Une rupture symbolique

Le quotidien LE FIGARO souligne dans son édition du 23 mars que si le voyage du pape en Afrique a été un franc succès, « en Occident, en revanche, c’est un autre voyage de Benoît XVI qui a été perçu. Comme s’il y avait eu deux voyages, l’un réel, avec les Africains, l’autre ­virtuel pour les Occidentaux. Ce qui a aussi provoqué une rupture symbolique, dont deux sondages publiés ce week-end en France donnent une idée : 43 % des Français seraient pour «le départ du Pape» selon le Journal du dimanche et 55 % auraient une «mauvaise opinion» de lui, selon Le Parisien.

Sauf que ces deux sondages ont fait réagir l’opinion sur des propos mal interprétés de Benoît XVI dans le contexte déjà chargé des affaires Williamson et de l’avortement brésilien. Le premier propos portait sur le sida et le préservatif. En isolant de son contexte une phrase, des agences de presse ont fait dire au Pape qu’il pensait que «le préservatif aggravait le problème du sida» alors qu’il mettait plutôt en doute l’efficacité des campagnes uniquement fondées sur le préservatif. Dans une seconde dépêche, une phrase du Pape contre l’avortement a été interprétée comme «un refus de l’avortement thérapeutique» alors que le Pape n’en a absolument pas parlé et que l’Église le permet dans certains cas, comme l’a expliqué le Vatican dimanche.

Si la presse a sa responsabilité, beaucoup de spécialistes qui suivent ce voyage se sont toutefois demandés pourquoi le Vatican et le Pape traitaient de sujets aussi graves que le sida ou l’avortement en aussi peu de mots et aussi peu de temps. »

(Voir l’article du FIGARO)

Benoît XVI et le sida. La citation complète

(Source : Le Point.fr)

Le pape Benoît XVI a demandé les soins gratuits pour les malades du sida dès son arrivée à l’aéroport de Yaoundé au Cameroun, mardi après midi. Un appel qui a reçu très peu d’écho. Il appelle les Africains à la responsabilité dans la lutte contre le sida. Les médias ont passé sous silence ce passage de sa conférence de presse dans l’avion de Rome à Yaoundé. Mais ce que la presse a retenu, ce sont des propos prêtés au pape. Ci-dessous le texte intégral de la déclaration. Voici la question du journaliste et la réponse de Benoît XVI, dans son contexte.

Question – Votre Sainteté, parmi les nombreux maux qui affligent l’Afrique, il y a également en particulier celui de la diffusion du sida. La position de l’Eglise catholique sur la façon de lutter contre celui-ci est souvent considérée comme n’étant pas réaliste et efficace. Affronterez-vous ce thème au cours du voyage ? Benoît XVI – Je dirais le contraire : je pense que la réalité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est précisément l’Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses différentes réalités. Je pense à la Communauté de Sant’Egidio qui accomplit tant, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, aux Camilliens, à toutes les religieuses qui sont à la disposition des malades… Je dirais qu’on ne peut pas surmonter ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. Si on n’y met pas l’âme, si on n’aide pas les Africains, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d’augmenter le problème. La solution ne peut se trouver que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l’un avec l’autre, et le deuxième, une véritable amitié également et surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de renoncements personnels, à être proches de ceux qui souffrent. Tels sont les facteurs qui aident et qui conduisent à des progrès visibles. Je dirais donc cette double force de renouveler l’homme intérieurement, de donner une force spirituelle et humaine pour un juste comportement à l’égard de son propre corps et de celui de l’autre, et cette capacité de souffrir avec ceux qui souffrent, de rester présents dans les situations d’épreuve. Il me semble que c’est la juste réponse, et c’est ce que fait l’Eglise, offrant ainsi une contribution très grande et importante. Nous remercions tous ceux qui le font.

Comment réagissez-vous à cette déclaration?