sérieux de ma démarche. Il m’écouta attentivement, sans m’interrompre. Une grande paix se dégageait de lui et me mettait en confiance. C’est le souvenir que je garde de cette promenade, et lui-même s’en souvient très bien. Quand j’eus fini de parler, il me dit tout simplement qu’il avait confiance en moi et que ce qui importait pour lui était que je sois heureux dans la vie. Nous sommes retournés à la maison et alors j’en ai parlé à ma mère, qui se montra tout aussi accueillante que mon père. Ils étaient maintenant un peu complices avec moi.

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