Un carême au temps du coronavirus

Anne-Lécu-291x300Religieuse dominicaine et médecin en prison, Anne Lécu appelle les chrétiens à se montrer « légitimistes » et appliquer les décisions sanitaires sans état d’âme, au nom du bien commun. Mais elle propose aussi une profonde méditation pour temps de solitude et de silence.

 

Il est 21h, le niveau 2 du plan blanc de mon hôpital vient d’être activé, ce qui signifie qu’il faut être prêt à être appelé si besoin, et La Vie me demande de réfléchir au coronavirus à partir de ma double expérience de médecin et de religieuse. Ma première réaction à cette demande est assez simple : je n’ai pas grand-chose à dire, si ce n’est qu’il nous faut être légitimistes. Faire ce que l’on nous demande de faire est sans doute le plus grand service que nous pouvons nous rendre mutuellement, au nom du bien commun. Je n’ai pas la compétence pour dire si nous fermons les écoles trop tôt ou trop tard, si nous sommes trop souples ou trop rigides, et je pense que ce n’est pour l’heure pas le sujet. Le moment n’est pas de se demander si l’on a confiance ou non dans nos autorités, il faut agir ensemble dans la même direction. Cela est vrai dans la prison. Cela est vrai dans l’Église. Je sais seulement que pour rien au monde je ne voudrais être à la place de ceux qui ont à prendre ce genre de décision. Être fidèle au Christ, où que nous soyons, c’est mettre du lien dans tout ce qui distend et abime le corps social, la méfiance, l’arrogance, le cynisme, le mensonge, la lâcheté et la division. (Pour lire la suite…)

(Extrait d’un article tiré du magazine LA VIE)