Homélie pour la fête de l’Assomption

ob_c2207c_arcabas-assomption

Arcabas. Assomption de la Vierge Marie

Le dogme de l’Assomption proclamé en 1950 par le pape Pie XII affirme que : « L’Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la vie céleste ».

Certains se demandent pourquoi accorder une telle gloire à Marie alors que son assomption n’a pas de fondement scripturaire ? Il faut savoir qu’il s’agit d’une très vieille tradition tant dans l’Église d’Occident que l’Église d’Orient. L’affirmation de ce mystère trouve donc son fondement dans la Tradition et dans la mission même de la Mère du Sauveur ; on pourrait parler ici de convenance théologique, un aboutissement logique de la réflexion de l’Église sur mystère du salut à l’œuvre dans la vie de celle que nous appelons la Mère de Dieu.

Ainsi on a volontiers comparé Marie à la nouvelle Ève, car il lui est donné par la conception du Verbe fait chair, de donner à l’humanité celui qui serait capable de la relever de la chute originelle. C’est le théologien Karl Rahner qui dira de Marie :

« En un instant qui n’aura jamais plus de couchant et qui reste valable pour toute l’éternité, la parole de Marie fut la parole de l’humanité, et son “oui” l’amen de toute la création au “oui” de Dieu ».

« Amen », « oui », « fiat », tous ces mots ne font plus qu’un dans la bouche de Marie. Et son oui occupe une place unique dans l’histoire du salut. Il fait office de charnière indispensable entre l’Ancien et le Nouveau Testament, car Dieu ne voulait et ne pouvait nous sauver sans notre libre adhésion à son plan de salut. Par son oui, Marie rend possible le Verbe fait chair. Et parce qu’elle est toute ouverture à l’action de la grâce en elle, Marie devient la « pleine de grâce », la nouvelle Ève par qui le retour vers le Père va pouvoir s’opérer grâce à son fils Jésus.

C’est Dieu le Père qui accomplit tout en son Fils, bien sûr, mais Dieu veut avoir besoin de nous et c’est Marie de Nazareth qui en notre nom dira : « Me voici, je suis la servante du Seigneur. »

En notre nom, au nom de notre humanité, Marie dit oui à cette présence infinie de Dieu en notre chair et, de par sa mission et son état de mère du Sauveur, elle est la première d’une multitude à être entraînée corps et âme à la suite de son fils ressuscité.

« L’Assomption de Marie, affirme Benoît XVI dans une homélie, est un évènement unique et extraordinaire destiné à combler d’espérance et de bonheur le cœur de chaque être humain ». Il y a un climat de joie pascale qui émane de la fête de l’Assomption. Marie, ajoute-t-il, est la prémisse de l’humanité nouvelle, la créature dans laquelle le mystère du Christ a déjà eu un plein effet en la rachetant de la mort. Marie constitue le signe sûr de l’espérance et de la consolation. »

Frères et sœurs, l’Assomption de Marie au ciel est un événement qui nous touche de près parce que l’être humain est destiné à mourir. Mais la mort n’est pas le dernier mot de la vie. Elle est, comme nous le montre le mystère de l’Assomption de la Vierge, le passage vers la vie à la rencontre de l’Amour. Marie élevée dans la gloire du ciel nous attire et, nous donne un avant-goût de cette joie éternelle promise par Dieu.

C’est pourquoi, comme le dit le pape François : « Quand l’Église cherche le Christ, elle frappe toujours à la maison de sa Mère et demande : “Montre-nous Jésus”. C’est de Marie que nous apprenons à être de vrais disciples ». »

Yves Bériault, o.p.
Dominicain. Ordre des prêcheurs

Homélie pour l’Assomption de la Vierge Marie

Les Pères de l’Église, en accord avec toute la Tradition, ont toujours vu en Marie la « figure de l’Église », celle qui nous précède, qui est là au tout début, porteuse d’un mystère qui la dépasse, en même temps qu’elle nous devance et nous entraîne dans le mystère de la vie et la mort de Celui qui nous aima jusqu’au bout. Elle est à la fois derrière nous et elle est devant de nous. La Vierge Marie est, par excellence, « figure de l’Église », expression de son mystère le plus profond et c’est ce que la fête de son assomption nous donner d’entrevoir dans la foi.

En Jésus, l’humanité apporte un oui définitif à l’oeuvre de salut inaugurée par le Père en notre faveur, mais celui-ci voulait que le don de son Fils soit aussi accueilli par le « oui » humain d’une créature humaine. »  (Raniero Cantalamessa, p. 56) C’est le fiat de Marie.

On a volontiers comparé Marie à la nouvelle Ève, car il lui est donné par la conception du Verbe fait chair, de donner à l’humanité celui qui serait capable de la relever de la chute originelle. Le théologien Karl Rahner dira de Marie :

« En un instant qui n’aura jamais plus de couchant et qui reste valable pour toute l’éternité, la parole de Marie fut la parole de l’humanité et son « oui », l’amen de toute la création au « oui » de Dieu ».

Amen, oui, fiat, tous ces mots ne font plus qu’un dans la bouche de Marie. Et son oui occupe une place unique dans l’histoire du salut. Il fait office de charnière indispensable entre l’Ancien et le Nouveau Testament, car Dieu ne voulait et ne pouvait nous sauver sans notre libre adhésion à son plan de salut. Par son oui, Marie rend possible le Verbe fait chair. Et parce qu’elle est tout ouverte à l’action de la grâce en elle, Marie devient la « pleine de grâce », la nouvelle Ève par qui le retour vers le Père va pouvoir s’opérer grâce à son fils Jésus.

C’est Dieu le Père qui accomplit tout en son Fils, bien sûr, mais Dieu veut avoir besoin de nous et c’est Marie qui en notre nom dira : « Me voici, je suis la servante du Seigneur. »

En notre nom, au nom de notre humanité, Marie a dit oui à cette présence infinie de Dieu en notre chair et de par sa mission et son état de Mère du Sauveur, elle est la première d’une multitude à être entraînée corps et âme à la suite de son fils ressuscité.

« L’Assomption de Marie, affirme Benoît XVI (dans une homélie pour l’Assomption de la Vierge Marie en 2009), est un événement unique et extraordinaire destiné à combler d’espérance et de bonheur le cœur de chaque être humain ». Il y a un climat de « joie pascale qui émane de la fête de l’Assomption.  « Marie –ajoute-t-il – est la prémisse de l’humanité nouvelle, la créature dans laquelle le mystère du Christ a déjà eu un plein effet en la rachetant de la mort. Marie constitue le signe sûr de l’espérance et de la consolation. »

Yves Bériault, o.p.