« Il enseignait en homme qui a autorité » (Mc 1, 21-28)

Homélie pour le mardi 14 janvier 2020

En quittant le temps de Noël, nous entrons dans un nouveau cycle liturgique que j’aime bien appeler le temps de l’Église, où les Évangiles nous donnent de voir Jésus à l’œuvre dans son ministère de prédicateur et de guérisseur. Nous entrons à nouveau à l’école des disciples afin de poursuivre l’approfondissement de notre foi en Dieu dans notre suite du Christ.

Nous commençons ce temps « ordinaire » de la vie de l’Église avec l’évangéliste saint Marc qui va droit au but en écrivant son évangile : pas de grands discours théologiques en guise d’introduction, comme chez saint Jean, pas de récit de l’enfance comme chez Luc ou Matthieu. Non, l’objectif de Marc est énoncé dès le premier verset de son écrit : « Commencement de l’Évangile de Jésus Christ Fils de Dieu. » Suit immédiatement le baptême de Jésus, et voilà le lecteur entraîné par Marc à la suite de Jésus dans son ministère de prédication et de guérison.

D’entrée de jeu, Marc veut nous donner de comprendre en quoi consiste cette irruption de Dieu dans l’histoire de l’humanité., lui qui nous envoie son Fils. Mais Marc le fait en tenant ses auditeurs en haleine tout au long de son récit, posant à plusieurs reprises la question suivante : mais qui donc est cet homme ? Qui est-il celui-là qui parle avec tant d’autorité, c’est-à-dire qui semble investit d’un pouvoir et d’une parole qui viennent d’ailleurs, parole tellement prégnante de vérité et de vie qu’elle peut même guérir les malades, libérer les possédés, ouvrir les cœurs les plus endurcis ?

Au seuil de cette nouvelle saison liturgique, nous sommes donc invités à nous laisser interroger à notre tour : « Mais qui donc est cet homme ? » Car tout au long de notre vie de croyants, tant les évènements, les épreuves, les contradicteurs ou encore l’habitude, nous obligent à nous resituer sans cesse devant ce mystère de notre foi et le défi que cela représente que de se tenir debout dans le monde avec le Christ comme maître et Seigneur.

Et si parfois notre foi ne se réduit qu’à une toute petite flamme vacillante, quand elle est aux prises avec ses doutes, ses fatigues ou même ses indifférences, nous avons cette assurance que le Christ a pour nous des paroles salutaires capables de nous relever et de nous guérir.

Yves Bériault, o.p.