Lettre d’une mère à son fils décédé

Mon Eloi,
Mon grand,

Aujourd’hui nous reprenons notre vie là où nous l’avions laissée après le coup de téléphone de ton chef de corps, le 2 janvier au soir, il y a presque 3 semaines. Tout est semblable et tout est different.

Le vide a un poids. A présent je le sais. Le vide a un poids que je vais porter jusqu’à mon dernier souffle. J’apprendrai à vivre avec, j’apprendrai à l’oublier plusieurs fois par jour mais je sais qu’il se rappellera quotidiennement à moi.

Le manque a un volume. A présent je le sais. Il occupe presque tout l’espace. Il se faufile, il envahit tout. Il oppresse, il étouffe.

Le souvenir est une brûlure douce et intense à la fois. A présent, je le sais. Elle brûle, elle est douloureuse et puis ensuite, seulement après, elle réchauffe et apaise.

L’amour est un feu qui ne s’éteint pas. A présent, j’en suis certaine. Il irradie depuis la vallée jusqu’au plus haut sommet. Il se donne, il se reçoit, il se partage sans fin.
La foi est un secours. A présent, je le vis.

J’ai un sac à ton nom rempli d’amour à donner. J’en ai un pour chacun de mes enfants. Ils ne sont pas interchangeables, car les enfants ne le sont pas. Me voilà à présent avec un sac à porter qui s’alourdira des vacances où tu ne seras pas là, des conversations téléphoniques du week-end que nous n’aurons plus, des Noels où tu seras absent, des cadeaux d’anniversaire que nous ne t’offrirons plus, des photos de famille où tu n’apparaîtra plus, des rides et des cheveux gris qu’on ne te verra jamais porter. Oui, assurément le vide a un poids.

Je suis triste mais je suis pas amère et encore moins révoltée. « Mieux vaut une vie courte et heureuse que longue et ennuyeuse » aimions-nous nous répéter. Et bien voilà, nous y sommes. Tu auras eu une vie courte et, je pense, heureuse. Tu aurais pu avoir une vie longue et heureuse…tu as l’éternité heureuse et tu veilles sur nous. Tu es notre premier de cordée.

Ta maman qui t’aime.

2 Réponses

  1. Tres belle lettre , tellement triste, et poignante, l’amour d’une mère ne cesse jamais ,même par dela la mort , mais que cette mère se réjouisse car elle retrouvera son enfant un jour , grâce à Jesus de part son sacrifice, il nous donne la vie éternelle

  2. Quel don de Dieu, la foi, quelle grâce! Quelle merveille quand elle résiste face à l’épreuve, et quelle épreuve, la perte d’un enfant! Quel secours!
    « Tu es mon Père, mon Dieu, mon roc et mon salut ».
    Pourquoi certains l’ont et d’autres pas?
    Comment ne pas s’étonner de ce cadeau gratuit, s’émerveiller d’en être les bénéficiaires?
    Et comment ne pas remercier Dieu pour ce cadeau?
    Comment ne pas prier pour que chacun puisse trouver en elle, la paix, dans la confiance et l’espérance?
    Comment ne pas prier pour toutes les mamans qui connaissent cette si terrible épreuve qu’est la perte d’un enfant? Comment ne pas prier pour celles qui en mourant doivent laisser leurs jeunes enfants?

    Que le Seigneur augmente la foi de ceux qui l’ont et donne la foi à ceux qui ne l’ont pas!

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