Jésus et les deux aveugles

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Homélie pour le premier vendredi de l’Avent 2018

Is 29, 17-24; psaume 26 (27), 1, 4abcd, 13-14; Mt 9, 27-31

« Le Seigneur est ma lumière et mon salut;
de qui aurais-je crainte ? »

Du fond de sa prison, le pasteur protestant Dietrich Bonhoeffer écrivait : « Dieu réalise en nous non pas tous nos désirs, mais toutes ses promesses. » À travers toutes ces situations de détresse que nous traversons et que nous présentons à Dieu dans la prière, Dieu se fait encore plus proche de nous. Il nous guide et nous soutien à travers ces épreuves afin que l’obscurité ne l’emporte pas sur la lumière, et c’est ainsi que se construit peu à peu celui que saint Paul appelle « l’homme spirituel. »

La Parole de Dieu en ce jour est toute tendue vers la réalisation des promesses de Dieu qu’évoque le prophète dans notre première lecture. Bien sûr, quand on entend Isaïe, notre regard se porte vers un avenir qui semble nous échapper encore. Et pourtant, à la lumière de notre foi en Jésus Christ, nous croyons que ces promesses d’un temps béni où les sourds entendront les paroles du livre, où les aveugles sortiront de l’obscurité et des ténèbres, où les humbles se réjouiront, où les malheureux exulteront, et où ce sera la fin des tyrans, nous croyons que ces promesses sont déjà en voie de réalisation. C’est le déjà-là et le pas-encore du Royaume de Dieu.

Ces promesses se réalisent chaque fois que le cœur d’une personne se tourne vers Dieu, ne serait-ce que l’aveugle, le malheureux, ou encore le tyran en moi. La rencontre du salut de Dieu n’a jamais cessé de se manifester sur notre terre, et l’évènement Jésus Christ en est la manifestation la plus explicite, la plus éclatante, la plus achevée. En lui, par lui et avec lui, Dieu poursuit son œuvre créatrice en multipliant pour ses enfants les sources d’où la lumière peut enfin jaillir et ainsi transformer nos vies, tels ces deux aveugles dans l’évangile, tel ce psalmiste qui bien des siècles avant Jésus Christ s’écriait :

« Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? »

C’est pourquoi quand nous marchons avec Dieu dans la confiance, Dieu alors peut vraiment être Dieu dans nos vies et réaliser peu à peu en nous ses promesses de salut. La lumière du matin de Pâques peut alors illuminer nos ténèbres, guider nos pas, guérir nos blessures et nous faire grandir dans l’amour et la connaissance de Dieu. Et nous donner d’affirmer avec foi nous aussi :

« Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? »

fr. Yves Bériault, o.p.
Dominicain. Ordre des prêcheurs

 

2 Réponses

  1. Notre abandon entre les bras de notre Père est à la fois un acte de foi mais aussi un signe d’amour envers notre Père qui fait tout pour ses enfants.

    • Le « Fiat » de Marie est aussi un exemple qui transcende les temps. Ce « Fiat » annonce la rédemption par sa simplicité et clarté. C’est une réponse à Dieu comme Adam ou Eve aurait fait tout simplement au jardin d’Éden, avant la chute.

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