La prière et les larmes

Je connais des personnes qui pleurent facilement lorsqu’elles entendent dire de belles choses sur Dieu, ou lorsqu’elles partagent leur foi dans l’intimité d’une rencontre avec un ami croyant, ou qui pleurent parfois lorsqu’elles prient. C’est un don! On l’appelle « le don des larmes ». Parfois ce sont des larmes plus proches de la peine que de la joie, mais la peine que l’on éprouve quand l’on constate combien l’on est encore loin de Dieu ou du prochain, combien la perfection nous échappe.

Pas des larmes de culpabilité, mais des larmes où se manifeste le désir de la perfection spirituelle. Des larmes porteuses d’un certain désir de l’infini, de la grâce, et qui demandent à Dieu la force d’aimer davantage. Ce sont des larmes où la joie spirituelle n’est jamais absente malgré le sentiment de manque.

D’autres fois, ce sont des larmes où l’amour de Dieu pour nous et l’amour que l’on ressent pour Dieu est tellement grand que l’on en pleure de joie. On pleure de joie devant ce sentiment d’être tellement aimé, tellement chanceux de connaître Dieu et de vivre cette intimité en lui. Et l’on pleure. Pleurs de joie, pleurs de reconnaissance, pleurs devant la soif d’infini qui est en nous et que Dieu vient rassasier en son Fils Jésus Christ, en nous donnant à boire l’eau vive. Et pourtant, cette soif se renouvelle à chaque fois et devient encore plus profonde, plus sainte!

Voici un passage du Dialogue où Catherine de Sienne parle justement des larmes :

« Maintenant je t’ai dit comment la larme procède du coeur; le coeur la tend à l’oeil, l’ayant récoltée de l’ardent désir, comme le bois vert qui est dans le feu, qui par la chaleur de l’eau gémit, parce qu’il est vert – s’il était sec, non, il ne gémirait pas – ainsi le coeur, reverdi par le renouvellement de la grâce, en ayant retiré la sécheresse de l’amour propre qui dessèche l’âme. De sorte que sont unis feu et larmes, c’est-à-dire désir embrasé. Et comme le désir ne finit, jamais il ne se rassasie en cette vie, mais plus il aime, moins il lui semble aimer, et ainsi s’exerce le saint désir qui est fondé en charité, et avec ce désir l’oeil pleure. »

Un texte extraordinaire sur le « saint désir » qui fait pleurer, comme le bois vert dans le feu qui distille son eau. C’est un processus de communion à Dieu, mais aussi un processus de purification. Et quand nous nous serons laissés brûler par ce feu d’amour, nous en arriverons à ne plus faire qu’un avec le feu, avec le Dieu trois fois Saint; sans nous confondre, sans perdre notre personnalité, sans perdre même ce corps qui est le nôtre et qui nous suivra dans l’éternité.

8 Réponses

  1. Merci de ce splendide texte qui m’éclaire sur ce que je vis très souvent, et qui m’a longtemps posé problème pour m’adresser à des jeunes de l’Aumônerie dont je m’occupe. Il m’a longtemps semblé qu’être ému par Dieu en parlant de Lui pouvait être un contre-témoignage, jusqu’à ce que je lise un autre texte sur le don des larmes, et que je me laisse bouleverser. Alors seulement, les jeunes aussi commençaient à l’être, car ce que je répondais à leurs attentes importait sans doute peu, ce qu’ils voyaient était le seul témoignage. Alors nous pouvions entrer en prière, et j’ai vu de belles choses.

  2. salut tous je suis un grand séminariste au Cameroun et, je me me bats à mon niveau pour faire la volonté de Dieu. De ce fait, j’organise de temps à autre des neuvaines à la paroisse et aujourd’hui alors que nous sommes à la 3 journée de la miséricorde Divine pendant que je chantais ce chant:tout simplement devant toi, ma vie chantant devant toi comme un enfant devant toi; je viens te dire que je t’aime j ai commencé à couler des larmes j avais un désir profond, j’avais comme l’impression de porter une lourde responsabilité en moi et qu’il fallait faire prier mes frère et ceci l’image de la miséricorde était devant nous mon désire était prie d’avantage

  3. dite moi car parfois je ne sais ce qui m’arrive mon adresse junior.akono@ymail.com merci

  4. Je pense qu’il faut faire attention à la sensiblerie. Il ne faut pas confondre don des larmes et émotion sensible surtout en public. Se laisser bouleverser jusqu’à en pleurer n’a rien à voir avec l’Amour véritable très souvent se vit dans l’aridité et le désert.

    Sainte Catherine de Sienne est une très grande mystique que j’admire beaucoup. Elle a passé par de grandes purifications avant d’arriver au don des larmes qui n’avaient rien avoir avec nos sensibleries émotives que nous prenons trop souvent pour de l’Amour.

  5. « Et, oserons-nous le dire ? Cette heureuse source de larmes est, en quelque sorte, plus forte et plus puissante que les eaux du baptême. En effet, le baptême nous purifie des fautes dont nous sommes coupables avant de recevoir ce sacrement; mais le don des larmes nous purifie de toutes les fautes que nous pouvons ensuite commettre dans le cours de notre vie. Le baptême, que nous avons reçu dans notre enfance, nous avait conféré une grâce infiniment précieuse, et nous avait placés dans un état tout surnaturel; mais les péchés dans lesquels nous sommes misérablement tombés nous ont fait perdre cette grâce inestimable et cet heureux état; et le don des larmes nous fait recouvrer cette grâce et rétablit, en quelque sorte, notre baptême en nous. Avouons qu’ils seraient bien rares les hommes qui pourraient parvenir au salut, si Dieu, dans Son infinie Bonté, n’eût pas accordé ce don des larmes. »
    SAINT JEAN CLIMAQUE / L’Échelle sainte
    extrait du site Le moinillon

    • Merci au Seigneur pour le don des larmes, mais seul le sang de jésus- christ nous purifie de tout péché et seul le sacrifice du christ nous sauve .ou serait la Justice de Dieu qui ne sauverait que ceux qui ont le don des larmes.la repentance nous fait accéder à la grâce de Dieu.

  6. Lu et aimé hier sur le dominicain (décidément!) « Signe dans la Bible », cet extrait du commentaire de sœur Anne Lécu :

    « Ami lecteur, …

    Et chaque larme de tes yeux, recueillie une à une par notre Seigneur pour être unies à la source qui coule de son côté ouvert et qui irrigue, incognito, ce monde et ses habitants …

  7. je ne peut que dire merci à Dieu à d’autres il donne ses larmes, à d’autres sa joie, à d’autres ses peines, à d’autres ses blessures, à d’autres ses souffrances du coeur, à d’autres sa joie. Lisons st Paul nous comprendrons plus.

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