Le Carême : la victoire du désert

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Le Carême est un appel à la conversion. Mais avons-nous besoin de conversion? Nous convertir de quoi? Tant que nous n’aurons pas saisi l’enjeu de cette conversion, nos prières, nos célébrations, nos eucharisties demeureront stériles. Si la grâce de Dieu nous est donnée, il faut savoir coopérer à la grâce afin d’être des signes lumineux dans le monde. Un incroyant disait à l’abbé Pierre : « Monsieur le curé, je ne sais pas si le bon Dieu existe, mais je suis certain que s’il existe il est ce que vous faites. »

Mais l’on se sent tellement démuni devant ce monde qui constamment nous glisse entre les mains, comme un enfant turbulent que l’on voudrait retenir, mais qui nous échappe trop souvent, et qui est capable du meilleur comme du pire. Non pas que l’homme soit mauvais, mais « il y a la contagion du mal, comme il y a la contagion de l’amour » (abbé Pierre).

S’il nous est difficile de nous situer dans notre vie comme ayant besoin de conversion, c’est que l’on oublie trop souvent le lien qui existe entre les drames humains internationaux, à l’échelle de la planète, et notre petit quotidien, nos façons de faire. Le drame de l’Irak, de la Libye, de la Syrie, etc, en sont des exemples éloquents. L’on s’imagine, lorsque l’on entend les récits d’atrocités qui se commettent là-bas, que nous avons à faire à des barbares de la pire espèce, « des choses que l’on ne verrait jamais ici », pense-t-on… Et pourtant, le Mercredi des Cendres, le jour d’entrée en Carême, j’entendais de bons chrétiens se dire qu’il faudrait tout simplement bombarder les réserves indiennes afin de régler une fois pour toutes ce problème au Canada. Bagdad, ce n’est pas bien loin d’ici. Ou encore je pense à ces personnes qui ont refusé de louer un logement à une famille parce que c’étaient des réfugiés. Il suffit de regarder en nous-mêmes, et c’est là Bagdad, Kigali ou Sarajevo. Et l’on n’a pas besoin de conversion?…

Je pense qu’il est normal de porter en soi, comme chrétiens engagés dans le monde, une certaine blessure qui nous incite à faire plus pour l’amour de Dieu et du prochain. C’est cette croix que le Christ est venu porter avec nous.

C’est pourquoi, en commençant ce Carême, il ne faut pas avoir peur de prendre la route du désert avec Jésus, car ta vie c’est celle de Jésus en toi, ta victoire c’est sa victoire.

Yves Bériault, o.p.

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