Autres échos épiscopaux

En plus de la désapprobation de l’épiscopat brésilien à l’endroit de leur confrère qui avait excommunié la mère de cette jeune fille de neuf ans qui avait subi un avortement après un viol, un évêque suisse fait entendre sa voix :

Excommunication : l’Église ne doit plus utiliser cette sanction, estime Mgr Farine

Mgr di FALCO, évêque de Gap, sur l’excommunication au Brésil

Mgr Rino Fisichella, président de l’Académie pontificale pour la vie (ZENIT NEWS)

Texte complet de Mgr Fisichella

J’attends toujours une réaction des évêques du Québec. En attendant, voici la méditation du jour tirée du livre de l’Apocalypse et qui se rapporte au message de l’ange à l’église de Laodicée :

« Mais parce que tu es tiède, et ni froid ni chaud, je te vomirai de ma bouche ».
Ap 3, 16

Excommunication au Brésil : plusieurs évêques français élèvent la voix

Enfin, des voix s’élèvent chez les évêques de France, et les évêques d’ailleurs, au Brésil en particulier, en réaction à cette histoire d’excommunication de la mère d’une fillette de neuf ans. Je lève mon chapeau à l’épiscopat français, et je tiens à rappeler que la bêtise d’un prélat romain ou d’un évêque ne peut servir de prétexte à jeter le discrédit sur toute l’Église.

J’aimerais voir s’élever des voix aussi courageuses chez nos évêques du Québec.

Voir l’article dans le journal La Croix.

Voir aussi :

Communiqués des évêques de Nevers, Cahors et de la Mission de France

Lettre ouverte de Mgr Daucourt, évêque de Nanterre

Honte au Vatican

Voilà le message que j’aurais envie parfois de transmettre aux différentes autorités de l’Église, au Vatican en particulier, lorsque l’on entend à tout propos des déclarations sur tout et sur rien, surtout en ce qui touche le sexe, ce mot « honteux » pour certains ecclésiastiques.

Car vous remarquerez que bien souvent la morale de l’Église semble obsédée par cette question du sexe : divorcés remariés (ils couchent ensemble!), contraception (encore le sexe!), homosexualité (le sexe, bien sûr). Non pas qu’il faille tout accepter sans critiques, sans mises en garde, mais qui a donné à l’Église le rôle de garde-chiourme de l’humanité?

Son rôle est d’annoncer l’Évangile et de témoigner de la compassion et de la proximité du Christ avec notre humanité, non pas d’imposer une morale à coup d’interdits et d’excommunications. Jésus aimait bien la compagnie des pécheurs, des prostituées et des publicains. Qu’avez-vous fait de son message?

L’Église ne va nulle part en se définissant sans cesse comme une sorte de procureur de la Couronne qui aurait la charge de mener les accusés en prison. Ce n’est pas cette Église-là que le Christ est venu annoncer et ce n’est pas celle en laquelle je crois.

Comment se fait-il que ces questions ne semblent jamais faire autant de vagues dans la communion anglicane ou chez les Orthodoxes? Quelle est cette obsession qui semble animer tant de gens dans l’Église catholique, où la morale passe toujours avant l’amour et l’accueil de l’autre dans sa misère?

Ce qui me fait réagir aussi durement ce matin sur ce blogue est le cas de cette fillette de neuf ans, dont la mère a demandé qu’elle se fasse avorter après un viol, et dont l’Évêque de Recife (Brésil) a eu la bonne idée d’excommunier, appuyé au Vatican par le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la Congrégation pour les évêques. Vous pouvez lire l’article dans le journal La Croix.

Il est tellement difficile d’être catholique dans notre monde, qu’on n’a pas besoin de ces interventions de prélats qui ressemblent davantage à des surmois ambulants, qu’à des messagers de la bonne nouvelle de Jésus Christ.

Parlez-nous plutôt d’amour. Parlez-nous de l’amour de Dieu, du message extraordinaire de l’évangile du Christ, de justice sociale, de l’égalité de tous devant Dieu et devant les hommes. Soyez aux barricades, chers prélats, quand surviennent des guerres, des désastres et des génocides. N’ayez pas peur de vous salir les mains et vos soutanes. Mettez de côté votre superbe et devenez de véritables serviteurs. J’ai vécu à Rome, je sais ce dont je parle.

J’aimerais entendre plus souvent votre indignation devant ce qui se passe au Darfour et au Zaïre, avec leurs millions de morts. J’aimerais vous entendre plus souvent, et vous voir agir concrètement, lorsqu’il est question des enfants-soldats, des pauvres et des marginaux de nos sociétés, de la condition de la femme dans de nombreux pays, de la faim pour le quart de notre humanité. Dieu merci, de nombreux chrétiens et chrétiennes sont déjà à pied d’œuvre, dont de nombreux prêtres et évêques, j’en conviens. Mais faites donc de même, chers prélats, et laissez tranquilles cette mère et sa fillette de neuf ans. Elles ont déjà assez souffert.

Ce matin, en lisant les journaux, vous m’avez fait honte, ainsi qu’à des millions de catholiques!