Réflexion pour le temps de l’Avent

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Pas étonnant, dit Dieu,
que notre histoire soit tissée de rendez-vous manqués!

Vous m’attendez dans la toute-puissance
et je vous espère dans la fragilité d’une naissance!

Vous me cherchez dans les étoiles du ciel
et je vous rencontre dans les visages qui peuplent la Terre!

Vous me rangez au vestiaire des idées reçues
et je viens à vous dans la fraîcheur de la grâce!

Vous me voulez comme une réponse
et je me tiens dans le bruissement de vos questions!

Vous m’espérez comme pain
et je creuse en vous la faim!

Vous me façonnez à votre image
et je vous surprends dans le dénuement d’un regard d’enfant!

Mais, dit Dieu, sous le pavé de vos errances,
un Avent de tendresse se prépare
où je vous attends comme la nuit attend le jour…

Francine Carrillo (Pasteur à Genève)

Petite topographie du temps de l’Avent

L’Avent est un temps qui nous permet de redonner sens à notre histoire en tournant nos regards vers la venue du Seigneur. Ce temps liturgique est une des richesses de la liturgie romaine. Il a son origine en Occident au VIe siècle. Ce temps liturgique veut introduire au mystère de Noël.

Du latin « adventus », qui signifie avènement, venue (proche de « Natale » : naissance, qui donnera « Noël »; proche également d’« Épiphaneia » , en grec : manifestation, qui donnera « Épiphanie »), c’est un temps qui nous invite à voir notre histoire comme un lieu d’enfantement, l’enfantement d’un monde nouveau, inauguré par la venue de Jésus en notre chair. Voici comment se présente chacun des dimanches de l’Avent :

  1. Chaque année, le 1er dimanche, nous invite à tourner nos regards vers l’achèvement, lors du retour du Seigneur à la fin des temps.
  2. Chaque année, le 2e dimanche est celui de l’entrée en scène de Jean-Baptiste. Il proclame qu’il est arrivé le temps de l’accomplissement des annonces prophétiques et qu’il faut préparer la route.
  3. Chaque année, le 3e dimanche, invitation à nous laisser envahir par la joie du Seigneur. Jésus est notre espérance.
  4. Chaque année, le 4e dimanche nous initie au mystère de Noël et nous fait voir de quelle façon inattendue se réalise l’accomplissement des promesses.

Homélie pour le troisième Dimanche de l’Avent 2012

Entre la préparation de cette homélie pour le troisième dimanche de l’Avent et notre rassemblement de ce matin, est survenue la terrible tragédie de Newtown au Connecticut où vingt enfants de six ans tout au plus, ainsi que dix adultes, ont été assassinés. Ils s’ajoutent à la longue liste des crimes contre l’enfance et la jeunesse de la terre. On se souvient de la Norvège l’année dernière, de Beslan en Tchétchénie, de la bande de Gaza, des écoles bombardées en Syrie, à l’attaque d’hier en Chine contre une école. C’est le massacre des saints innocents. Et que l’on ne nous dise pas que cette évocation dans les récits de l’enfance de Jésus n’est que fabulation. Notre actualité est la preuve vivante que de telles horreurs ont toujours existées.

Comprenons-nous maintenant pourquoi nos eucharisties insistent autant sur le péché, sur le pardon? Seigneur prend pitié. Ainsi, commençons-nous chacune de nos eucharisties, car nous sommes aux prises avec le mal et nous sommes engagés dans une lutte à finit avec lui, où nous savons que Dieu aura le dernier mot. Mais comment parler de joie chrétienne ce matin sans tenir compte du contexte où nous la célébrons.

Je ne puis que reprendre les mots que j’adressais aux étudiants et étudiantes rassemblés pour l’eucharistie après la terrible tragédie de Polytechnique (Montréal 1989) où 14 jeunes femmes avaient été assassinées. À leur question : « Mais où était Dieu? », je ne pouvais que répondre qu’en dépit du fait que notre espérance semblait se tenir au-dessus d’un abime, que Dieu était avec nous dans cette épreuve. Qu’il pleurait avec nous comme l’a fait Jésus devant la ruine éminente de Jérusalem, devant le tombeau de son ami Lazare, lors de sa nuit de veille à Gethsémanie. Dieu pleure avec nous quand ses enfants s’entretuent car nous sommes son bien le plus cher.

Et pourtant, malgré cette tragédie de Newtown, il nous faut parler plus que jamais de la joie chrétienne à laquelle nous invite notre liturgie aujourd’hui.

C’est Paul VI dans son encyclique sur la joie chrétienne qui écrivait que la joie chrétienne ce n’est pas de l’insouciance, mais une sagesse alimentée par les trois vertus théologales. Une assurance ferme que Dieu est avec nous et qu’il aura le dernier mot.

La joie chrétienne, c’est le bonheur de croire, parce que cette foi vient changer nos vies. Joseph Ratzinger dans son denier livre L’enfance de Jésus écrit ceci : « Jésus assume en lui toute l’humanité, toute l’histoire de l’humanité, et lui fait prendre un tournant décisif, vers une nouvelle façon d’être une personne humaine. »

Bien plus qu’une philosophie, être « Chrétien », c’est être « Du Christ », c’est appartenir au Christ, et donc être rempli de la joie même du Christ qui est capable de transfigurer une existence humaine jusque dans les situations les plus tragiques. 

Un jour Jésus a dit à ses apôtres après un enseignement : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. » (Jn 15, 11). C’est à cette joie que nous sommes appelés.

La joie chrétienne est de l’ordre d’une présence intime à nos vies qui donne force et courage dans la nuit de l’épreuve, dans la vie de tous les jours, et qui a sa source dans le Christ ressuscité.

C’est Jean-Paul II, moins de trois ans avant sa mort, lors de son Angelus du 14 décembre 2003, qui disait ceci:

« Une caractéristique incomparable de la joie chrétienne est que celle-ci peut coexister avec la souffrance, car elle est entièrement basée sur l’amour. En effet, le Seigneur qui ”est proche” de nous, au point de devenir un homme, vient nous communiquer sa joie, la joie d’aimer. Ce n’est qu’ainsi que l’on comprend la joie sereine des martyrs même dans l’épreuve, ou le sourire des saints de la charité face à celui qui est dans la peine : un sourire qui ne blesse pas, mais qui console. »

Bien sûr il est difficile de parler de joie à ceux et celles qui souffrent dans leur corps et dans leur âme. Pourtant, la joie est au rendez-vous dans l’Évangile. Elle frappe à la porte de nos souffrances physiques, morales et spirituelles, et elle nous invite au rendez-vous de Dieu. Cette joie transforme toute vie qui l’accueille.

Cette joie, c’est la foi qui nous fait goûter à l’amour du Père pour nous, qui vient nous redire en Jésus combien notre vie est précieuse et combien elle a du sens. Cette joie en fin de compte, est cette assurance ferme que Dieu aura le dernier mot en dépit des apparences trompeuses, des échecs et des violences subies.

Alors, comment cacherions-nous cette joie qui nous habite? Il faut nous la redire, la chanter, la célébrer, la proclamer; c’est tout le sens de nos liturgies. Et il faut surtout la rendre active, la partager avec tous ceux et celles qui souffrent, ou qui sont accablés parce qu’ils ne trouvent aucun sens à leur vie.

La joie chrétienne s’enracine dans un bonheur profond qui n’a pas peur des combats, qui n’a pas peur de se salir les mains, de se compromettre et de lutter comme l’a fait Jésus. Car tout bonheur n’a de sens que lorsqu’il est partagé.

 Alors relevons la tête, car notre salut est proche, il s’appelle l’Emmanuel, Dieu avec nous.

Yves Bériault, o.p.

Paroisse Saint-Dominique de Québec

Noël, un chemin d’humilité

christmas-mangerIl est bon de se rappeler qu’il y a dans l’année liturgique une pédagogie de la foi, un cheminement qui est proposée à toute l’Église. Elle nous propose tout d’abord une démarche annuelle, où se déploie le grand mystère de la foi de l’Église, et qui va de l’Avent à la fête du Christ-Roi que nous avons célébrée la semaine dernière. L’année liturgique nous propose aussi une approche cyclique sur trois années, qui nous amène, année après année, à repasser par les mêmes sentiers de foi, nous laissant ainsi apprivoiser par Dieu.

Si l’on tente maintenant de décortiquer l’année liturgique, l’on y discerne spontanément trois grands mouvements qui correspondent aux temps de Noël, de Pâques et du Temps Ordinaire. Mais quand on y regarde de plus près, ces trois temps de l’année liturgique semblent correspondre, à s’y méprendre, aux trois vertus théologales de la foi, l’espérance et la charité. Non pas que toutes ces vertus ne soient pas mises en évidence tout au long de l’année liturgique, mais les grands temps de l’année liturgique semblent insister davantage sur l’une ou sur l’autre de ces vertus, toutes étant bien sûr nécessaires pour entrer pleinement dans le mystère de la vie chrétienne.

Le temps ordinaire, celui qui occupe la plus large part de l’année liturgique, est loin d’être « ordinaire ». Je le dirais consacré à la charité, à la mise en oeuvre quotidienne de l’amour, manifestée par les paroles, les gestes et la personne même de Jésus, Lui qui accomplit les œuvres du Père et qui nous révèle son visage : « Qui m’a vu a vu le Père » , dit Jésus. Le temps ordinaire de la liturgie est une invitation à faire nôtre sa mission, afin que par nos gestes et nos paroles, l’amour et la tendresse du Père soient à nouveau manifestés en notre monde. Le temps ordinaire, c’est l’aujourd’hui de Dieu, l’aujourd’hui de l’Évangile et de l’Église.

Le Carême et le temps pascal eux me semblent davantage consacrés à la vertu de foi. C’est un temps qui invite à croire, à croire sans réserve. Une invitation à suivre le Christ dans sa mort-résurrection et à proclamer avec les Apôtres que ce Jésus qui a été crucifié, Dieu l’a ressuscité des morts. Carême et temps pascal sont ces temps de l’année où nous retournons aux sources de notre foi et où, à la fête de Pâques, sommet de l’année liturgique, nous proclamons que ce Jésus, Dieu l’a fait Christ et Seigneur. « Heureux ceux qui croiront sans avoir vu! » dit Jésus. C’est à cette foi audacieuse que nous invitent le Carême et le temps pascal.

Le temps de l’Avent lui, ce temps que nous inaugurons aujourd’hui, est tout entier consacré, il me semble, à l’espérance. Cette vertu que le poète Péguy appelait la plus petite des trois vertus, mais dont il disait aussi que c’est elle qui entraîne ses deux grandes soeurs, la foi et la charité, et qui, sans l’espérance, ne seraient rien. Car c’est l’espérance qui mène le monde et qui rend les humains capables de s’ouvrir au Mystère de leur existence. C’est le philosophe Héraclite d’Éphèse qui disait « Sans l’espérance jamais vous ne rencontrerez l’inespéré ».

C’est pourquoi le temps de l’Avent, première halte dans l’année liturgique, vient dresser sur l’horizon de nos attentes humaines une toute petite lueur. Elle a les dimensions d’un berceau, mais elle est capable d’embraser tout l’univers. Et pourtant, elle est toute contenue dans le mystère de cette étable de Bethléem vers laquelle nous nous mettons en marche aujourd’hui. Mystère de l’humilité et de la petitesse de Dieu qui se donne sans jamais s’imposer à nous. C’est le jésuite Jean-François Varillon qui écrivait : « L’humilité, est vraiment l’aspect le plus radical de l’amour. »

Et c’est quand l’être humain est capable de reconnaître sa fragilité qu’il peut s’ouvrir au mystère de la vie qui l’entoure. Car, nous le savons, notre chair est humiliée. Humiliée parce que la vie est éphémère, sans cesse menacée dans ses bonheurs fragiles, ses bonheurs d’occasions. Menacée par la haine, par les guerres et la violence, par la maladie et par la mort. Et pourtant la vie est le don le plus précieux que nous ayons, et parfois on voudrait pleurer de joie tellement la vie est belle, tellement son soleil est radieux. Certains moments de la vie, nous font parfois entrevoir, l’espace d’un instant, comme un sentiment d’éternel printemps, dans lequel on voudrait s’arrêter pour toujours. Des poètes en ont parlé, des mystiques aussi…

La vie appelle vers un ailleurs, qui semble caché au plus profond d’elle-même. C’est ce que le Père a voulu nous révéler en nous envoyant son Fils. Que Dieu se soit fait homme en son Fils, qu’il ait prit notre chair afin de marcher sur nos routes, endurant comme nous la chaleur du jour, ne jouant pas à l’homme, mais assumant pleinement notre condition humaine jusque dans ses derniers retranchements, la mort, tout cela annonce une nouvelle présence de Dieu à notre monde. C’est le mystère de Noël.

Le mystère de Noël, c’est Dieu déjà qui se livre une première fois entre nos mains. En attendant la croix, il est couché dans une mangeoire, emmailloté, offert à notre contemplation. Et là, dans cette vie humaine naissante, fragile et vulnérable, s’offre à nous l’espérance du monde présent et à venir, le Christ, le Fils de Dieu, Dieu lui-même, qui vient allumer au coeur de notre nuit une soif d’infini et qui nous ouvre le chemin qui y conduit.

Pas étonnant qu’en ce temps de l’année, plus qu’à n’importe quel autre, les gens aient le goût de décorer, de revêtir les villes et les villages de lumières et de couleurs flamboyantes. Ils ont envie de donner d’eux-mêmes sans compter, d’être une fois pour toutes, bonté et générosité, comme si leur coeur saisissait à l’approche de Noël sa véritable vocation. Non, les indices ne trompent pas. C’est la petite vertu espérance qui fraie son chemin depuis cette étable de Bethléem et qui illumine la nuit des temps et qui nous rassemble aujourd’hui en cette église.

Écoutons Charles Péguy :

Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’espérance.
Et je n’en reviens pas.
Cette petite espérance qui n’a l’air de rien du tout.
Cette petite fille espérance.
Immortelle.
Car mes trois vertus, dit Dieu.
Les trois vertus mes créatures.
Mes filles mes enfants.
Sont elles-mêmes comme mes autres créatures.
De la race des hommes.
La Foi est une épouse fidèle.
La Charité est une Mère.
Une mère ardente, pleine de coeur.
Ou une soeur aînée qui est comme une mère.
L’Espérance est une petite fille de rien du tout.
Qui est venue au monde le jour de Noël de l’année dernière.
Qui joue encore avec le bonhomme Janvier.
Avec ses petits sapins en bois d’Allemagne couverts de givre peint.
Et avec son boeuf et son âne en bois d’Allemagne.
Peints.
Et avec sa crèche pleine de paille que les bêtes ne mangent pas.
Puisqu’elles sont en bois.
C’est cette petite fille pourtant qui traversera les mondes.
Cette petite fille de rien du tout.
Elle seule, portant les autres, qui traversera les mondes révolus.
Comme l’étoile a conduit les trois rois du fin fond de l’Orient.
Vers le berceau de mon fils.
Ainsi une flamme tremblante.
Elle seule conduira les Vertus et les mondes.
Une flamme percera des ténèbres éternelles.

Le Porche du mystère de la deuxième vertu, 1917, Paris, Gallimard, 1929

La joie de Noël

Le temps de Noël nous sollicite de bien des manières, comme aucune autre période de l’année. Noël a marqué l’imaginaire des peuples, partout où le christianisme est passé, même là où la foi au Christ ne semble être qu’un vague souvenir. Les gens aiment se mettre le coeur en fête en ce temps de l’année, comme si un appel lointain retentissait même dans les cœurs les plus endurcis, comme si le temps de Noël nous appelait à nous ouvrir à un don venant du ciel.

Le temps de Noël évoque à la fois une ambiance festive et joyeuse, où l’on se surprend à vouloir décorer nos villes et nos villages. Cette joie des fêtes semble indissociable d’une fête de la lumière, comme si au coeur de nos nuits, l’on attendait la venue de quelqu’un, de quelque chose d’extrêmement précieux.

Le temps de Noël évoque aussi un sentiment assez unanime d’entraide à l’endroit des plus démunis. Comme si la joie et la charité se donnaient rendez-vous à l’occasion de la naissance du sauveur. Il ne faut pas avoir peur de ce mot charité, qui vient du mot latin caritas qui désigne ce qui est « cher », ce qui coûte. La charité c’est l’amour parfait qui vient de Dieu et que nous sommes appelés à imiter, à faire preuve d’un amour qui coûte. Et cela nous le constatons autour de nous, en tout temps de l’année, mais le temps de Noël semble susciter encore plus cet élan du coeur qui se veut sensible au prochain.

Pour nous chrétiens, que joie et charité se conjuguent n’est pas quelque chose de surprenant. Bien sûr l’on pourrait reprendre la parole de Jésus qui dit qu’il y a beaucoup plus de joie à donner qu’à recevoir. Mais la joie chrétienne qui est intimement liée à la fête de Noël nous entraîne infiniment plus loin.

Bien sûr, il est difficile de parler de joie à ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur âme et pourtant voilà ce que nous apporte l’Emmanuel. Nous sommes invités à entrer dans sa joie. Jésus est venu parmi nous afin que l’amour de Dieu habite en nous. N’a-t-il pas dit : « Père, je leur ai révélé ton nom… afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux. » Jésus nous engage sur le sentier de la joie évangélique en mettant l’amour de Dieu au coeur de nos vies par le don de l’Esprit Saint. Et cette joie qui nous fait demeurer dans l’amour de Dieu commence dès ici bas. N’est-ce pas la Vierge Marie qui répond à la bonne nouvelle de l’Ange en s’écriant : « J’exulte de joie en Dieu mon Sauveur! »

Oui, la joie est au rendez-vous dans l’Évangile. Elle frappe à la porte de nos souffrances physiques, morales et spirituelles et elle nous invite au rendez-vous de Dieu, l’Emmanuel parmi nous!

Une espérance têtue!

Notre Dame de l'Avent

Notre Dame de l'Avent

« Convertissez-vous, préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. » Ces consignes évangéliques ne sont pas nouvelles pour nous. Chaque année, et tout au long de l’année, elles nous sont répétées, afin de nous rappeler les exigences de la suite de Jésus Christ. Elles nous sont rappelées de peur que nous nous arrêtions en chemin, que nous oublions quelle espérance têtue et obstinée doit nous animer dans notre vie de foi de tous les jours. Car notre foi est une foi qui espère! La liturgie est une pédagogue et le temps de l’Avent se présente à nous comme une mise en scène liturgique qui veut nous aider à découvrir combien est belle cette espérance qui doit nous habiter à cause de la venue du Fils de Dieu en notre monde.

Le temps de l’Avent vient nous aider à approfondir cette joie qui doit être la nôtre au moment de célébrer la naissance du Sauveur. Car il n’y a pas de plus grand bonheur que d’entrer dans cette connaissance de Dieu qui nous est donnée avec la venue de son Fils. C’est là le cœur de notre foi. Et l’Avent nous prépare à cette fête en nous rappelant par les textes de la Parole de Dieu, combien grande était l’attente du Messie avant qu’il se manifeste à Bethléem, dans une étable. Le temps de l’Avent vient nous dire que cette espérance, il nous faut la vivre dans le quotidien de nos vies, et ce, jusqu’à ce que le Seigneur Jésus revienne à la fin des temps, car il ne cesse de se donner à nous chaque jour.

Le monde a-t-il vraiment changé depuis cette nuit de Bethléem? Est-ce que la venue du Christ a véritablement changé le visage de notre terre? Nous ne savons pas comment aurait évolué notre monde sans cette influence déterminante du christianisme sur l’histoire et la pensée humaine, mais ce que nous savons, c’est que la suite du Christ a transformé radicalement la vie d’une multitude d’hommes et de femmes au cours des siècles, qui ont pris sur eux-mêmes, au nom de l’Évangile et de leur amour de Dieu et du prochain, de transformer cette terre, d’inaugurer des relations de paix, de justice et de miséricorde partout où ils passaient.

Il ne s’agit pas ici d’une espérance « à la petite semaine », d’une espérance facile et béate. Elle est profonde comme la mer cette espérance à l’image de la connaissance du Seigneur qui nous est promise. Cette espérance, elle est de tous les combats, de toutes les luttes, et c’est elle qui nous rend capables de nous engager, de nous aimer les uns les autres, de pardonner, de changer nos cœurs, de recommencer quand tout s’écroule, de reconstruire… C’est cette espérance têtue et obstinée que nous demandons au Seigneur de renouveler en nous en ce temps de l’Avent.