Jésus et le Publicain Mathieu

1er samedi du temps ordinaire 2026

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 2, 13-17

En ce temps-là,
    Jésus sortit de nouveau le long de la mer ;
toute la foule venait à lui,
et il les enseignait.
    En passant, il aperçut Lévi, fils d’Alphée,
assis au bureau des impôts.
Il lui dit :
« Suis-moi. »
L’homme se leva et le suivit.
    Comme Jésus était à table dans la maison de Lévi,
beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts)
et beaucoup de pécheurs
vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples,
car ils étaient nombreux à le suivre.
    Les scribes du groupe des pharisiens,
voyant qu’il mangeait avec les pécheurs et les publicains,
disaient à ses disciples :
« Comment ! Il mange avec les publicains et les pécheurs ! »
    Jésus, qui avait entendu, leur déclara :
« Ce ne sont pas les gens bien portants
qui ont besoin du médecin,
mais les malades.
Je ne suis pas venu appeler des justes,
mais des pécheurs. »

COMMENTAIRE

Dans ses paroles comme dans ses gestes, dans ses choix comme dans ses prises de position, Jésus nous adresse toujours une parole vivante, une parole pour aujourd’hui. L’appel de Matthieu, le publicain, en est une illustration frappante. À travers ce regard posé sur un homme que tous méprisaient, Jésus nous révèle le vrai visage de Dieu : un Dieu personnel, libre, qui ne se laisse enfermer ni par les cadres humains ni par nos catégories. Un Dieu qui donne à qui il veut, comme il veut, et qui rejoint chacun là où il se trouve. Les lois et la morale sont nécessaires, certes, mais elles ne peuvent jamais limiter la liberté de l’amour de Dieu. Car notre Dieu est un Dieu avec nous, un Dieu qui marche à nos côtés.

Tout au long de sa vie, Jésus n’a pas hésité à bousculer les interprétations légalistes de la foi de son temps. Il s’est souvent opposé à ceux qui faisaient de la loi une fin en soi, rappelant sans cesse que la liberté et la dignité de la personne humaine sont au cœur de la relation à Dieu. Pour lui, l’essentiel passe avant le rite, la personne avant la règle, la miséricorde avant le jugement. C’est dans cet esprit qu’il a appelé ses disciples, et c’est sur ce chemin que l’Église naissante a été invitée à s’engager.

Et si Jésus revenait aujourd’hui, ne l’entendrions-nous pas redire, sur nos places publiques, que l’Église est faite pour l’homme et non l’homme pour l’Église ? Lui, le Serviteur de tous, nous rappellerait que l’Église, son Corps, n’existe que pour servir l’humanité : pour l’aider à grandir, à devenir pleinement elle-même, à avancer sur les chemins de l’humanisation, de la paix, de la justice et de la dignité.

Jésus nous redirait, comme dans l’Évangile de ce jour : « Ce que je veux, c’est la miséricorde. » Il nous inviterait à poser sur le monde et sur nos frères et sœurs le même regard de compassion et de patience que Dieu pose sur chacun de nous. Voilà le chemin incontournable de l’annonce de l’Évangile, hier comme aujourd’hui. Voilà la mission qui nous est confiée.

Fr. Yves Bériault, o.p.

Une Réponse

  1. Merci pour ce veau commentaire … qui nous rejoint.

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