Homélie pour le 11e Dimanche T.O. (B)

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 4,26-34.
En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence :
nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment.
D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi.
Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. »
Il disait encore : « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ?
Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences.
Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »
Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre.
Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.

 

COMMENTAIRE

J’aimerais commenter la parole de Dieu en rappelant tout d’abord un événement qui m’est arrivé il y a bien des années. Alors que j’avais 29 ans, j’ai dû subir une opération au genou. À ma troisième nuit d’hospitalisation, alors que la douleur était encore vive, l’infirmière m’informa que je n’avais plus droit à l’antidouleur, puisque j’étais censé avoir dépassé le seuil critique de la douleur. Prise de compassion devant ma souffrance, cette infirmière accepta néanmoins de faire un passe-droit et elle me dit en me remettant mon médicament : « C’est que vous n’êtes pas habitué à la souffrance. » Je l’avais trouvée sage et j’ai toujours été convaincu qu’une grande leçon de la vie m’avait été donnée. Cette leçon nous concerne tous.

Pour les plus anciens parmi nous, nous venons d’un catholicisme qui a grandi dans la ouate, bien encadré, bien enrégimenté, de force ou de gré, à l’école, à l’église et en famille, où il était facile de croire. Une époque où l’on retrouvait une église, ou un couvent à tous les coins de rue ou presque. Mais les temps ont changé, et de nous sentir parfois étrangers dans notre propre société est assez nouveau pour les catholiques d’ici. Nous ne sommes pas habitués à cette souffrance, à cette blessure. Comme le dit l’auteur de la lettre aux Hébreux 12,4 : « Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang… »

La parole de Dieu en ce dimanche nous parle à la fois de fragilité, d’incertitude, mais aussi d’abandon entre les mains de Dieu, car la semence germe et grandit sans que l’on sache comment. Comme ces paroles de Jésus sont encourageantes en ces temps difficiles, pour ceux et celles qui essaient de vivre leur foi dans un contexte de rejet, sinon de mépris.

Quand j’entends les histoires d’horreur du Moyen-Orient, entourant l’oppression des minorités chrétiennes, pour ne parler que de celles-ci, je me demande comment nous réagirions ici au Québec si nous avions à subir une telle persécution? 

J’entends encore le témoignage d’un chrétien de Mosul en Iraq, une ville occupée par l’État islamique pendant plus de deux années, et qui faisait le commentaire suivant au sujet de la situation des chrétiens de sa ville : « Nous sommes confiants dans le Seigneur, disait-il. Il continue de nous murmurer à l’oreille : N’aie pas peur. » 

Bien des choses en ce moment nous font peur. Le manque de prêtres, la fermeture de nos églises, le vide spirituel qui semble submerger peu à peu notre société, la méconnaissance totale de nos racines chrétiennes chez nos jeunes… 

Parce que nous ne sommes pas habitués à souffrir ainsi pour notre Église, nous risquons de nous désespérer, mais le Seigneur nous dit à nous aussi : « n’aie pas peur ». Regarde comme elle est minuscule la semence du Royaume jetée en terre, broyée et étouffée par la terre humide qui la recouvre, plongée dans la nuit la plus totale, et qui pourtant, en temps voulu, éclôt et porte du fruit. Cette parabole nous parle à la fois du Christ et de sa vie donnée, mais aussi de notre travail en ce monde, travail que Jésus compare à celui d’un jardinier.

La Parole de Dieu en ce dimanche nous parle de fragilité, une fragilité qui nous renvoie à la faiblesse de nos moyens, à notre impuissance devant certaines situations, à la faible portée de nos actions, qui souvent ne sont qu’une goutte d’eau dans ce désert où tant d’hommes et de femmes ont soif, et pourtant Jésus compare notre présence dans le monde à celle d’une semence, d’une minuscule graine de moutarde, capable de produire un arbre immense, où viennent nicher tous les oiseaux du ciel.

Prenons un exemple parmi tant d’autres. En cette année du synode, je pense tout particulièrement aux familles et au rôle indispensable des parents. Par mon ministère, je suis souvent un observateur privilégié de familles où le souci des parents pour leurs enfants m’émeut au plus haut point. Leur amour inlassable, leur souci quotidien à leur endroit, l’attention sans relâche, les encouragements, les caresses, les inquiétudes, les larmes essuyées, c’est là un exemple de cette toute petite semence jetée en terre, qui a ce pouvoir de produire des choses extraordinaires dans la vie de ces enfants qui nous sont confiés quand nous les aimons.

Un jour, un roi se demanda quelle langue parleraient les enfants si on ne leur en apprenait aucune. Il fit donc isoler des enfants pendant quelques années, les laissant à eux-mêmes, sans qu’ils aient l’occasion d’entendre une seule parole pendant ces années. Un jour, il les fit venir devant lui afin de les entendre parler. Mais à son grand étonnement, le roi constata que ces enfants ne savaient ni marcher, ni parler, ni comprendre ce qu’on leur disait. Ils étaient devenus des enfants-loups. Comme le dit un proverbe africain : « Pour qu’un enfant grandisse, il faut tout un village. »

Et tout comme pour les enfants, il en va ainsi de notre monde. Si la semence de l’évangile n’est pas jetée en terre, elle ne peut fructifier. Ce qui nous est demandé en tant que disciples du Christ, c’est de semer, de semer aux quatre vents, en ne doutant pas de la puissance de nos actes d’amour et du pouvoir de cet amour à transformer le monde un coeur à la fois.

Nous croyons que le Christ transfigure chacune de nos actions dans cette secrète communion des saints qui nous unit à nos frères et soeurs en humanité. Pas une action, pas une parole dites au nom du Christ, au nom de cette charité qui nous saisit, qui ne soient sans conséquence sur le cours des événements de ce monde. Jésus nous invite à entrer dans cette sainteté du quotidien, qui chaque jour se présente à nous avec son lot d’occasions de faire le bien.

Il s’agit d’être bons là où Dieu nous appelle à être bons, charitables là où il nous appelle à être charitables, patients, miséricordieux, assoiffés de justice, là où Dieu nous appelle… Pour cela, il nous faut être à l’écoute de l’évangile, et entendre à travers le cri des pauvres et des petits, le cri de Dieu lui-même. 

À nous alors de jeter largement la semence, à ne pas hésiter… Quant à sa destination, sa croissance et à son avenir, cela appartient au secret de Dieu, et à son action mystérieuse au coeur de la vie de l’Église et de notre monde, lui qui ne cesse de nous murmurer à l’oreille : « N’ayez pas peur. Ayez confiance, je suis avec vous ! » Amen.

Yves Bériault, o.p.
Dominicain. Ordre des prêcheurs

Le visiteur et le sacristain

« Un prêtre disait un soir, assez soucieux, au sacristain de son église :

– Avez-vous remarqué le vieux aux habits râpés qui, chaque jour à midi, entre dans l’église et en ressort presque aussitôt ? Je le surveille par la fenêtre du presbytère. Cela m’inquiète un peu car, dans l’église, il y a des objets de valeur. Tâchez un peu de le questionner.

Dès le lendemain, le sacristain attendit notre visiteur et l’accosta :

– Dites donc, l’ami, qu’est-ce qui vous prend de venir ainsi dans l’église ?
– Je viens prier, dit calmement le vieillard.
– Allons donc ! Vous ne restez pas assez longtemps pour cela. Vous ne faites qu’aller jusqu’à l’autel et vous repartez. Qu’est-ce que cela signifie ?
– C’est exact, répondit le pauvre vieux, moi, je ne sais pas faire une longue prière mais Jésus est mon Sauveur et mon Seigneur, alors je viens chaque jour à midi et je Lui dis tout simplement : “Jésus ! … c’est Simon”. C’est une petite prière, mais je sens qu’Il m’entend.

Peu de temps après le vieux Simon fut renversé par un camion et soigné à l’hôpital.

– Vous avez toujours l’air heureux malgré vos malheurs, lui dit un jour une infirmière.
– Comment ne le serais-je pas ? Mais c’est grâce à mon visiteur.
– Votre visiteur ?, reprit l’infirmière avec surprise, je n’en vois guère… et quand donc vient-il ?
– Tous les jours à midi, il se tient là, au pied de mon lit, et il me dit : “Simon… c’est Jésus !” ».

Homélie pour la solennité du Sacrement du corps et du Sang du Christ

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 14,12-16.22-26.
Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l’on immolait l’agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? »
Il envoie deux de ses disciples en leur disant : « Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre. Suivez-le,
et là où il entrera, dites au propriétaire : “Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?”
Il vous indiquera, à l’étage, une grande pièce aménagée et prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. »
Les disciples partirent, allèrent à la ville ; ils trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque.
Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit : « Prenez, ceci est mon corps. »
Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous.
Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude.
Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu. »
Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.

 

COMMENTAIRE

Quelques mots tout d’abord quant à l’origine de la solennité du Corps et du Sang du Christ. Cette fête a fait son apparition au XIIIe siècle. Elle est proposée en réaction à certains théologiens qui remettaient en question la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. Elle est aussi une réponse à une dévotion populaire qui cherchait de plus en plus à voir l’hostie consacrée lors de l’élévation pendant la messe, l’élévation de l’hostie étant une nouveauté liturgique attestée pour la première fois à Paris, vers l’an 1200. Voilà pour la petite histoire.

Par ailleurs, depuis que Jésus a dit de son corps qu’il était une véritable nourriture et son sang un véritable breuvage, plusieurs ont trouvé, et trouvent encore, ces paroles trop dures à entendre. Un jour, une dame m’en fit la remarque lors de funérailles. Elle reprenait l’objection qualifiant les chrétiens d’anthropophages! La fête d’aujourd’hui devient donc une belle occasion de réfléchir ensemble sur le sens de notre repas dominical et de mettre les choses au clair : nous ne sommes pas des anthropophages!

Tout d’abord, et ce qui peut en surprendre quelques-uns, ce qui est premier dans l’eucharistie, c’est nous, l’assemblée. C’est nous tous, les fidèles, fidèles en ce que nous attachons nos pas à ceux du Ressuscité, et nous réunissons le dimanche pour célébrer sa résurrection. Sans assemblée, sans peuple de Dieu, l’Eucharistie n’a pas de sens. Nous sommes les premiers sujets de l’action qui se déroule chaque dimanche et chaque jour de la semaine dans nos églises. L’eucharistie n’appartient pas au prêtre, elle appartient à l’assemblée et le ministre ne fait que présider l’action de grâce de l’assemblée en union avec l’offrande du Christ.

Remarquez ce détail important dans l’évangile d’aujourd’hui. Jésus envoie ses disciples préparer la salle où manger la Pâque avec eux. Jamais l’eucharistie sans les disciples. Nous sommes la raison même de ce don précieux que nous fait le Christ de lui-même, nous en sommes les premiers bénéficiaires.

Voilà vingt siècles que les chrétiens, fidèles à l’invitation de leur Seigneur, célèbrent l’Eucharistie. Cette action de la mémoire de l’Église est vite devenue le coeur même de la foi chrétienne, car l’eucharistie naît du mystère pascal. Elle est une fête pascale! Il faut donc que les chrétiens et les chrétiennes développent une vive conscience de la grandeur du mystère qu’ils célèbrent afin d’en goûter tous les fruits et de grandir dans l’amour de ce sacrement.

Car Jésus ressuscité n’a jamais cessé d’habiter visiblement parmi nous. Il se fait voir dans le pain et vin consacré, c’est lui qui véritablement préside notre assemblée, et nous partage son corps et son sang de ressuscité, c.-à-d. sa divinité et sa force d’aimer. Quand nous parlons de la chair et du sang du Christ, cela désigne son être tout entier. Il s’agit d’une nourriture spirituelle qui fonde et enracine nos vies d’hommes et de femmes en ce monde.

C’est saint Jean-Paul II, dans son encyclique sur l’Eucharistie, qui affirmait au sujet de l’Eucharistie : « même lorsqu’elle est célébrée sur un petit autel d’une église de campagne, l’Eucharistie est toujours célébrée, en un sens, sur l’autel du monde… Le monde, sorti des mains du Dieu créateur, retourne à lui après avoir été racheté par le Christ. »

Mais ce mouvement de retour vers Dieu ne se fait pas sans nous. Nous sommes aussi les acteurs de cette action avec le Christ. C’est pourquoi notre assemblée dominicale est éminemment missionnaire. À la fin de chacune de nos eucharisties, nourris de la vie du Christ et de sa Parole, la paix du Christ nous est confiée afin que nous allions nous aussi, comme les disciples de l’évangile, étendre aux quatre coins du monde la grande nappe du banquet pascal où toutes les nations sont conviées.

Voilà frères et soeurs, en quelques mots, le grand mystère qui nous rassemble aujourd’hui en cette solennité du Corps et du Sang du Christ.

Yves Bériault, o.p.
Dominicain. Ordre des prêcheurs

Jésus et le mariage

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10,1-12. 
En ce temps-là, Jésus arriva dans le territoire de la Judée, au-delà du Jourdain. De nouveau, des foules s’assemblent près de lui, et de nouveau, comme d’habitude, il les enseignait.
Des pharisiens l’abordèrent et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »
Jésus leur répondit : « Que vous a prescrit Moïse ? »
Ils lui dirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. »
Jésus répliqua : « C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle.
Mais, au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme.
À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère,
il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair.
Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »
De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question.
Il leur déclara : « Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle.
Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre, elle devient adultère. »

COMMENTAIRE

Si nous accueillons les paroles de Jésus aujourd’hui uniquement dans la perspective du divorce ou du remariage, nous risquons de passer à côté d’une dimension fondamentale de son enseignement. Jésus invite plutôt ses interlocuteurs à une réflexion sur le sens du mariage. Quand il dit que Dieu fit l’homme et la femme et, qu’une fois mariés, ils ne forment plus qu’une seule chair, féconde à l’image de Dieu, il ne nous renvoie pas tout simplement à une morale, mais à ce qui fait la spécificité de l’homme et de la femme dans le mariage et, de manière plus large, à ce qu’est la vocation fondamentale de toute personne.

Dieu est un être de communion, c’est ce que nous révèle le mystère de la Trinité. Il y a une communion d’amour en Dieu et de cette communion jaillit un amour fécond qui engendre la vie. L’homme et la femme, nous dit le récit de la Genèse, sont faits à l’image de Dieu, ils sont faits d’amour, ce qui explique la valeur absolue de la vie, puisqu’elle est porteuse de la vie même de Dieu.

C’est tout cela la beauté et la grandeur du mariage que Jésus vient rappeler à ses interlocuteurs, alors que ces derniers semblent plus préoccupés par les contraintes du mariage. Jésus vient nous rappeler que le mariage est avant tout le projet de Dieu, la vocation la plus belle et la plus noble que Dieu puisse confier à l’homme et à la femme, et où Dieu lui-même s’engage dans la réalisation de cette union. Bien mieux, il la réalise lui-même avec les époux, puisque c’est lui qui unit l’homme et la femme : « Ce que Dieu a uni… », dit Jésus, en parlant du mariage.

Bien sûr, l’Église a le devoir de rappeler sans cesse l’appel que Dieu nous fait dans ce mystère d’amour et de fécondité qu’est le couple humain, mais tout en accueillant ceux et celles qui ont connu l’échec dans ce projet de vie. L’on ne saurait encourager les uns sans soutenir les autres, puisque Jésus est venu relever ce qui est faible, pauvre et blessé en nous.

L’échec ne doit pas faire de nous des exclus, du moins ce n’est pas ce que l’Évangile nous enseigne, sinon nous serions tous des exclus. Le radicalisme évangélique est avant tout un radicalisme de la miséricorde, dont nous avons tous besoin sans exception. Et toutes nos belles paroles, tous nos beaux discours ne seront que de pieux bavardages, si la miséricorde de Jésus n’a pas le dernier mot en Église.

Yves Bériault, o.p.

 

Homélie pour la fête de la Sainte Trinité (B)

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 28,16-20. 
En ce temps-là, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.
Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.
Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.
Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,
apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

 

COMMENTAIRE

Un jour, un enfant observait un sculpteur qui taillait un énorme bloc de marbre dans son atelier. L’enfant venait l’observer de temps en temps, mais comme le travail ne progressait que très lentement sa curiosité l’amena à jouer ailleurs et pendant des semaines il oublia le sculpteur. Un jour où ses jeux l’avaient ramené près de l’atelier, il se pencha par la fenêtre pour voir où en étaient les travaux. Il poussa un grand cri d’étonnement en voyant un énorme lion au centre de la pièce. Il courut tout agité chez lui, criant à sa mère : « Maman, maman, il y avait un lion de caché dans la pierre ! » Voilà une belle histoire pour aborder le mystère de la Sainte Trinité.

Soyez sans crainte, Dieu n’est pas un lion, mais sans doute nous faut-il un regard d’enfant pour le découvrir au cœur de notre monde. Dans sa liturgie, l’Église joue un peu le rôle de ce sculpteur en s’appuyant sur les Saintes Écritures, invitant les fidèles à découvrir celui qui semble se cacher dans sa création. Et parmi tous les dimanches, celui de la Sainte Trinité est sans doute celui qui nous invite le plus à réfléchir à notre relation avec Dieu et à nous demander : « qui est notre Dieu ? »

Un jour, je discutais avec une amie qui, vous allez le comprendre, n’allait pas très bien. Celle-ci m’affirma avec un ton de reproche dans la voix : « Dieu est un égoïste ! Tout n’est fait qu’en fonction de lui et de sa gloire. Tout est dirigé vers lui afin que nous l’aimions. Dieu, insistait-elle, est un égoïste ! » Je dois avouer que je me suis senti provoqué par son affirmation à l’emporte-pièce, que je trouvais trop facile, et surtout injuste, mais je l’ai tout simplement écouté déverser sa colère.

Dieu un égoïste ? Bien sûr, ni vous ni moi n’avons jamais vu Dieu et pourtant lorsque l’on croit en Dieu, quand nous remettons nos vies entre ses mains, il nous arrive d’être saisis par un amour qui nous dépasse et qui nous surprend. La foi en Dieu, nous le savons, donne un sens profond à nos vies, une direction ferme et assurée. Toutes les grandes religions l’affirment. Avoir foi en Dieu, c’est pressentir qu’il y a une réalité cachée en ce monde, une force créatrice et invisible qui l’anime et qui lui donne vie. Et toute personne sur cette terre est invitée à s’ouvrir à cette réalité, à ce mystère. Mais qui est ce Dieu ? Comment le connaître ?

La foi chrétienne a ceci de particulier lorsqu’elle aborde la question de l’Absolu, pour elle « l’Absolu s’est incarné et porte un visage, le visage de Jésus-Christ ! » Et c’est à la lumière de ce visage que nous comprenons mieux qui est Dieu. Jésus ne disait-il pas à ses disciples : « Qui m’a vu a vu le Père ! »

C’est pourquoi voici ce que j’aimerais dire aujourd’hui à cette amie déçue de Dieu. « Tu te demandes ce qu’il fait ton Dieu, et bien regarde Jésus, lui qui a pleuré devant le tombeau de son ami Lazare ; qui a pleuré sur Jérusalem dont il voyait venir la destruction ; qui a prié dans les larmes au jardin de l’agonie, en offrant librement sa vie pour te sauver ; regarde-le après sa résurrection quand il demande, presque suppliant, à celui qui l’a renié : “Pierre, m’aimes-tu ?” Contemple tous ces évènements de la vie de Jésus Christ et dis-moi si c’est là le visage d’un Dieu égoïste qui nous est dévoilé. »

« Qui m’a vu a vu le Père ! » dit Jésus. Et c’est pourquoi nous affirmons avec saint Jean que Dieu est amour, et que la plus grande preuve de son amour est qu’il a tellement aimé le monde qu’il nous a donné son Fils bien-aimé, son unique. Et c’est ainsi que se dévoile peu à peu le véritable visage de Dieu et que nous entrons, sans vraiment comprendre, comme sur la pointe des pieds, dans ce mystère d’un seul Dieu en trois personnes que nous appelons la Sainte Trinité.

Car, si Dieu est amour, c’est qu’il y a en Lui communion d’amour, communion de personnes. Dieu n’est pas une solitude. En Dieu, la foi de l’Église nous dit qu’ils sont trois et pourtant qu’ils ne font qu’un. Il y a le Père qui aime le Fils et qui sans cesse, de toute éternité, lui donne sa vie ; il y a le Fils qui aime le Père, par qui tout a été fait, qui est sa Parole, son Verbe, et qui a pour mission de nous le faire connaître ; et il y a l’Esprit Saint qui est l’amour même qui existe entre le Père et le Fils, qui va du Père au Fils et du Fils au Père, et qui nous donne d’entrer dans cette communion d’amour et d’y participer. Ils sont trois et pourtant ils ne forment qu’un seul Dieu ! C’est Jean-Philippe Ferlay dans un livre sur l’Esprit Saint, qui décrit magnifiquement bien cette communion d’amour en Dieu. Voici ce qu’il dit :

« L’amour du Père pour son Verbe dans l’Esprit est tellement fort et généreux qu’il éclate hors de Dieu. Et voilà que le monde est créé, tout différent de Dieu et pourtant absolument lié à lui. Dieu n’a besoin de rien. Il ne crée ni par hasard ni par caprice, mais par surabondance d’amour, pour faire participer ce qui existe à sa vie et à sa joie. »

Bien loin d’être un Dieu égoïste, comme l’affirmait mon amie désabusée, nous affirmons en Église que Dieu est l’avenir de l’homme et de la femme, que dès notre conception il nous prend par la main et nous accompagne par monts et par vaux tout au long de nos vies, jusqu’à ce face à face ultime qui nous est promis un jour !

C’est ce dévoilement de Dieu dont Jésus est venu témoigner, nous donnant de comprendre que s’il y a unité, joie, et amour en Dieu, c’est qu’il y a communion de Personnes en Dieu : Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint Esprit. Ils sont trois et pourtant ils ne forment qu’un seul Dieu. Voilà le grand mystère que nous contemplons en ce jour. C’est la fête de la Sainte-Trinité !

Yves Bériault, o.p.
Dominicain. Ordre des prêcheurs

 

Fête de la Pentecôte (B)

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,26-27.16,12-15. 
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur.
Et vous aussi, vous allez rendre témoignage, car vous êtes avec moi depuis le commencement.
J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.
Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »

COMMENTAIRE

Vous êtes-vous déjà demandé ce que serait la fête de Pâques sans la Pentecôte ? Sans le don de l’Esprit Saint ? Ce serait comme si les Apôtres, après la résurrection, s’en étaient allés conduire leur ami Jésus sur les berges de l’éternité, afin de le saluer une dernière fois avant son départ, tout comme l’on dit adieu à un ami qui vient de gagner à la loterie et qui quitte tout pour aller voir le monde. Pâques serait alors la fête de Jésus seul, grand vainqueur de la mort, ne laissant à ses amis que ses enseignements et le souvenir de sa vie avec eux, tout comme l’ont fait des milliers de sages à travers l’histoire.

Mais la foi de l’Église affirme que la vie de Jésus se situe à un tout autre niveau. Nous, ses disciples et amis, nous croyons qu’en Jésus Christ, Dieu a dressé sa tente parmi nous, qu’il s’est fait homme, et qu’il est venu sur terre pour provoquer un attachement à sa personne, pour attirer à lui l’humanité et l’univers tout entier. Nous croyons que sa mort sur la croix n’a pas été le dernier mot de sa vie. Nous affirmons qu’il est ressuscité d’entre les morts, qu’il est monté aux cieux, et qu’il a envoyé à ses disciples l’Esprit de vérité alors que ceux-ci étaient rassemblés à Jérusalem lors de la fête de la Pentecôte. Ce jour-là, l’Esprit Saint a été répandu non seulement sur eux, mais sur toute l’humanité, sur tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté. C’est le rappel de cet événement central de l’histoire du salut qui nous rassemble en cette fête de la Pentecôte !

L’Évangile aujourd’hui ravive à notre mémoire la promesse de Jésus de nous donner l’Esprit Saint. Ce dernier est présenté comme un Défenseur qui nous fera nous souvenir de tout ce que Jésus a enseigné, et qui fera entrer les disciples dans la Vérité, qui est de connaître le Père et son envoyé Jésus Christ. C’est là un aspect fondamental de la Pentecôte qui est de nous introduire dans cette connaissance intérieure du Seigneur Jésus, lui qui est désormais auprès du Père.

C’est pourquoi il ne faudrait pas croire que le don de l’Esprit Saint signifie une rupture entre Jésus et ses disciples, comme si ce dernier avait terminé sa tâche et qu’il pouvait tout simplement rentrer dans l’oubli. Car il y a dans le don de l’Esprit Saint le don du Seigneur Jésus lui-même, qui le rend encore plus proche de nous. Rappelez-vous la prière de Jésus à son Père avant sa passion quand il lui disait : « Père je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître encore, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »

Quand Jésus parle du don de l’Esprit Saint, il le fait toujours en lien avec la vie intérieure des disciples. Il évoque toujours une forme de connaissance nouvelle et plus profonde de qui il est, de qui est Dieu. L’Esprit de Vérité dont parle Jésus, cet Esprit qui enseigne et qui fait se souvenir les disciples des enseignements du Maître, il poursuit en nous l’action du Christ enseignant. Il réalise la promesse de Jésus de ne pas abandonner ses disciples et de continuer ainsi à les former afin qu’ils deviennent des hommes et des femmes selon son cœur.

Avec la Pentecôte le disciple devient une terre d’accueil à l’action et à la présence du Christ ressuscité, une présence encore plus intérieure et plus personnelle que lorsqu’il sillonnait les routes de la Galilée avec ses amis. C’est là la conséquence incroyable du don de l’Esprit Saint !

La Pentecôte est un événement sans précédent dans l’histoire spirituelle de l’humanité. De cette Terre sainte où Dieu s’est manifesté en Jésus-Christ il y a deux mille ans, jaillit une grâce surabondante pour les hommes et les femmes de tous les temps, de toutes races, langues, peuples et nations : c’est le don de l’Esprit Saint qui vient habiter les cœurs et qui étend au monde entier la mission du Christ qui est de faire connaître le vrai Dieu !

Le Seigneur Jésus Christ désormais n’est plus confiné à un territoire géographique, à une époque, à une culture, ou même aux limites d’un corps humain. Il peut désormais se donner à tous par le don de l’Esprit Saint, l’Esprit d’amour et de Vérité qui nous rend capables d’aimer Dieu, comme Jésus et avec lui, qui nous rend capables d’aimer le prochain, comme Jésus et avec lui.

Voyez-vous, l’Esprit que Jésus nous envoie nous éveille à plus grand que nous, il nous réchauffe le cœur pour un plus grand amour : parce qu’il est lumière, il est vérité, il est amour ! Il fait la paix et la communion entre nous, il fait le pardon ! Il est le fondement même du sérieux de nos vies, car il met en nous le souffle du Ressuscité ! Voilà le grand mystère que nous célébrons en cette fête de la Pentecôte.

Frères et sœurs, demandons au Seigneur en ce dimanche de renouveler en nous le don de l’Esprit Saint.

Yves Bériault, o.p.
Dominicain. Ordre des prêcheurs

Homélie pour la fête de l’Ascension (B)

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 16,15-20. 
En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création.
Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné.
Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ;
ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. »
Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu.
Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.

 

COMMENTAIRE

La fête de l’Ascension a quelque chose d’énigmatique, alors que Jésus semble se dérober aux yeux de ses disciples. Cette fête est parfois vécue comme le parent pauvre du cycle pascal, alors qu’elle est sans doute celle qui exprime le mieux le sens de notre destinée humaine et la portée incroyable de la victoire du Christ pour nous. Car l’Ascension, avec le don de l’Esprit Saint, est l’achèvement du mystère de l’Incarnation, du pourquoi le Fils de Dieu est venu parmi nous.

D’ailleurs, Jésus a laissé des indices pour nous aider à comprendre l’extraordinaire mystère qui se joue sous nos yeux avec son Ascension. Rappelez-vous au matin de Pâques, Jésus ressuscité avait dit à Marie-Madeleine : « Je ne suis pas encore monté vers le Père. Mais va vers mes frères et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » (Jn 20, 17). Déjà, Jésus avait dit à ses Apôtres avant sa passion : « Je pars vous préparer une place ? Quand je serai allé vous la préparer, je reviendrai vous prendre avec moi ; et là où je suis, vous y serez aussi. » (Jn 14, 2-3).

Ce départ est donc d’une importance capitale dans la mission de Jésus. Il doit retourner vers le Père, afin d’accomplir l’inimaginable, le jamais vu auparavant : « Personne, dit Jésus, n’est jamais monté aux cieux sinon le Fils de l’Homme qui est descendu des cieux » (Jn 3, 13 ; cf. Ep 4, 8-10). Et devant les yeux de ses disciples, Jésus est « emporté au ciel ».

La fête de l’Ascension est toute chargée de l’espérance de Dieu en notre faveur et nous rappelle combien nous avons du prix aux yeux de Dieu. L’Ascension de Jésus vient nous dévoiler le grand mystère de notre destinée humaine alors que le Christ nous précède au ciel et qu’il nous y entraîne. Cette fête forme un tout avec la résurrection du Christ et elle nous parle en même temps du sérieux de son Incarnation, du fait que le Fils de Dieu ait pris chair de la Vierge Marie, chair de notre chair. La Résurrection et son pendant qu’est l’Ascension sont le couronnement de l’Incarnation du Fils de Dieu : Jésus ne rejette pas son corps ; il le transfigure, il le divinise en montant au ciel avec son corps glorifié.

Contrairement à ce que me disait un jour une amie, la fête de l’Ascension n’est pas une fête triste. Cette amie disait cela parce que Jésus était parti. Jésus est parti, me disait-elle ! Elle vivait en quelque sorte la peine des disciples. Quel grand amour de Jésus exprimait-elle ainsi en avouant son désarroi devant son départ ! Mais Jésus ne nous abandonne pas. Non seulement il nous précède dans la demeure du Père, mais il nous y prépare une place.

Dans le Christ, vrai Dieu et vrai homme, notre humanité est conduite auprès de Dieu. Jésus nous ouvre le passage, il est comme le chef de cordée lors de l’escalade d’une montagne, arrivé au sommet de sa vie il nous tire vers Lui et nous conduit vers le Père. Car tel est le maître, tels sont les disciples, tous appelés à une même destinée avec lui.

Tout comme nous sommes passés du ventre de notre mère à la vie sur terre, un jour nous passerons du ventre de la terre à la vie en plénitude auprès de Dieu. Par son Ascension, Jésus vient achever la longue histoire de notre salut, qui est de nous ramener vers Dieu. Il ne nous laisse pas seuls. Il nous emporte avec lui, premier-né d’une multitude de frères et de sœurs, alors qu’il monte au ciel avec son corps, réalisant ainsi cette folle espérance du vieux Job, un texte souvent repris lors des funérailles, où Job s’écrie du fond de son malheur : « Je sais, moi, que mon libérateur est vivant, et qu’à la fin il se dressera sur la poussière des morts ; avec mon corps, je me tiendrai debout, et de mes yeux de chair, je verrai Dieu. »

Le trappiste Christian de Chergé, prieur du monastère de Tibhirine en Algérie, assassiné avec six de ses frères en 1996, restera toute sa vie, fasciné par le mystère de l’Incarnation. Il dira à ses frères moines dans une homélie : « Le plus extraordinaire du mystère de l’Incarnation, ce n’est pas que Dieu se soit fait homme, mais c’est que l’homme soit en Dieu, c’est qu’une humanité semblable à la nôtre, se retrouve en Dieu. […] Désormais, écrit-il, il y a de la fraternité en Dieu. C’est ainsi que nous pouvons nous appeler “petits frères” et “petites sœurs. »

Et cette fraternité s’étend désormais au monde entier. C’est pourquoi la fête de l’Ascension marque aussi le début du temps de l’Église, communauté de foi des disciples du Christ, qui célèbre ce don que Dieu nous fait d’un amour infini, communauté qui est appelée à partager cette joie qui est la sienne. sûr de la promesse que Jésus fait à ses disciples : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

Voilà frères et sœurs, la bonne nouvelle qui nous rassemble en ce dimanche de l’Ascension.

YVES BÉRIAULT, O.P.
DOMINICAIN. ORDRE DES PRÊCHEURS