Homélie pour le Dimanche des Rameaux

Arcabas_Crucifie

La liturgie de ce dimanche semble paradoxale : nous l’appelons le dimanche des Rameaux, évènement festif qui rappelle l’entrée messianique de Jésus à Jérusalem; et nous l’appelons aussi Dimanche de la Passion du Seigneur, avec la croix comme destination finale. En une seule et unique liturgie, nous passons de la foule en liesse, à la mort de Jésus, de l’accueil triomphal de la foule, au spectacle insoutenable de sa crucifixion sous les cris de cette même foule.

À travers ces textes sacrés, c’est le drame de notre terre qui se joue sous nos yeux, alors que tous les jours les hommes et les femmes de ce monde sont sans cesse confrontés au mystère du mal, au cœur même de leurs joies et de leur soif de vivre, dans leur besoin fondamental d’aimer et d’être aimés. Tous sont atteints, dans leur chair ou dans leur coeur, soit par complicité, ou encore en tant que victimes de la haine et des guerres, qui n’épargnent ni les enfants ni les innocents.

Nous en avons été les témoins horrifiés ces jours-ci en Syrie, et ce n’est là que la pointe de l’iceberg de ce mépris de la vie humaine sur notre terre. La vie est souvent bafouée, nous le savons, et alors que la violence et les outrages se déchaînent contre Jésus, ce dimanche des Rameaux vient nous rappeler que le mal et le péché cherchent toujours à imposer leur loi dans nos vies. Qui va nous en libérer ?

À l’aube de cette Semaine Sainte, nos regards se tournent vers Jésus Christ, alors qu’il entre dans sa passion, et qu’en Église nous faisons mémoire de sa vie qui va jusqu’au bout d’elle-même, professant qu’il est le grand vainqueur de la mort, celui qui enlève le péché du monde.

Cela nous le proclamons à chacune de nos eucharisties, et à nouveau en cette Semaine Sainte, nous entrons avec Jésus dans son combat contre le mal, portant avec lui notre monde qui souffre, nous faisant solidaires de ses peines et de sa soif de bonheur, faisant nôtre sa douleur, qui est celle de Dieu lui-même.

Comme l’écrivait Catherine de Sienne : « Ce ne sont pas les clous qui retiennent Jésus sur la croix, mais l’amour. » La Semaine Sainte nous parle d’un Dieu qui nous aime à en mourir. Sachons donc cette semaine ouvrir nos cœurs au mystère du plus grand amour qui soit! Amen.

fr. Yves Bériault, o.p.
Dominicain. Ordre des prêcheurs

Une Réponse

  1. Très belle homélie, Yves. Merci de la partager.

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