Les étonnements du porteur d’or

Voici un très beau texte que Béatrice, une fidèle lectrice du blogue, m’a fait parvenir :chameauxOn n’a pas idée de se laisser guider par une étoile! Ce n’est pas fiable. Où est-elle passée ?

Nos maîtres sont savants, mais je me demande s’ils ne sont pas un petit peu innocents. Partir comme ça, à la belle étoile!  Et aller parler d’un nouveau roi à un roi ancien! On ne m’a pas dit que du bien de cet Hérode. Et tout ce surcroît de bagages!

Fatigués. Les nuits sont glacées. Ils n’arrivent plus à nous faire lever le matin. Quitter notre froide couche de neige fondue au profond du sentier? Le chemin est long. Il est long, il est long.

Ça chante là-bas. À cette heure-ci!

Et pendant ce temps, vous vous rendez compte de ce que j’ai à porter? Ça monte.

Toi, tu as pris l’encens. Monsieur porte léger.
Je ne vis pas de fumée, moi!

Un enfant, un enfant, vous me la baillez belle. Par une nuit si calme, on l’entendrait pleurer.

Ça chante là-bas.

Dans mon pays, j’ai connu ça. Un petit qui trotte dans vos pas. Et l’attente… Je connais ça. Et puis il s’éloigne. Il apprend lui aussi à être conduit par un mot dans le creux de l’oreille.

Une nuit si tranquille, où scintille déjà la rosée lumineuse…

Nos maîtres nous montrent une cahute, entourée de moutons silencieux. Je pourrais poser enfin ce sac d’or? Vous croyez, vous croyez?

Cette ligne dorée autour de la porte sombre?
Porte étroite, et au-dessus…Mais oui, l’étoile, je sais. Avançons.
Ne poussez pas, je me baisse comme je peux.
Mais oui, l’étoile. Je sais. La folle et sage étoile.

Laissez-moi voir. Laissez-moi passer mon cou. Je veux voir, moi aussi.

Oh!

Les mains vides.

Les mains pleines.