Journal (27)

PROFESSION RELIGIEUSE

Deux ans plus tard, le 8 août 1984, je faisais profession religieuse à notre couvent de Québec. Déjà je considérais cette étape comme définitive, même s’il ne s’agissait que d’une profession simple pour trois ans. Une grande paix m’habitait et aussi une certitude face au choix que je faisais. Cette certitude qui m’avait échappé pendant des années. Après la profession, je suis allé voir mes parents, et j’ai constaté que mon père avait pleuré. Il était incapable de me parler à cause des sanglots qu’il contenait avec peine. Il me faisait signe de la main que tout allait bien. Ma mère, elle, semblait vraiment heureuse. Pour la première fois, je n’avais plus aucun doute quant à leur appui à mon de projet de vie. Je crois que c’est à partir de ce moment-là que mes parents recommencèrent à aller à la messe. Il n’y allait plus depuis 23 ans! Je n’avais jamais cessé de prier pour eux.

Trois ans plus tard, je faisais profession solennelle. J’étais ordonné diacre à l’automne, et ordonné prêtre le 10 avril 1988, au sein de la Communauté chrétienne universitaire et de ma communauté dominicaine. À l’été 89, je me suis retrouvé au Minnesota, où je suivais des cours en liturgie. J’écrivis une lettre à mon père à l’occasion de sa fête et il me répondit. Je n’avais jamais reçu de lettre de mon père de toute ma vie je crois. Il me remerciait pour mes bons souhaits et il me disait dans cette lettre : « Grâce à toi, Dieu est entré dans notre vie, et c’est pour y rester. »

Comme ma joie était grande! J’en rendis grâce à Dieu. Et cette affirmation, de mon père dans sa lettre, ne s’est jamais démentie depuis. Tant pour lui que pour ma mère. Ils sont d’une très grande fidélité à l’eucharistie, et je sais que mon père a aussi une vie de prière personnelle puisque je l’ai surpris un matin en train de prier. Ce soir-là, j’avais couché chez mes parents et je m’étais levé tôt. J’étais assis à la table de la cuisine, quand mon père passa devant moi, sans me voir, et s’assit au salon. Il s’inclina, fit son signe de croix, se recueillit et prit un livre de prières qu’il m’avait demandé de lui acheter. Après quelques instants, il se releva et alla faire sa toilette, sans m’avoir vu. Un moment inoubliable par sa profondeur, malgré son apparente simplicité. J’avais vu mon père prier.

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