L’avenir de l’Église

Je ne puis parler que de mon coin de pays, mon petit coin d’Église. Je sais que la réalité est à géométrie variable selon le lieu où le soleil se couche sur l’Église, mais ici où j’habite, les chrétiens sont inquiets.Inutile de se le cacher. Il est difficile de trouver des communautés chrétiennes vivantes, des prêtres inspirants et prophétiques, des apôtres de feu, des laïcs conscients de la richesse de leur foi… Bien souvent la foi « chrétienne » que l’on rencontre est plus proche de la religiosité que d’une suite personnelle du Christ. Et pourtant je connais des chrétiens et des chrétiennes admirables et qui font ma joie.

Membre d’une communauté religieuse, je côtoie à la fois la ténacité tranquille d’hommes de foi et d’espérance, dans un contexte où d’autres ont tout simplement démissionné ou ne voient plus très bien le sens de leur engagement premier. Les couples connaissent bien cet itinéraire obligé de « l’engagement pour la vie », qui fait appel à une lucidité et un engagement de tous les instants, afin de passer sur la rive de la fidélité créatrice. C’est tout un défi et il ne peut se mener que dans la prière et l’abandon.

C’est là le défi de mon Église et c’est aussi mon défi personnel. Et cela m’amène toujours à la même question: comment faire pour évangéliser, mot qu’il faut manier avec beaucoup de doigté et de circonspection tellement il est soupçonné ou même décrié. On lui associe les pires intentions, comme si évangéliser s’apparentait à un viol des consciences et au mépris des cultures. Ce n’est pas reconnaître le don de Jésus-Christ que de penser ainsi. Alors comment donner le goût aux hommes et aux femmes que nous côtoyons de connaître Celui qui est, la Source même de nos vies et qui nous appelle à Lui?

Jean-Paul II l’affirmait, et je le crie tout haut : « Comment cacher la joie qui nous habite? » Et comment l’annoncer sans que l’on se bouche les oreilles autour de nous? La partie la plus difficile de cette équation demeure toujours l’annonce, qui sans cesse rencontre le « nous t’entendrons un autre jour. »

Cette problématique pose bien sûr toute la question du « comment faire communauté entre chrétiens? » Faut-il viser le plus petit dénominateur commun, comme c’est trop souvent le cas, et qui nous donne alors des communautés peu attirantes, axées sur la sacramentalisation et les rites sociologiques, ou viser un radicalisme qui ne peut que réduire nos communautés qu’à des peaux de chagrin, bien que plusieurs en soient déjà à ce stade? Voilà ce que moi et bien des amis chrétiens partageons ensemble, en attente de réponses ou de signes probants quant à la direction à prendre.

Quel vaste chantier qui se dresse devant nous dans mon coin d’Église et que je ne puis que confier à l’Esprit Saint tellement l’entreprise m’échappe, dans un contexte de refus de l’Église et de Dieu lui-même.

Il faut prier. Voilà notre première responsabilité afin que Dieu ouvre une fenêtre quand les portes se ferment. Car je sais dans la foi que cela arrivera, mais je ne sais ni le jour ni l’heure…

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