Homélie pour le dimanche de Pâques (A)

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Frères et soeurs, en ce matin de la résurrection, nous nous tenons éblouis devant un tombeau vide. Un tombeau à la porte grande ouverte, irradiant la lumière de Pâques. L’évangéliste Jean a cette phrase laconique au sujet du disciple bien-aimé qui se tient là avec nous : « Il vit et il crut ! ». Comme si ce tombeau vide était le dénouement logique de ce long compagnonnage avec Jésus ; un tombeau vide confirmant en quelque sorte la profondeur du mystère qui animait Jésus. C’est à ce regard de foi que nous sommes conviés ce matin.

« Il vit et il crut ! » Cet acte de foi du disciple bien-aimé est d’autant plus étonnant compte tenu de la fin tragique de Jésus. C’est le grand spirituel d’ici, Fernand Ouellette, qui écrivait :

« Les évangélistes, faut-il le redire, rapportaient une mort infamante de Jésus sur la croix qui ne pouvait qu’accabler, humilier tout disciple par sa forme d’échec impitoyable. Ce que tout écrivain fabulateur, mythologisant n’aurait jamais voulu imaginer. On n’invente pas Jésus Christ, il a trop d’exigence, et une croix trop lourde et râpeuse pour nos épaules. En somme, nos témoins rapportaient ce qui aurait dû empêcher la naissance et l’expansion du christianisme, s’ils n’avaient pas voulu témoigner particulièrement des faits et de la foi ardente qu’ils avaient en Jésus ressuscité, Messie et Seigneur, seule voie vers le Père. »

Aujourd’hui, deux mille ans plus tard et quelques poussières, c’est cette même foi qui nous nous rassemble et nous fait vivre. Un philosophe grec (Héraclite) disait un jour : « Si tu ne sais pas espérer, tu ne pourras jamais accueillir l’inespéré. »

En cette fête de Pâques, qui est la mère de toutes les fêtes, de toutes les attentes au cœur de la vie des hommes et des femmes de ce monde, nous proclamons que l’inespéré s’est fait chair, que le Fils du Père a habité parmi nous, et qu’il est lui le grand vainqueur de la mort. Tant qu’à nous qui sommes ses disciples, nous affirmons que nous avons reconnu sa présence au cœur de nos vies. Nous avons vus nous aussi et nous avons crus. La pierre qui retenait la vie a été roulée sur le côté. La vie qui était captive de la mort a été libérée de ses entraves, et Jésus est devenu notre éternel printemps.

Réjouissons-nous frères et sœurs ! Rendons grâce à Dieu en ce jour de Pâques ! Car Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! Amen !

fr. Yves Bériault, o.p.
Dominicain. Ordre des prêcheurs