Le visage de l’Église

Pour plusieurs, avec l’affaiblissement, sinon l’affaissement de l’Église du Québec, une époque est passée à l’histoire. On parle de l’Église au passé, à travers ses musées, ses monuments et ses églises vides. Un certain révisionnisme historique se manifeste sans cesse lorsque l’on parle de l’Église au Québec, comme si tout n’avait été que ténèbres et soumission, comme si notre histoire s’était faite sans elle ou malgré elle. La cause est entendue et jugée, et avec les années qui passent, le jugement de l’Histoire se fait de plus en plus sévère, il me semble. Quand verrons-nous le travail d’historiens capables d’une véritable distance critique?

Une série télévisée à Télé-Québec se propose de faire l’analyse de ce passage de l’Église vers l’oubli au Québec, série dont je n’ai vu que la première heure, mais qui est bien déprimante pour un catholique. Comme si l’on assistait à l’autopsie d’un être cher. Le réalisateur se présente comme un non-croyant et il faudra voir s’il sera capable d’aller au-delà du visage folklorique de l’Église que certains aiment bien entretenir. Néanmoins, je me propose d’écouter l’ensemble de cette série, car il est important d’être à l’écoute de ceux et celles qui nous regardent et qui nous jugent de l’extérieur.

L’analyse d’Alexis de Tocqueville sur l’univers de la politique, et qui date de 1856, pourrait fort bien s’appliquer au Québec et son divorce avec l’Église :

« Un peuple qui a supporté les lois les plus écrasantes, les repousse avec violence justement quand leur poids commence à s’alléger. Le moment le plus dangereux pour un gouvernement despotique est celui où il commence à se réformer. Seul un grand génie pourrait sauver un prince qui se prépare à libérer ses sujets après une longue oppression. Le mal, patiemment supporté tout le temps qu’il semble inévitable, devient intolérable dès que leur traverse l’esprit, l’idée qu’ils peuvent s’en libérer. Tout abus en moins souligne ceux qui restent encore. Le mal, c’est vrai, est diminué, mais la sensibilité grandit. »

Qu’en est-il de l’Église dans votre pays, chers lecteurs et lectrices?

Une Réponse

  1. Nous ne devons pas déprimer, même si ce n’est pas facile !
    Hier, a une rencontre entre chrétiens, où nous avons évoqué la difficulté de la transmission de la foi aux jeunes générations quelqu’un a dit, à la fin de la rencontre :
    « Mais qui sera, dans ce territoire (rural) où nous vivons, l’Église de demain si même les enfants de chrétiens engagés ne se sentent pas concernés ? »

    Personnellement, je pense qu’il ne nous appartient pas de donner une réponse et je crois que l’Esprit fera quelque chose de demain.

    Mais ce n’est pas aussi facile qu’autrefois… de vivre aujourd’hui dans un pays sécularisé.

    Et il me semble qu’il y a beaucoup a inventer, concrètement, surtout dans les zones rurales qui se désertifient « au niveau des structures de l’Église ». (moins de prêtres, paroisses de plus en plus grandes, distances de plus en plus longues, paroissiens actifs vieillissants, bien moins de propositions et d’activités ecclésiales qu’en ville, …)

    Et les tous petits noyaux de chrétiens qui resteront, de ci de là ?

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