Le commandement nouveau. Homélie pour le 5e dimanche de Pâques

Homélie pour le 5e Dimanche de Pâques. Année C

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 13,31-33a.34-35.

Au cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses disciples, quand Judas fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu en retour lui donnera sa propre gloire ; et il la lui donnera bientôt. Mes petits enfants, je suis encore avec vous, mais pour peu de temps, et vous me chercherez. J’ai dit aux Juifs : Là où je m’en vais, vous ne pouvez pas y aller. Je vous le dis maintenant à vous aussi. Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres. »

La Parole de Dieu en ce dimanche nous invite à regarder l’extraordinaire nouveauté de la foi à laquelle Jésus nous invite. L’auteur du livre de l’Apocalypse, qui annonce à la fois le présent et l’avenir, voit surgir « un ciel nouveau et une terre nouvelle », alors que celui qui siège sur le Trône, et qui est le Christ ressuscité, déclare : « Voici que je fais toutes choses nouvelles. »

Mais quelle est cette nouveauté quand Jésus dit à ses disciples : « Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. » Car de prime abord, il n’y a rien de nouveau dans ce commandement qui était déjà connu au temps de Jésus. La nouveauté de cet enseignement vient de ce que Jésus ajoute à ce précepte, quand il dit : « Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. » C’est ce mot comme qui fait toute la nouveauté de cet enseignement et qui met en évidence une des lignes de force fondamentales de ce que veut dire être Chrétien.

J’ai eu le bonheur de connaître un grand spirituel dominicain, qui a aussi été mon professeur, et qui est décédé il y a quelques années, le frère Dalmazio Mongillo. Un frère Italien, féru de Catherine de Sienne, et de Thomas d’Aquin, un homme à la foi vive et d’une simplicité désarmante. Un jour, je lui ai demandé ce qu’était pour lui la spécificité du christianisme comme religion, mis à part, bien sûr, la foi au Christ. Il m’avait répondu : la proximité au prochain à l’exemple du Christ.

Dans le christianisme, m’avait-il confié, « l’Homme ne pâtit pas pour Dieu, il n’a pas à se sacrifier pour Lui, au contraire, c’est Dieu qui se sacrifie pour l’Homme, l’Homme qui est la passion de Dieu. » Et c’est ainsi que l’expérience que nous faisons de « la miséricorde du Christ à notre égard, convertit notre résistance à la misère humaine autour de nous et nous entraîne à aimer comme Lui. » Touché en plein coeur par l’amour de Dieu, cet amour nous ouvre au prochain.

Pour nous chrétiens et chrétiennes, il est impossible de dissocier notre foi au Christ ressuscité du service pour les autres, du don de soi, du don de sa personne. « Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples,  dit Jésus, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres. » Il faut se rappeler que Jésus donne cet enseignement à ses disciples alors qu’il vient tout juste de leur laver les pieds la veille de sa passion, alors qu’il leur dit : « c’est un exemple que je vous ai donné : ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi. »

Par notre foi en Jésus Christ, nous sommes introduits dans une expérience de Dieu qui est celle-là même que Jésus avait du Père. C’est là une des originalités du christianisme et sa richesse insurpassable. Nous sommes introduits dans une nouvelle proximité avec Dieu. Mais notre foi en Jésus-Christ implique aussi un nouveau rapport à l’autre. Cet autre devient un prochain, qui veut dire un tout proche de moi. C’est saint Thomas d’Aquin qui disait que la grâce sanctifiante, cette action de l’Esprit Saint en nous, qui fait de nous des saints et des saintes, et qui nous est donnée en particulier à travers les sacrements, il disait que cette grâce est une grâce fraternelle. Un surcroît de vie en nous qui est fait non seulement pour aimer Dieu, mais pour aimer l’autre!

Ce que nous affirmons au monde, à temps et à contre temps, en tant que chrétiens et chrétiennes, c’est que le prochain est non seulement un chemin vers Dieu, mais qu’il est le seul chemin. C’est pourquoi l’histoire de l’Église porte cette marque indélébile de millions et de millions de témoins, célèbres et anonymes, qui à travers le monde, et jusqu’à ce jour, sont portés par cet élan de charité, qui a sa source dans le Christ ressuscité et qui s’étend à tout être humain, de sa conception jusqu’à sa mort.

En s’incarnant, Dieu a sanctifié à tout jamais la vie humaine, il l’a sacralisée, puisqu’il en a fait le lieu où s’est exprimé le plus parfaitement son amour, soit dans la chair même de son Fils, chair de notre chair, chair de la Vierge Marie. Et en notre nom, au nom de notre humanité, Marie a dit oui à cette présence de Dieu en notre chair. Comment pourrions-nous maintenant mépriser la vie humaine que Dieu a élevée à un tel sommet de gloire, lui qui non seulement y a fait sa demeure, mais qui a élevé notre chair humaine à la gloire du ciel par la résurrection et l’ascension de son Fils ? Frères et soeurs, telle est notre dignité humaine!

Jésus étend cette proximité au prochain non seulement à toute l’humanité, aux proches comme aux lointains, aux amis comme aux ennemis, mais cette proximité va jusqu’au don de sa vie. Jésus nous révèle que le prochain est un autre soi-même, tellement aimé de Dieu, qu’il nous faut nous attacher à lui comme à notre propre chair, et, pour y parvenir, il nous donne son Esprit. C’est là véritablement une des spécificités les plus marquantes du christianisme.

Mais que faire de ce prochain qui m’embête ? Je dois aussi m’attacher à tous ces autres que Dieu met sur ma route et que je n’aime pas ou pas assez, car, avec Jésus, j’apprends que tout être humain m’est un proche que je dois aimer comme moi-même, que je dois aimer tout comme Dieu m’aime, car moi aussi je suis appelé à donner la vie. Parce que croire au Dieu de Jésus-Christ, c’est marcher à la suite du Christ, c’est devenir comme lui.

Comme le disait la jeune juive Etty Hillesum, assassinée à Auschwitz : « nous sommes appelés à aider Dieu à naître dans les cœurs martyrisés des autres » (Journal, 12 juillet 1942). Quelle mission, et quelle responsabilité! Non seulement Dieu nous confie-t-il les uns aux autres, mais il est au cœur de ce mystère de pauvreté et de communion qui habite au plus profond de nous-mêmes. Aimer le prochain, c’est s’ouvrir au mystère de l’autre en posant sur lui, sur elle, le regard même du Christ, où parfois il ne nous reste plus qu’à prier pour l’autre, à demander à Dieu la force de pardonner, le courage d’ouvrir notre cœur qui se ferme ou qui reste indifférent à la misère de l’autre.

Sur la route de l’éternité, nous dit Jésus, je ne puis abandonner mon prochain, fût-il mon ennemi, car il est un autre moi-même. Dieu me le donne comme frère, comme sœur. C’est là le message radical et insurpassable, impraticable à vue humaine, de l’évangile de Jésus-Christ. Alors comment cela peut-il se faire ? Il faut tout d’abord dire oui au Christ dans nos vies, en affirmant sans équivoque notre désir d’aimer avec lui, notre désir profond d’aimer comme lui, car c’est ainsi que l’Esprit Saint est donné au disciple, Lui qui nous donne de communier au mystère de qui est Dieu, et de communier à sa passion pour tous les humains.

« Mes petits enfants, nous dit Jésus, je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés. » Prends pitié de nous Seigneur, et aide-nous à aimer comme toi. C’est la grâce que nous te demandons en ce temps pascal.

Yves Bériault, o.p.

L’amour du prochain selon Simone Weil

weil51Le Christ dit : « Celui qui vous accueille m’accueille ». Mais il faut aussi accueillir l’autre pour sa valeur propre. Notre sollicitude ne peut reposer uniquement sur des principes ou des valeurs, ou même parce que le Christ nous y invite. Si l’autre est précieux aux yeux du Christ il doit aussi le devenir pour lui-même. Notre sollicitude, le cas échéant, doit s’adresser à l’autre personnellement et non seulement comme convenance évangélique.

Simone Weil (1909-1943) propose une réflexion sur l’amour du prochain d’une justesse incisive et étonnante :

« L’amour du prochain est l’amour qui descend de Dieu vers l’homme. Il est antérieur a celui qui monte de l’homme vers Dieu. Dieu a hâte de descendre vers les malheureux. Dès qu’une âme est disposée au consentement, fût-elle la dernière, la plus misérable, la plus difforme, Dieu se précipite en elle pour pouvoir, à travers elle, regarder, écouter les malheureux. Avec le temps seulement elle prend connaissance de cette présence. Mais ne trouverait-elle pas de nom pour la nommer, partout où les malheureux sont aimés pour eux-mêmes, Dieu est présent.

Dieu n’est pas présent, même s’il est invoqué, là où les malheureux sont simplement une occasion de faire le bien, même s’ils sont aimés à ce titre. Car alors ils sont dans leur rôle naturel, dans leur rôle de matière, de chose. Ils sont aimés impersonnellement. Il faut leur porter, dans leur état inerte, anonyme, un amour personnel.

C’est pourquoi des expressions comme aimer le prochain en Dieu, pour Dieu, sont des expressions trompeuses et équivoques. Un homme n’a pas de trop de son pouvoir d’attention pour être capable simplement de regarder ce peu de chair inerte et sans vêtements au bord de la route. Ce n’est pas le moment de tourner la pensée vers Dieu. Comme il y a des moments où il faut penser à Dieu en oubliant toutes les créatures sans exception, il y a des moments où en regardant les créatures il ne faut pas penser explicitement au Créateur. Dans ces moments, la présence de Dieu en nous a pour condition un secret si profond qu’elle soit un secret même pour nous. Il y a des moments où penser à Dieu nous sépare de lui. La pudeur est la condition de l’union nuptiale.

Dans l’amour vrai, ce n’est pas nous qui aimons les malheureux en Dieu, c’est Dieu en nous qui aime les malheureux. Quand nous sommes dans le malheur, c’est Dieu en nous qui aime ceux qui nous veulent du bien. La compassion et la gratitude descendent de Dieu, et quand elles s’échangent en un regard, Dieu est présent au point où les regards se rencontrent. Le malheureux et l’autre s’aiment à partir de Dieu, à travers Dieu, mais non pas pour l’amour de Dieu; ils s’aiment pour l’amour l’un de l’autre. Cela est quelque chose d’impossible. C’est pourquoi cela ne s’opère que par Dieu. »

(Simone Weil. Attente de Dieu. La Colombe, 1950, pp. 110-111.)

Mourir d’aimer

Lors de l’ouverture du concile des jeunes, en 1974, frère Roger de Taizé avait dit :

« Sans amour, à quoi bon exister ? Pourquoi vivre encore ? Avec quel but ? Là est le sens de notre vie : être aimés pour toujours, jusque dans l’éternité, pour que, à notre tour, nous allions jusqu’à mourir d’aimer. Oui, heureux qui meurt d’aimer. »

Dans notre culture occidentale, « être aimé » devient souvent l’obsession fondamentale, où l’on a absolument besoin du regard de l’autre, regard exclusif sans lequel on pense ne pouvoir vivre. C’est alors l’amour fou et consumant qui mène à la déraison, et parfois même à la violence. C’est éros qui se déchaîne et qui puise dans les passions les plus vils de l’Homme afin de trouver son dû.

L’amour dont parle le frère Roger s’inspire d’une toute autre dynamique, que développe admirablement bien le pape Benoît XVI dans son encyclique « Deus caritas est ». Oui, nous avons besoin d’être aimé, mais l’amour ne saurait jamais être captif du regard d’autrui. Nous sommes appelés à un amour de réciprocité, qui est fait pour construire; il est fait pour donner et il puise dans cette réserve de charité insoupçonnée qui nous habite et qui repose en Dieu. C’est ainsi que toute personne peut s’accomplir en vérité quand elle se met à l’écoute de cet appel intérieur. Saint Bernard de Clairvaux affirme ce qui suit:

« L’amour se suffit à lui-même, il plaît par lui-même et pour lui-même. Il est à lui-même son mérite, à lui-même sa récompense. L’amour ne cherche hors de lui-même ni sa raison d’être, ni son fruit. Son fruit, c’est l’amour même. J’aime parce que j’aime, j’aime pour aimer. Quelle grande chose que l’amour, si du moins il remonte à Dieu son principe, s’il retourne à son origine, s’il reflue vers sa source, pour y puiser toujours son jaillissement. (Homélie sur le Cantique des cantiques)

L’amour toujours

La perte d’un être cher, même lorsqu’il est très âgé, même à la suite d’une longue maladie, implique toujours un deuil, une peine, à cause de tout ce qu’a été cette personne pour nous et qui, soudainement, disparaît de notre horizon. Comme s’il ne restait plus rien.

Que reste-t-il de tout cet amour donné? Des mots d’encouragements, de la tendresse, des consolations et des joies prodigués si généreusement au cours des années?

Il faut bien se le dire, la mort est trompeuse. Elle oriente nos regards vers l’absence, vers la perte, cherchant à nous faire croire que tout est fini, qu’il ne reste plus de l’être aimé qu’un vague souvenir s’effilochant peu à peu au fil du temps.

C’est lorsque l’on perd un être cher que l’on se sent questionné par cette réalité au-delà de la mort, que l’on appelle la vie éternelle. Nous prenons alors conscience à quel point l’amour donné par une personne est sans doute le plus beau fruit que puisse porter une vie humaine. Après tout, c’est là notre raison d’être sur la terre : aimer…

C’est l’amour qui nous fait vivre, et l’amour ne saurait mourir. L’amour n’est pas une passion inutile. Il porte en lui un germe d’éternité. Il rime avec toujours comme le chante les poètes.

L’amour c’est…

Des professionnels ont posé la question suivante à des enfants de 4 à 8 ans: « Que veut dire l’amour? » Les réponses ont été plus étendues et plus profondes que ce que les experts anticipaient.

Quand ma grand-mère a eu de l’arthrite et qu’elle ne pouvait plus mettre de vernis sur ses ongles d’orteils, mon grand-père le faisait pour elle, même après, quand il avait aussi de l’arthrite dans les mains. Ça c’est l’amour. Rebecca, 8 ans.

Quand quelqu’un nous aime, la manière de dire notre nom est différente. On sait que notre nom est en sécurité dans leur bouche. Alain, 4 ans.

L’amour c’est quand la fille se met du parfum et le garçon met de la lotion à barbe et qu’ils sortent ensemble pour se sentir. Martin, 5 ans.

L’amour c’est quand vous sortez manger et que vous donnez à quelqu’un beaucoup de vos frites sans demander que l’autre vous donne les siennes. Jean, 6 ans.

L’amour c’est quand quelqu’un vous fait du mal et que vous êtes très faché mais vous ne criez pas pour ne pas les faire pleurer. Suzanne, 5 ans.

L’amour c’est ce qui nous fait sourire même quand on est fatigué. Tim, 4 ans.

L’amour c’est quand maman fait du café pour papa et qu’elle y goûte avant de le donner à papa, pour s’assurer que c’est bon. Dan, 7 ans.

Si vous voulez essayer d’aimer, il faut commencer par un ami que vous détestez. Mika, 6 ans.

L’amour c’est quand une vielle femme et un vieil homme sont encore amis, même quand ils se connaissent bien. Tom, 6 ans.

L’amour c’est quand maman donne à papa le meilleur morceau de poulet. Hélène, 5 ans.

L’amour c’est quand mon chien me lèche le visage, même quand je l’ai laissé seul toute la journée. Marie-Anne, 4 ans.

On ne doit pas dire « je t’aime » si cela n’est pas vrai. Mais si cela est vrai, on doit le dire beaucoup. Les gens oublient. Jessica, 8 ans.

La fête de la fidélité

Récemment j’ai participé à une messe où l’on soulignait les anniversaires de mariages des paroissiens. Il est intéressant de constater que cette fête se soit appelée la « Fête de la fidélité ». On aurait pu croire qu’une telle fête aurait porté le titre de « Fête de l’amour », et ce serait tout à fait juste. Mais j’aime beaucoup l’expression « fête de la fidélité », car elle nous renvoie à une dimension fondamentale de l’engagement d’un homme et d’une femme l’un envers l’autre.La fidélité! C’est sur ce terreau de la fidélité, sur ce sol fertile, que l’amour peut grandir, que la fleur du mariage peut prendre racine et s’épanouir. Car dans le mariage, l’amour a besoin d’un partenaire qui s’appelle la fidélité et qui lui permet de persévérer, de traverser les orages, les nuits sombres de l’épreuve.

La fidélité est l’allié de l’amour, sa nourriture, son lieu de repos. C’est cette fidélité qui vient au secours de l’amour et qui lui donne la force de pardonner quand le mariage traverse un temps difficile, qui permet au couple de se soutenir dans une épreuve commune où l’on ne voit plus très bien l’avenir.

Il est facile de tomber en amour, mais il est beaucoup plus difficile d’y demeurer. Nous savons combien la vie commune peut être exigeante, peut-être plus encore de nos jours avec le mode de vie que l’on connaît.

Le mariage est un engagement qui coûte. C’est un engagement qui demande du courage ou une certaine naïveté diront certains, car le mariage implique quand même une mise en commun de deux vies, de deux personnes qui acceptent de se lier l’une à l’autre pour toute la vie, « pour le meilleur et pour le pire », comme le veut une formule traditionnelle. Du moins voilà la vision chrétienne du mariage.

L’homme Et la femme qui s’aiment s’engagent en portant chacun dans leur cœur un grand désir de bonheur où, en se disant « oui » l’un à l’autre, ils se disent: « Tes rêves seront mes rêves, tes peines comme tes joies seront les miennes… Parce que je t’aime… Et parce que je t’aime, je te serai fidèle toute ma vie ! »

C’est ainsi que débute habituellement cette folle entreprise qui très rapidement se heurte aux difficultés du quotidien, aux limites de chacun des conjoints, aux épreuves de la vie, aux pertes de toutes sortes. Et c’est alors que le lien d’amour est mis à l’épreuve et qu’il y a un combat à mener.

Toute chose qui nous tient à cœur demande habituellement que l’on se batte pour elle, et c’est au service de ce combat et de cet amour qu’est donné la grâce du mariage, car « il est fidèle Celui qui vous a appelés! »

L’encyclique Deus caritas est

Une nouvelle encyclique vient de paraître. Elle s’intitule Deus caritas est (Dieu est amour). Il s’agit de la première encyclique de Benoît XVI et déjà elle suscite beaucoup de commentaires.

Traditionnellement la première encyclique d’un pape est de nature dogmatique et morale. Elle donne l’orientation de son pontificat. Je pense ici à la première encyclique de Paul VI, Ecclesiam suam, qui abordait la relation entre Jésus-Christ et l’humanité, et celle de Jean-Paul II, Redemptor hominis, qui traitait des relations entre l’Église et le monde.

L’encyclique de Benoît XVI se veut ouvertement pastorale, laissant même de côté le discours moral habituel d’une encyclique, pour aborder le thème de l’amour au coeur de la vie et de la foi. Bien sûr, Benoît XVI s’en prend au relativisme moral de notre époque, un thème cher à son pontificat, mais le message central de son encyclique est avant tout une invitation à revenir au coeur même de ce qui constitue la foi chrétienne : l’amour de Dieu et l’amour du prochain à travers la rencontre du Christ.

Notons en passant un détail intéressant au sujet de Benoît XVI : sa force d’attraction sur les foules. Ce pape était jugé peu charismatique par la plupart des commentateurs au début de son pontificat, en comparaison d’un Jean-Paul II média star! Selon le journaliste Sandro Magister, du journal italien L’Espresso, les foules se pressaient pour voir Jean-Paul II, alors que maintenant elles se pressent tout autant mais pour entendre Benoît XVI.