Dieu et la violence

Comme moi vous n’êtes sans doute pas indifférents à ce déferlement de violence entourant les caricatures du prophète de l’Islam. Un sentiment d’inquiétude monte en moi. Certains admirent la détermination et la conviction avec lesquelles le monde musulman défend sa religion, mais moi j’en éprouve un profond malaise.

Que la violence soit si manifeste et naturelle devant ce que l’on considère être un blasphème m’interroge sur ce rapport de l’Islam avec la violence. Quel Dieu mérite que l’on tue pour lui? J’ai le sentiment d’être plongé dans une dynamique propre à l’Ancien testament où la foule se déchaîne, où l’on lapide et l’on tue. Le tout au nom de Dieu. Étrange n’est-ce pas?

Non pas que la violence ne soit pas aussi le lot de certains groupes se disant chrétiens, mais habituellement ce ne sont pas des motifs religieux qui les animent et leurs actions ne peuvent trouver aucun appui dans les enseignements de Jésus. Mais dans le cas présent, il n’y a aucun doute, même si les extrémistes profitent de la situation, ce sont bien de fervents musulmans qui portent leur indignation à un point limite, un point de cassure avec le monde occidental.

Par ailleurs, j’ai le sentiment, à voir certaines entrevues à la télévision, que bien des musulmans se sentent obligés d’entériner ce qui se passe actuellement, sinon ils seraient considérés comme de mauvais musulmans. Et ici s’exprime aussi un profond malaise quant au rapport entre religion et liberté. Ces deux concepts ne semblent pas pouvoir coexister facilement dans l’Islam.

J’ai l’impression parfois que cette religion est entraînée dans un cycle de violence inexorable et nul ne sait où il s’arrêtera. Tout cela pour Dieu! Quels lendemains nous réserve l’Islam et son rapport au monde moderne? Je ne puis m’empêcher de croire et de souhaiter que bien des musulmans doivent être attristés devant ce qui se passe présentement. Il faut prier les uns pour les autres.