Le Credo et l’amour

Un lecteur m’a confié qu’il lui était difficile d’adhérer au Credo, et du fait même à l’Église, car il n’y était pas affirmé explicitement que Dieu est Amour. Voici ma réponse :

Je vais vous citer Simone Weil qui a cette remarque pleine d’à-propos dans une lettre au Père Perrin :

« Quand d’authentiques amis de Dieu – tel que fut à mon sentiment maître Eckhart – répètent des paroles qu’ils ont entendu dans le secret, parmi le silence, pendant l’union d’amour, et qu’elles sont en désaccord avec l’enseignement de l’Église, c’est simplement que le langage de la place publique n’est pas celui de la chambre nuptiale. » (Weil, Simone. Oeuvres. Quarto Gallimard, 1999. p.778.)

Peut-être en a-t-il été ainsi quand l’Église a voulu professer sa foi dans un Credo au tout début du christianisme. Il faut chercher derrière les mots. Il y est question d’un Dieu « Père », « créateur », d’un fils unique qui souffre, qui meurt crucifié, de la communion des saints, de la vie éternelle. Vous voyez : tout cela me parle d’amour. C’est un Credo qui remonte au deuxième siècle de l’Église alors qu’elle était encore une enfant.

Il faut lire ce Credo en lisant la vie de Jésus dans les Évangiles, en lisant les plus belles paroles jamais écrites sur l’amour de Dieu dans les textes de saint Jean. Le Credo de l’Église c’est aussi tout cela, et c’est à la lumière de ces textes qu’il prend vie.