La position des Mgr Rouet au sujet des divorcés remariés en Église.

1596b8010d153919f37a3439be962e5ed3f9620fSur certaines questions de morale, l’Église ne doit-elle pas aussi d’urgence bouger ? Le sort réservé aux divorcés, notamment « remariés », est-il tenable ?

C’est une question qui est cause de douleurs infinies. Commençons par relire l’Écriture : il y a cette phrase de Jésus relatée au chapitre 19 de l’évangile selon Matthieu : « Ce que Dieu a uni, l’homme ne doit point le séparer. » La position actuelle de l’Église repose en grande partie sur ce texte. Or, la question posée par les Pharisiens à Jésus concerne la répudiation. Et il se prononce clairement contre la répudiation, acte qui consiste à rejeter son conjoint comme une chose pour en choisir un autre. Peut-on totalement assimiler répudiation et divorce ?

On utilise ce mot de « divorcé » à la fois pour désigner celui ou celle qui s’en va pour un ou une autre et pour désigner celle ou celui qui se trouve abandonné, rejeté. Bien sûr, il y a des cas où les torts sont partagés, mais le plus souvent pas à égalité ! Enfermer toutes les situations dans ce seul mot de « divorcé » ne semble pas juste. La faute n’est pas la même pour celui ou celle qui s’en va et qui laisse l’autre désemparé avec deux ou trois enfants à élever…

On ne peut pas aborder ces questions difficiles sans avoir un authentique souci pastoral, parce qu’on ne peut pas, d’un côté, affirmer que les sacrements font la vie chrétienne et, de l’autre, continuer à demander aux hommes et aux femmes blessés dans leur amour de vivre leur foi sans sacrement ! Comment un homme ou une femme peut-il être ainsi laissé au cœur d’un péché sans pardon possible ? Il me semble urgent de se poser la question, sans brader le sacrement de mariage, sans faire l’impasse sur la nécessaire reconnaissance de ses torts, sans oublier le respect dû au premier conjoint.

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(Source : Bertrand Révillion. Conversations spirituelles. Tome 2. Médiaspaul, 2014, p. 98)

 

3 Réponses

  1. J’aime beaucoup les nuances que vous apportez et qui me semblent justes. Je ne suis pas du tout spécialiste en ce domaine. Je crois que Dieu est Amour et que Lui seul peut connaître le fond des coeurs. Alors, pourquoi ne pas manifester sa compassion envers les personnes qui sont tellement blessées dans leur amour? Pourquoi ne pas les dégager d’un poids, d’un jugement finalement qui n’est pas selon la pensée de Jésus?

  2. Entièrement d’accord avec Mgr Rouet.

  3. Vivement octobre 2015 et la prochaine réunion du synode sur la famille car pour l’instant, la position officielle de l’Eglise, ré-explicitée récemment par le secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, reste noyautée, les seules voies possibles pour obtenir l’absolution et de là, l’accès à la communion, sont d’un irréalisme sidérant, complètement déconnecté de la réalité. Abandonner le second conjoint pour revenir vers le premier (…!) et si cela n’est pas possible, notamment en raison de l’existence d’enfants issus de cette seconde union, alors observer l’abstinence sexuelle. En quelque sorte l’acte sexuel est plus criminel que le crime. Ceci dit en passant. C’est l’irréalisme de ces propositions qui me laisse abasourdie. Elles ne sont pas neuves, mais je les découvre dans toute leur ampleur à l’occasion de toutes ces discussions autour de la question.
    Finalement, un Augustin qui entre dans la vie religieuse marié avec enfant, peut devenir saint parce qu’il a rompu avec la sexualité?
    Pourquoi alors, rompant avec sa vie d’avant, un laïc ne peut le devenir dans sa seconde union? Pourquoi diaboliser la sexualité, en faire l’obstacle majeur? Le regard de Jésus, « Va et ne pèche plus », le conseil aux disciples « Pardonne soixante-dix fois sept » je n’arrive pas à le retrouver. Que de fardeaux trop lourds sur les épaules faillibles de l’homme faillible. On reporte le vœu d’obéissance du religieux sur la sexualité du laïc; Curieux.On semble oublier que l’on parle d’un chemin de sainteté pas d’une sainteté déjà acquise.
    Admirables ceux qui y parviennent, mais les autres, l’immense majorité de ceux qui n’y parviennent pas? On les laisse sur le bord du chemin. J’ai appris qu’il valait mieux boitiller sur le chemin que courir à côté. J’ai dû mal apprendre.

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