Le Sermon sur la montagne. Commentaire de Ghandi

J’ai fait connaissance avec la Bible il y a environ quarante-cinq ans. Je ne pouvais pas trouver grand intérêt à l’Ancien Testament, mais quand j’arrivai au Nouveau Testament et au Sermon sur la Montagne, je commençai à comprendre l’enseignement du Christ et le message du Sermon sur la Montagne fit écho à quelque chose que j’avais appris dans mon enfance. Cet enseignement, c’était de ne pas se venger et de ne pas rendre le mal pour le mal.

De tout ce que je lisais, ce qui me resta pour toujours, c’est que Jésus vint pour établir une loi nouvelle. Sans doute il a dit n’être pas venu pour apporter une autre loi mais pour greffer quelque chose sur la vieille loi de Moïse. Eh bien oui, il la changea de façon telle qu’elle devint une loi nouvelle: non plus œil pour œil et dent pour dent, mais être prêt à recevoir deux coups si l’on vous en donne un, et à faire deux kilomètres si l’on vous demande d’en faire un. Je me disais, ce n’est sûrement pas le christianisme. Car toute l’image que je m’en faisais alors, c’était la liberté d’avoir une bouteille de whisky dans une main et un bifteck dans l’autre.

Le Sermon sur la Montagne me prouva mon erreur. A mesure qu’augmenta mon contact avec les vrais chrétiens, c’est-à-dire avec des hommes vivant pour Dieu, je vis que le Sermon sur la Montagne était tout le christianisme pour celui qui veut vivre une vie chrétienne. C’est le Sermon qui m’a fait aimer Jésus.

En lisant toute l’histoire de cette vie sous ce jour-là, il me semble que le christianisme reste encore à réaliser. En effet, bien que nous chantions: Gloire à Dieu dans les cieux et paix sur la terre, il n’y a aujourd’hui ni gloire à Dieu ni paix sur la terre. Aussi longtemps que cela reste une faim encore inassouvie, et tant que nous n’aurons pas déraciné la violence de notre civilisation, le Christ n’est pas encore né. Quand la paix réelle sera établie nous n’aurons plus besoin de démonstration : cela resplendira dans nos vies non seulement individuelles, mais collectives.

Ghandi

Homélie pour le dimanche de de la Sainte Trinité

Un jour, un évêque exprima le souhait de rencontrer un groupe d’enfants, qui se préparait pour la première communion. Il les recevait l’un après l’autre et les questionnait sur ce qu’ils avaient appris dans leurs cours de catéchèse. Il demanda à une fillette : « Peux-tu me parler de la Sainte Trinité ? » L’enfant commença son boniment, mais après une minute, l’évêque étant un peu sourd,  s’approcha d’elle, et tendant l’oreille, il lui dit : « Je m’excuse mon enfant, mais je ne comprends pas ». La petite fille lui répondit en chuchotant, sur le ton de la confidence : « Moi non plus, monseigneur, je ne comprends pas. C’est un mystère ! »

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Un mystère ! C’est ainsi habituellement que l’on nous présente ce qui est le coeur de notre foi, la Sainte Trinité. Ce mystère d’un Dieu en trois personnes, bien des pères de l’Église et des mystiques ont tenté de l’expliquer en usant de métaphores de toutes sortes afin de le rendre intelligible.

Saint Grégoire de Nazianze, disait de la Trinité : « Le Père est la Source, son Verbe est le fleuve, l’Esprit Saint est le courant du fleuve. » Catherine de Sienne, elle, prenait l’analogie du Buisson ardent, le Père étant le feu, le Fils étant la lumière qui se dégage du feu, et l’Esprit Saint la chaleur du feu.

Mais l’exemple dont je garde le souvenir le plus frappant est celui de cette soirée chez mes parents. Nous étions assis ensemble au salon. Ma mère était assise entre moi et mon père, heureuse de nous avoir tout près d’elle. Soudain, comme si elle venait de faire une grande découverte, elle s’exclama, en indiquant mon père : « Le père ». Ensuite elle se tourna vers moi et dit : « le fils », et, se pointant du doigt, elle eût un moment d’hésitation, et elle dit avec un grand sourire : « et le Saint Esprit ». Ma mère ne parle jamais de sa foi, et je me demande encore aujourd’hui comment lui est venue une telle inspiration ? C’était tout à fait spontané, et je garde la conviction qu’elle venait d’exprimer là une profonde intuition du mystère de la Trinité qui m’interpelle encore aujourd’hui.

Il n’est pas simple de parler de la Sainte Trinité, et pourtant, cette vérité de notre foi est fondamentale. Elle structure notre Credo, ainsi que toutes nos liturgies. Lorsque nous prions et célébrons ensemble, nous prions toujours le Père, par le Fils, dans le Saint Esprit. Notre foi est décidément trinitaire.

Pourtant, vous conviendrez avec moi qu’il serait tellement plus facile d’affirmer que nous croyons tout simplement en un Dieu, comme toutes les autres grandes religions. On éviterait ainsi beaucoup de querelles et de désaccords. Alors, pourquoi tenons-nous tellement à affirmer cette foi en la Sainte Trinité ?

Poser la question, c’est y répondre. Nous croyons au Dieu trinitaire parce que c’est lui qui nous a donné de le connaître. C’est lui qui s’est révélé à nous. Ce serait tellement plus simple s’il ne nous avait pas légué cet héritage en Jésus. Mais voilà, Jésus est venu et il nous a dévoilé le vrai visage de Dieu. Et nous croyons que si Dieu est amour, c’est parce qu’il est Trinité.

De la même manière que les astrophysiciens ne cessent de s’émerveiller devant l’infini grandeur d’un univers, qui ne cesse de se complexifier et de s’étendre au fur et à mesure qu’ils le découvrent, la foi chrétienne est le résultat de cette découverte progressive du Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob, de Moïse et de tous les prophètes, et qui a atteint son point culminant, il y a deux milles ans, alors que Dieu est venu parmi nous, qu’il a prit un visage, et qu’il s’est fait connaître de nous comme un être de communion, en qui se vit une profonde intimité, un mystère d’amour inouï entre le Dieu Père qui envoie son Fils, le Dieu Fils qui est tout donnée à son Père, et qui vient pour nous ramener vers lui, et le Dieu Saint Esprit, qui est cet amour éternel qui uni le Père et le Fils. Ils sont trois, mais ils ne forment qu’un seul Dieu en trois personnes. On l’appelle la Sainte Trinité et c’est un mystère !

Dieu s’est révélé à nous comme un être infiniment plus complexe qu’on ne pouvait jamais l’imaginer, et cette révélation que Dieu fait de lui-même est fondamentale en ce qu’elle nous donne de connaître de notre propre nature humaine. Quand il est dit au livre de la Genèse que nous sommes créés à l’image de Dieu, cette révélation atteint de nouvelles profondeurs quand nous découvrons en Jésus que notre Dieu est un Dieu de communion, qu’il n’est pas « l’éternel célibataire des siècles », comme l’écrivain un philosophe. La Bible, et surtout le Nouveau Testament, nous révèlent qu’il existe un profond mystère d’unité et d’amour en Dieu, un amour fécond qui nous unit à Dieu, ainsi que les uns aux autres. Nous aussi nous sommes des êtres de communion, appelés à donner la vie. Il suffit de regarder la cellule familiale pour s’en convaincre.

La grandeur de Dieu, et ce qui le rend fascinant, c’est que c’est un Dieu qui veut se faire connaître de nous et qui prend l’initiative. Ce que la Révélation nous apprend, du livre de la Genèse jusqu’au dernier livre de la Bible, c’est qu’il est dans la nature même de Dieu de créer et d’appeler sa création à participer à sa gloire, à qui il est. C’est Jean-Philippe Ferlay, dans un livre sur l’Esprit Saint, qui exprime magnifiquement cette réalité. Il écrit :

« L’amour du Père pour son Verbe dans l’Esprit est tellement fort et généreux qu’il éclate hors de Dieu. Et voilà que le monde est créé, tout différent de Dieu et pourtant absolument lié à lui. Dieu n’a besoin de rien. Il ne crée ni par hasard ni par caprice, mais par surabondance d’amour, pour faire participer ce qui existe à sa vie et à sa joie. »

C’est pourquoi au coeur de l’expérience chrétienne, afin de parvenir à entrer dans ce désir de Dieu de mettre en nous sa vie et sa joie, survient l’événement Jésus-Christ et son achèvement, qui est le don de l’Esprit Saint. Notre cœur est fait pour accueillir un tel don, car Dieu nous anime d’un mouvement intérieur, d’un désir qui est en nous l’écho de son propre Désir. L’Esprit Saint vient rendre possible en nous le rêve fou de Dieu pour nous qui est de le connaître d’une manière nouvelle, telle que le connaît Jésus-Christ. L’Esprit Saint fait de nous des intimes de la vie trinitaire. C’est la bienheureuse Élizabeth de la Trinité, du Carmel de Dijon, qui écrivait dans son journal : « C’est toute la trinité qui repose en nous, tout ce mystère qui sera notre vision dans le ciel. Que ce soit notre joie! »

Frères et soeurs, parce que nous mettons notre foi en Jésus-Christ, nous croyons et nous affirmons que Dieu n’est pas une invention, mais une découverte. Nous croyons que Dieu est une rencontre que chacun doit faire en soi-même. Nous croyons que Jésus-Christ est le chemin de cette rencontre, que le Père est celui qui nous appelle à la vie, et que cette vie habite en nous par le don de l’Esprit Saint.

Chaque dimanche, quand nous nous rassemblons, nous ne célébrons pas une idée abstraite, mais la vivante réalité de notre Dieu, qui est Père, Fils et Esprit Saint. Amen.

Yves Bériault, o.p.

La Pentecôte

Faut-il le dire, l’Esprit Saint est le souffle vital de l’Église. C’est Ignace de Laodicée de Syrie qui exprimait de façon très clair, l’enjeu de cette affirmation. Il disait :

Sans l’Esprit Saint, Dieu est loin, le Christ reste dans le passé, l’Évangile est une lettre morte, l’Église une simple organisation, l’autorité une domination, la mission une propagande, le culte une évocation, et l’agir chrétien une morale d’esclave. Mais en Lui : le cosmos est soulevé et gémit dans l’enfantement du Royaume, le Christ ressuscité est là, l’Évangile est la puissance de vie, l’Église signifie la communion trinitaire, l’autorité est un service libérateur, la mission est une Pentecôte, la liturgie est mémorial et anticipation, l’agir humain est déifié!.

Prière à l’Esprit Saint

Esprit qui planes sur les eaux
Apaise en nous les discordances.
Les flots inquiets, le bruit des mots,
Les tourbillons de vanité
Et fais surgir dans le silence
La Parole qui nous recrée.

Esprit de feu, toujours caché,
Jusqu’aux racines, par ta flamme,
Viens consumer en nous l’ivraie;
Aux profondeurs de notre vie,
Viens enfoncer comme une lame
La Parole qui sanctifie.

Esprit qui souffles en un soupir
A notre esprit le Nom du Père,
Viens rassembler tous nos désirs,
Fais-les monter en un faisceau
Qui soit réponse à la lumière,
La Parole du Jour nouveau.

Esprit de Dieu, sève d’amour
De l’arbre immense où tu nous greffes,
Que tous nos frères alentour
Nous apparaissent comme un don
Dans le grand Corps en qui s’achève
La Parole de communion.

(Liturgie des Heures, Pentecôte)

Dieu existe-t-il?

Un professeur universitaire défia ses élèves avec cette question: « Est-ce que Dieu a créé tout ce qui existe?». Un étudiant répondit bravement: – Oui, Il l’a fait!

Le professeur dit: «Dieu a tout créé?». – Oui, Monsieur, répliqua l’étudiant. Le professeur répondit: « Si Dieu a tout créé, Il a donc aussi créé le mal puisque le mal existe et selon le principe de nos travaux qui définissent ce que nous sommes, alors Dieu est mauvais ».

L’étudiant fut silencieux devant une telle réponse. Le professeur était tout à fait heureux de lui-même et il se vantait devant les étudiants d’avoir su prouver encore une fois que la foi en un dieu était un mythe.

Un autre étudiant leva sa main et dit: «Puis-je vous poser une question professeur?».- Bien sûr, répondit le professeur. L’étudiant répliqua, «Professeur, le froid existe-t-il?». – Quel genre de question est-ce cela? Bien sûr qu’il existe. Vous n’avez jamais eu froid? dit le professeur.
Le jeune homme dit, «En fait monsieur, le froid n’existe pas. Selon la loi de physique, ce que nous considérons être le froid est en réalité l’absence de chaleur. Tout individu ou tout objet possède ou transmet de l’énergie. La chaleur est produite par un corps ou par une matière
qui transmet de l’énergie. Le zéro absolu (-460°F) est l’absence totale de chaleur; toute la matière devient inerte et incapable de réagir à cette température. Le froid n’existe pas. Nous avons créé ce mot pour décrire ce que nous ressentons si nous n’avons aucune chaleur.»

L’étudiant continua. «Professeur, l’obscurité existe-t-elle?». Le professeur répondit: – Bien sûr qu’elle existe! L’étudiant: «Vous avez encore tort Monsieur, l’obscurité n’existe pas non plus.
L’obscurité est en réalité l’absence de lumière. Nous pouvons étudier la lumière, mais pas l’obscurité. En fait, nous pouvons utiliser le prisme de Newton pour fragmenter la lumière blanche en plusieurs couleurs et étudier les diverses longueurs d’onde de chaque couleur.

Vous ne pouvez pas mesurer l’obscurité. Un simple rayon de lumière peut faire irruption dans un monde d’obscurité et l’illuminer. Comment pouvez-vous savoir l’espace qu’occupe l’obscurité? Vous mesurez la quantité de lumière présente. N’est-ce pas vrai? L’obscurité est un terme utilisé par l’homme pour décrire ce qui arrive quand il n’y a pas de lumière».

Finalement, le jeune homme demanda au professeur, «Monsieur, le mal existe-t-il»? Maintenant incertain, le professeur répondit: – Bien sûr, comme je l’ai déjà dit. Nous le voyons chaque jour. C’est dans les exemples quotidiens de l’inhumanité de l’homme envers l’homme. C’est dans la multitude des crimes et des violences partout dans le monde. Ces manifestations ne sont rien d’autre que du mal!

L’étudiant répondit, « le Mal n’existe pas Monsieur, ou au moins il n’existe pas de lui-même. Le Mal est simplement l’absence de foi en Dieu. Il est comme l’obscurité et le froid, un mot que l’homme a créé pour décrire l’absence de foi en Dieu. Dieu n’a pas créé le mal. Le Mal n’est pas comme la foi, ou l’AMOUR qui existe tout comme la LUMIÈRE et la chaleur. Le Mal est le résultat de ce qui arrive quand l’homme n’a pas l’AMOUR de Dieu dans son coeur. Il est comme le froid qui vient quand il n’y a aucune chaleur ou l’obscurité qui vient quand il n’y a aucune LUMIÈRE. »

Le professeur s’assis, abasourdit d’une telle réponse. Le nom du jeune étudiant ?
Albert Einstein.