Euthanasie, la confusion des sentiments

Il y a tout juste dix ans, les Pays-Bas puis la Belgique dépénalisent l’euthanasie, initiant ainsi un processus qui semble irréversible… En France, durant sa campagne, François Hollande a fait un pas vers ce qu’il appelle une « exception d’euthanasie ». Il pourrait maintenant faire de cette loi le symbole de son quinquennat… Pour les militants de la dépénalisation, c’est le triomphe d’une idéologie : la prééminence absolue de la liberté individuelle. Mais à quel prix ? Celui des dérives de plus en plus nombreuses en Belgique : IVV (interruption volontaire de vieillesse), Alzheimer ou grands dépressifs, certains demandent aujourd’hui des extensions de la loi aux enfants de plus de 12 ans… Entre France et Belgique, entre soins palliatifs et euthanasie, il ne s’agit pas d’adopter des postures morales, de lancer des anathèmes, mais de dépasser la confusion des sentiments, des émotions pour saisir ce qui se joue à travers cette loi. Un film écrit et réalisé par Frédéric Jacovlev. Une coproduction Grand Angle Productions et KTO – Juin 2012

3 Réponses

  1. la position de l’église catholique -que je respecte sans la partager- c’est profondément que la vie et la mort appartiennent à Dieu seul; très bien; mais si vous êtes absolument soumis à la volonté de Dieu dans ce domaine, est-il légitime de vous soigner quand vous êtes malade? si vous développez un cancer, Dieu autorise votre mort, il faut donc se soumettre sans réserve? Je crois que cette liberté ultime de choisir la mort dans certaines circonstances extrêmes -un cancer incurable qui engendre des douleurs insupportables- est légitimement revendiquée par une humanité adulte; le danger que cette liberté soit mal utilisée ne peut pas être un argument: toutes les libertés sans exception peuvent être mal utilisées; faut-il les supprimer pour autant? interdire la voiture à cause des chauffards? le vin à cause des ivrognes ? en réalité nous avons peur de la liberté, elle nous oblige à être adultes, alors qu’il est si rassurant de nous réfugier derrière une autorité qui nous dépasse.
    cordialement

  2. Dire que la seule raison pour laquelle un catholique refuserait l’euthanasie serait que la vie n’appartient qu’à Dieu seul, est pour moi terriblement réducteur. Dit de cette façon, on aurait l’impression qu’on oblige quelqu’un à aller à la torture. On se dit que lorsqu’un animal souffre et se dirige vers une mort certaine, on abrège ses souffrances par compassion en l’euthanasiant écourtant ainsi ses souffrances et les nôtres par le fait même. Dans la même logique, espèrant être traité avec cette même compassion, certains réclament ce droit d’abréger leurs souffrances. Pourtant, j’ai ce sentiment profond que nous sommes, à quelque part, plus que des animaux. Cette souffrance, elle a un sens. Que seraient nos sociétés si Jésus avait choisi de se donner la mort avant le supplice de la croix? Lorsque j’ai donné naissance à chacun de mes quatre enfants, il y a eu la souffrance bien sûr, que j’ai choisi de vivre sans péridurale. Au dernier, on a dû induire le travail ce qui a accentué considérablement la douleur. En ressentant cette douleur intense, j’ai compris que certaines femmes puissent mourir en donnant naissance. Ma souffrance à moi était sans aucun doute loin de là mais j’ai tout de même demandé la péridurale. L’infirmière qui m’accompagnait, qui était aussi une très bonne amie, a dû me dire qu’il était trop tard pour la demander, qu’elle n’aurait pas le temps de faire effet. Elle m’a simplement dit « courage! le travail est bientôt terminé! ». J’ai redoublé de courage et j’ai évidemment donné naissance à mon enfant en bonne santé. Lorsqu’on est submergé par la souffrance, je crois profondément que ce dont nous avons vraiment besoin c’est de quelqu’un qui vienne nous en redire le sens, un phare dans le brouillard. La douleur nous fait oublier tout le reste de la vie. On a besoin de quelqu’un qui nous re-situe dans notre humanité. Mais bien sûr, si la vie n’avait pas beaucoup de sens avant la souffrance, elle a peu de chance de trouver son sens dans la souffrance avant la mort, quoique…

  3. Je respecte ce que vous dites, Andrée, puisque c’est votre vie et votre expérience. Admettrez-vous que personne ne peut dire à ma place que ma souffrance a du sens et, plus encore, personne ne peut décider à ma place quel est le sens de ma souffrance? Je n’autorise personne, ni prêtre, ni médecin, à décider de ma vie à ma place.
    cordialement

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