Au sujet de Noël…

C’est Jean Galot qui disait : « Le Christ est venu sur la terre pour provoquer un attachement à sa personne, pour attirer à lui l’humanité et l’univers. Mais avant de réclamer cette adhésion et pour l’obtenir, il s’attache lui-même aux hommes « . Et, je dirais, qu’il s’attache aussi à des hommes et des femmes qui deviennent solidaires de son mystère et qui, à leur tour, s’attachent à leurs frères et sœurs les humains, comme le Christ.

Le but de l’Incarnation, l’importance pour nous que Jésus ait été réellement homme pour les Pères grecs est que « je devienne Dieu dans la mesure même où lui s’est fait homme. » (Grégoire de Nazianze, oratio theologie, 3, 19, P.G. 36, 100 a.)

Campagne annuelle de souscription pour Spiritualité 2000

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« Ce qui m’étonne », dit Dieu…

Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’espérance.
Et je n’en reviens pas.
Cette petite espérance qui n’a l’air de rien du tout.
Cette petite fille espérance.
Immortelle.
Car mes trois vertus, dit Dieu.
Les trois vertus mes créatures.
Mes filles mes enfants.
Sont elles-mêmes comme mes autres créatures.
De la race des hommes.
La Foi est une épouse fidèle.
La Charité est une Mère.
Une mère ardente, pleine de coeur.
Ou une soeur aînée qui est comme une mère.
L’Espérance est une petite fille de rien du tout.
Qui est venue au monde le jour de Noël de l’année dernière.
Qui joue encore avec le bonhomme Janvier.
Avec ses petits sapins en bois d’Allemagne couverts de givre peint.
Et avec son boeuf et son âne en bois d’Allemagne.
Peints.
Et avec sa crèche pleine de paille que les bêtes ne mangent pas.
Puisqu’elles sont en bois.
C’est cette petite fille pourtant qui traversera les mondes.
Cette petite fille de rien du tout.
Elle seule, portant les autres, qui traversera les mondes révolus.
Comme l’étoile a conduit les trois rois du fin fond de l’Orient.
Vers le berceau de mon fils.
Ainsi une flamme tremblante.
Elle seule conduira les Vertus et les mondes.
Une flamme percera des ténèbres éternelles.

Un texte de Charles Péguy.

Exposition : La Vierge et l’Enfant

Les Vierges à l’Enfant placées sous le signe de la tendresse se multiplient à partir du XIII siècle et connaissent une fortune immense jusqu’à aujourd’hui. Le site « Spiritualité 2000 » vous offre pour la saison de l’Avent et de Noël, une magnifique exposition intitulée La Vierge et l’Enfant chez les Maîtres du Moyen-Âge et de la Renaissance.

La Présentation au Temple, de Giovanni Bellini

La Présentation au Temple, de Giovanni Bellini

Une espérance têtue!

Notre Dame de l'Avent

Notre Dame de l'Avent

« Convertissez-vous, préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. » Ces consignes évangéliques ne sont pas nouvelles pour nous. Chaque année, et tout au long de l’année, elles nous sont répétées, afin de nous rappeler les exigences de la suite de Jésus Christ. Elles nous sont rappelées de peur que nous nous arrêtions en chemin, que nous oublions quelle espérance têtue et obstinée doit nous animer dans notre vie de foi de tous les jours. Car notre foi est une foi qui espère! La liturgie est une pédagogue et le temps de l’Avent se présente à nous comme une mise en scène liturgique qui veut nous aider à découvrir combien est belle cette espérance qui doit nous habiter à cause de la venue du Fils de Dieu en notre monde.

Le temps de l’Avent vient nous aider à approfondir cette joie qui doit être la nôtre au moment de célébrer la naissance du Sauveur. Car il n’y a pas de plus grand bonheur que d’entrer dans cette connaissance de Dieu qui nous est donnée avec la venue de son Fils. C’est là le cœur de notre foi. Et l’Avent nous prépare à cette fête en nous rappelant par les textes de la Parole de Dieu, combien grande était l’attente du Messie avant qu’il se manifeste à Bethléem, dans une étable. Le temps de l’Avent vient nous dire que cette espérance, il nous faut la vivre dans le quotidien de nos vies, et ce, jusqu’à ce que le Seigneur Jésus revienne à la fin des temps, car il ne cesse de se donner à nous chaque jour.

Le monde a-t-il vraiment changé depuis cette nuit de Bethléem? Est-ce que la venue du Christ a véritablement changé le visage de notre terre? Nous ne savons pas comment aurait évolué notre monde sans cette influence déterminante du christianisme sur l’histoire et la pensée humaine, mais ce que nous savons, c’est que la suite du Christ a transformé radicalement la vie d’une multitude d’hommes et de femmes au cours des siècles, qui ont pris sur eux-mêmes, au nom de l’Évangile et de leur amour de Dieu et du prochain, de transformer cette terre, d’inaugurer des relations de paix, de justice et de miséricorde partout où ils passaient.

Il ne s’agit pas ici d’une espérance « à la petite semaine », d’une espérance facile et béate. Elle est profonde comme la mer cette espérance à l’image de la connaissance du Seigneur qui nous est promise. Cette espérance, elle est de tous les combats, de toutes les luttes, et c’est elle qui nous rend capables de nous engager, de nous aimer les uns les autres, de pardonner, de changer nos cœurs, de recommencer quand tout s’écroule, de reconstruire… C’est cette espérance têtue et obstinée que nous demandons au Seigneur de renouveler en nous en ce temps de l’Avent.

« Et vous, où étiez-vous ? »

Monique, une fidèle lectrice de ce blogue, m’a écrit pour me partager ce qu’elle a ressentie à lecture de mon voyage au pays d’Etty Hillesum. Elle m’a parlé de ses souvenirs de l’après-guerre en Europe et m’a demandé à la fin de son courriel : Et vous, vous étiez où durant ces années là ? Voici ce que je lui ai répondu :

Adolf Eichmann

Adolf Eichmann

Quant à moi, je suis né deux ans après la guerre. Mon père a passé quatre ans en Angleterre, dans l’armée de terre, et mon enfance a été marquée par les souvenirs de guerre de mon père et, surtout, les reportages qui sortaient dans les années 50 au sujet de cette guerre et des camps d’extermination. Le monde découvrait alors avec horreur cette réalité. Ainsi, je n’avais que douze ans et pourtant je me souviens de l’enlèvement à Buenos Aires d’Adolf Eichmann, l’un des bourreaux du IIIe Reich, et qui fut jugé et pendu à Jérusalem en 1960.

Il est certain que nous ne vivons pas les souvenirs de cette guerre en Amérique comme peuvent les vivre les Européens. Un océan nous sépare de ce que fut cette période cruelle; de plus, nous n’avons pas connu les combats sur notre territoire. Néanmoins, la Shoah sera toujours pour moi comme le lieu ultime où l’homme est appelé à s’interroger sur les forces du mal qui l’habite. C’est pourquoi mon intérêt pour cette période est comme un devoir de mémoire et de solidarité envers et avec les persécutés. À travers les ombres et les lumières de cette période, c’est un peu le mystère de l’homme qui se laisse saisir, je crois, et, par le fait même, un peu du mystère de Dieu. C’est pourquoi Etty Hillesum me semble être une figure tellement importante pour comprendre un peu cette époque, comprendre comment l’on peut préserver sa dignité humaine, lorsque confronté au mal. Comme le souligne Sylvie Germaine dans son livre Etty Hillesum :

« Non seulement la prière d’Etty Hillesum ne réclame rien (sinon la force de persévérer et de s’épandre plus amplement) mais elle consent à tout ce qui est et advient. « Il y a place pour tout dans une vie, écrira Etty dans son journal, pour la foi en Dieu et pour une mort lamentable. » (I, p. 136.) Elle ne demande jamais de comptes à Dieu, estimant même que c’est l’inverse, que les milliers, millions de crimes commis ne sont pas imputables à Dieu, mais aux hommes – à la folie humaine. »

« Elle va plus loin encore dans le retournement de la responsabilité du mal : elle ne se contente pas d’en innocenter Dieu, elle le considère comme étant la première victime du déferlement de haine et de violence qui sévit autour d’elle… Dieu gît dans les fossés de l’Histoire embrasée par la guerre, « à demi mort » dans les ruines de l’amour. À demi mort de trahison, de violences subies, et également d’oubli, d’indifférence, d’abandon. La guerre ne ravage et ne rase pas seulement les villes, les champs, les forêts, les villages, mais surtout les peuples, et jusqu’aux cœurs des survivants. »

Face à cette haine et cette violence qui déferlent autour d’elle, Etty choisira le parti de Dieu et celui du prochain, qu’il soit ami ou ennemi. Elle écrira : « Comme elle est grande la détresse intérieure de tes créatures terrestres, mon Dieu. Je te remercie d’avoir fait venir à moi tant de gens avec toute leur détresse. » (I, p. 195.)

Etty Hillesum et la rose fanée

Etty n’est pas ignorante du sort probable qui l’attend. À travers une prose dépouillée mais combien profonde, elle contemple une fleur qui se fane et y projète son propre destin :

19 juin 1942 : « Entre ma machine à écrire, un mouchoir et un rouleau de coton noir, ma rose est en train de se faner. Elle est d’une beauté et d’une délicatesse à peine supportable. Se fanant doucement et avec résignation, elle se prépare à quitter cette vie brève et froide. Elle est si fragile et si belle et si gracieuse dans sa lente agonie que mon cœur pourrait facilement se briser. Mais il faut même laisser mourir une rose en paix, et ne pas essayer passionnément et désespérément de s’y accrocher. Avant, j’étais inconsolable, terriblement malheureuse quand une fleur se fanait. Mais l’on doit apprendre à accepter ce qui fane sans protester. Et savoir qu’il y aura toujours une nouvelle floraison. »

La mort de Julius Spier

La mort de Julius Spier, son « initiateur », la veille du jour où il devait être déporté, est pour Etty Hillesum comme une seconde naissance. Elle s’adresse à lui dans son Journal le lendemain de son décès :

16 septembre 1942 : « J’avais encore mille choses à te demander et à apprendre de ta bouche; désormais je devrai m’en tirer toute seule. Je me sens très forte, tu sais, je suis persuadée de réussir ma vie. C’est toi qui as libéré ces forces dont je dispose. Tu m’as appris à prononcer sans honte le nom de Dieu. Tu as servi de médiateur entre Dieu et moi, mais maintenant, toi le médiateur, tu t’es retiré et mon chemin mène désormais directement à Dieu; c’est bien ainsi, je le sens. Et je servirai moi-même de médiatrice pour tous ceux que je pourrai atteindre. »

Etty Hillesum et Julius Spier

6 juillet 1942. Alors que Julius est gravement malade, Etty écrit après lui avoir rendu visite :

« Au moment de le quitter, je me suis blottie un instant contre lui et lui ai dit : « J’aimerais rester avec toi aussi longtemps que possible…. j’ai eu tout à coup l’impression qu’un grand ciel se déployait autour de nous comme dans une tragédie grecque : un instant tous mes sens se sont brouillés, j’étais avec lui au milieu d’un espace infini traversé de menaces, mais aussi d’éternité… Entre nos yeux, nos mains, nos bouches passent désormais un courant ininterrompu de douceur et de tendresse où le désir le plus ténu semble s’éteindre. Il ne s’agit plus désormais que de donner à l’autre toute la bonté qui passe en nous. Chacune de nos rencontres est aussi un adieu. »

Quand on étudie la vie d’Etty Hillesum, on ne peut le faire sans tenir compte, non seulement de la grande influence de Julius, mais aussi de sa grande foi. Etty l’avouera dans son journal, Julius est un modèle d’émulation pour elle. Voici l’une des rares lettres que nous avons de Julius à Etty et que cette dernière retranscrit dans son journal :

15 juillet 1942 : « Il est dix heures et demie. Je viens de m’agenouiller longtemps devant mon fauteuil et de prier en silence avec ardeur et du fond du coeur. Aide et protection s’enfuient de tous les pauvres gens remplis d’angoisse et sans préparation intérieure, qui passent maintenant les dernières heures dans leur domicile. Combien je peux ressentir tout cela!! Mon coeur est si lourd et si plein d’amour, je voudrais les y étreindre tous et les consoler comme on console sa mère. » Il termine par : « Amour, je veux continuer à prier ». »

Julius Spier, mystagogue et thérapeute

Julius Spier

Julius Spier

Né à Frankfort en 1887, Julius Spier est un chirologue Allemand qui a fait une formation comme thérapeute avec Carl Gustave Jung, et a ouvert un bureau à Berlin en 1930, où il exerçait en tant que psycho-chirologue. Il se spécialise dans l’établissement de diagnostics médicaux à partir de la morphologie et des lignes de la main, et il développe une approche thérapeutique à partir de ces diagnostiques. En 1939, suites aux persécutions contre les juifs en Allemagne, il émigre à Amsterdam et ouvre là-bas un bureau.

Spier est aussi un spirituel : il prie et médite la Bible chaque jour. C’est un grand lecteur : Kierkegaard, Bonhœffer, Maître Eckhart, Thomas a Kempis, Dostoïevski, Rilke et … saint Augustin. « Homme d’une sensualité exigeante et raffinée », selon Etty, c’est lui qui lui met la Bible et saint Augustin entre ses mains. Julius a 55 ans quand Etty le rencontre. Elle le rencontre pour la première fois le 3 février 1941 au 27 Courbetstraat à Amsterdam.

Au sujet de sa relation affective avec Julius, Etty écrit à Julius, le 13 août 1941 : « Tu es, en fait, la première personne avec qui j’ai vraiment pu communiquer intérieurement, et à qui je veux ressembler. Peut-être que ce sera là la première amitié de toute ma vie à ne pas être empreinte d’amateurisme. »

Biographie d’Etty Hillesum

Etty Hillesum

Etty Hillesum

Etty Hillesum est née en Hollande le 15 janvier 1914, à Middleburg, au Molenwater 77. À compter de 1924, soit à l’âge de 10 ans, elle habitera la petite ville de Deventer. La famille va habiter au numéro 51 A. J. Duymaer van Twiststraat (présentement le numéro 2).
Son père se nomme Lévie Hillesum, et il est professeur de lycée, où l enseigne les langues classiques. Sa mère s’appelle Riva (Rébecca), une juive d’origine russe dont la famille a fuit les persécutions en Russie.

Etty a deux frères: Jacob (Jaap), né le 27 janvier 1916, et Michael (Mischa) né le 20 septembre 1920, célèbre pianiste virtuose. Elle est donc l’aînée d’une famille de trois enfants et elle aurait grandi, comme ses deux frères cadets, dans une ambiance étrangère à toute référence religieuse. Il est important de savoir qu’Etty provient d’une famille juive qui semblait tout à fait adaptée à la modernité européenne de la première moitié du XXe siècle.

Le père est décrit comme un juif non pratiquant et jamais l’on ne lit chez Etty de références aux pratiques religieuses de la famille Hillesum. Elle décrit son père comme une sorte d’agnostique qui devant l’impossibilité de résoudre les énigmes de la vie, se serait réfugié dans la réflexion philosophique. D’ailleurs, le père d’Etty travaillait le samedi, signe de son intégration à la société ambiante. Toutefois, Etty mentionne à deux reprises, alors que ses parents sont internés, que son père étudie la Bible. Il a même une demi-douzaine de petites bibles (la Torah) en français, en grec, en hébreu et en néerlandais, qu’il s’amuse à comparer les unes avec les autres, discutant avec d’autres détenus Juifs dont certains sont de ses anciens étudiants du lycée ou des collègues de travail.

À noter aussi que le grand-père paternel d’Etty était grand rabbin des trois provinces du Nord au Pays-Bas, selon son éditeur néerlandais J. G. Garrlandt (préface de l’édition originale p. V). Par ailleurs, Paul Lebeau, souligne que le père d’Etty « était un cas classique de Juif pleinement assimilé à la culture européenne occidentale. Il avait adopté le prénom chrétien de Louis. Sa famille n’observait pas le shabbat et ne mangeait pas kasher, au point que certains de leurs cousins hésitaient à lui rendre visite. »

Etty emménagera avec son frère Mischa à Amsterdam en 1932 (elle a 18 ans) et, en 1937 (elle a 23 ans), se retrouvera à la pension de Han Wegerif, au 61 Gabriel Metsustraat. Y habitent, Pa Han, qui deviendra le compagnon de fait d’Etty malgré l’écart de trente années qui les séparent, le fils de Han, Hans Wegerif, jeune étudiant, Bernard Meylink, un étudiant en chimie et la cuisinière allemande Käthe Fransen, qui travaillait à la pension depuis plusieurs années. À ce moment-là, Etty est la seule juive dans cette maisonnée et elle y occupera un emploi de gouvernante. D’autres pensionnaires y passeront, dont Maria Tuinzing, qui se verra confier la garde des cahiers d’Etty, une chrétienne qui sera l’une de ses meilleures amies et confidente. Sur cette maison située tout près du Concertgebouw, une modeste inscription s’y retrouve aujourd’hui : « Dans cette maison Etty (Esther) Hillesum rédigea son Journal de 1941 à 1943. » Ce journal est largement rédigé dans sa chambre du Gabriel Metsustraat à Amsterdam.

Dès la fin de son adolescence, puis à l’Université d’Amsterdam, où elle fait des études de droit, ainsi que l’étude de la langue et de la littérature russe (elle y donne aussi un cours de langue russe à l’université Volksuniversiteit d’Amsterdam ainsi que des cours privés de russe jusqu’à son départ pour Westerbork), Etty fréquente un milieu d’intellectuels de gauche, où les mœurs et les valeurs sont plutôt libérales pour dire le moins. Elle ne tarde pas toutefois à payer le prix d’une existence tumultueuse et hors norme, sous forme de périodes de dépressions et de malaises physiques récurrents.

Un des pensionnaires de la maison, Bernard Meylink, lui conseille alors d’aller consulter un psychologue-chirologue, Julius Spier. Il habite le 27 Courbetstraat. Il a 27 ans de plus qu’Etty. Juif allemand, il avait, comme beaucoup d’autres, émigré aux Pays-Bas en 1939, et sa réputation de thérapeute commençait à se répandre à Amsterdam. Cette rencontre fut décisive. Sous sa conduite elle décide de commencer à rédiger un journal.

Fête de la Croix Glorieuse

« Nous proclamons un Messie crucifié », alors que nous soulignerons la fête de la Croix Glorieuse dimanche prochain. Paradoxalement, cette croix devrait aussi être notre honte, parce que cette Croix est l’expression même de notre péché, mais elle est aussi notre fierté, parce qu’elle est le lieu de notre relèvement.

C’est pourquoi l’église, en cette fête, nous invite à nous rappeler combien il est important de contempler Jésus en croix. On peut avoir passé toute sa vie à prier le Seigneur sans vraiment l’avoir regardé sur sa Croix; je veux dire le regarder de ce regard qui va jusqu’au fond du coeur, jusqu’au fond de sa blessure. Il faut prendre le temps de s’arrêter au pied de la Croix, de s’y agenouiller, afin de contempler Jésus dans son offrande au Père.

La contemplation de la Croix nous donne de comprendre combien nous sommes présents dans la prière du Christ sur la Croix, crucifiés avec lui, offerts par lui comme son bien le plus précieux: « Père, ceux que tu m’as donnés je te les offre, et je m’offre avec eux, pour eux. Notre Père… ».

La Croix est véritablement le lieu par excellence de notre filiation avec le Christ, « car Dieu a tellement aimé le monde qu’il nous a donné son Fils unique ». C’est sur la Croix qu’il nous saisit dans son mystère d’amour, pour ne plus faire qu’un avec nous. Il est là à cause de nous, pour nous. Il prend sur lui nos péchés, nos détresses, et il s’associe pour l’éternité à notre pauvre humanité blessée. Désormais sa vie est notre vie, son Père est notre Père, et il prie avec nous : « Notre Père… ». La Croix devient le coeur de toute prière et il ne nous est plus possible désormais de prier sans passer par la Croix, sans désirer s’unir à elle.

Comme elle est belle cette Croix quand c’est Jésus qui la recouvre de sa présence. C’est la vie même qui est clouée au coeur de la mort; notre humanité peut enfin refleurir. Elle n’est plus orpheline, elle n’est plus seule, car elle peut désormais appeler Dieu « notre Père ».

Voilà la beauté et le mystère de l’église, Corps du Christ, à jamais crucifiée avec lui dans l’offrande de sa vie. Simone Weil a cette réflexion magnifique à propos de la Croix. Elle écrit ceci :

« Le don le plus précieux pour moi, comme vous le savez, c’est la croix. S’il ne m’est pas donné de mériter de participer à la croix du Christ, j’espère au moins de pouvoir y participer en tant que larron repentant. Après le Christ, de toutes les personnes dont il est fait mention dans l’évangile, le bon larron est celui que j’envie le plus. D’être avec le Christ pendant la crucifixion, à ses côtés et dans la même position que lui, me semble être un privilège encore plus grand et plus enviable que d’être assis à sa droite dans la gloire. » (Lettre du 16 avril 1942).

Seigneur, donnes-nous de toujours savoir contempler ta Croix glorieuse. C’est la grâce que nous te demandons Ô notre Seigneur crucifié.

À une jeune lectrice en colère

Annie, une jeune universitaire, m’écrit suite au décès de sa mère. Elle me dit vivre une grande colère contre Dieu lorsqu’elle va à la messe. Elle aimerait que je lui réponde via ce blogue. Voici donc ce que j’aimerais te dire chère Annie.

Tout d’abord Annie, je te remercie de ta confiance en me partageant ce que tu portes. Je trouve ta colère très saine tu sais, tout particulièrement celle qui se manifeste à l’endroit de Dieu lorsque tu vas à l’église. Et tu as le droit de vouloir cesser d’y aller.

Mais tu sais que les textes les plus violents dans la Bible sont les psaumes, et que parmi ces textes s’exprime parfois une très grande colère à l’endroit de Dieu. Bien sûr, le psalmiste finit toujours par revenir vers Dieu et lui confier sa vie. Mais avec un ami, on n’a pas peur de la franchise, ni de ses sentiments. Et dans certaines situations de la vie, le mal nous fait crier notre douleur. Et alors qui peut-on blâmer, si ce n’est Dieu? C’est lui notre bouc-émissaire, car l’on aimerait bien que d’un tour de main il renverse les situations les plus terribles.

C’est le grand mystère de la vie qui bat en nous et qui, parfois, est tellement souffrante et injuste. On n’a pas assez de notre petite tête et de notre petit coeur pour comprendre tout ce qui nous arrive. Mais le Christ est venu porter avec nous cette souffrance. Comme le dit Catherine de Sienne: « ce ne sont pas les clous qui retiennent le Christ sur la croix, mais l’amour. » Et quand je le considère ainsi, crucifié, poussant l’amour jusque là, je me dis alors que mon ennemi ce n’est pas Dieu, ce n’est pas le Christ, mais le mal qu’il est venu dénoncer, qu’il est venu affronter et vaincre. Le mal en moi et chez les autres, la morten moi et chez les autres. Mais il faut du temps pour voir les premières pousses de la résurrection en nos vies, pourtant elles sont là.

« Time is gentleman » dit un proverbe anglais. Et le temps du deuil et de la perte que tu vis est un temps qui est souffrant, car ta perte est grande ainsi que ta peine. Seulement le temps, je dirais la caresse de Dieu sur ton existence, pourra cicatriser la douleur, sans jamais pourtant que tu ne l’oublie. Viendra un jour où elle ne fera plus vraiment mal, mais où le souvenir lui ne mourra jamais. Et l’on serait inhumain si l’on pensait pouvoir un jour se débarrasser du souvenir. Dans ce souvenir l’on apprend à grandir, il nous pousse vers l’avant et peu à peu nous rend capable de porter les autres qui vivent une souffrance comme la nôtre.

Face à l’épreuve de la mort d’un être cher se joue un choix de regard sur l’existence, un pari sur la vie et sur Dieu. Tu as le droit de râler, de chialer, de sacrer! Tu as le droit de dire « je n’avance plus ». Tu seras toujours respectée dans tes choix. Mais sache que Lui t’attend toujours, qu’il ne te juge pas et, surtout, qu’il comprend et accepte ta colère. Patience et… prière confiante. Un mot suffit.

Henri Morgentaler et l’avortement

Le Dr Henri Morgentaler se verra décerner par la gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, le plus haut honneur dont ce pays peut honorer ses citoyens, soit la médaille de l’Ordre du Canada. Le Dr Morgentaler a été le principal artisan de la légalisation de l’avortement au canada dans les années 80′.

Maintenant âgé de 84 ans, le docteur Morgentaler estime qu’il a effectué environ 100000 interventions au cours de ses 35 ans de carrière. Il dit qu’il a également enseigné ses méthodes à au moins 100 médecins. Il sourit un peu en donnant le chiffre.

L’Église catholique, de son côté, croit que cette récompense ne doit pas être accordée à M. Morgentaler. Dans un communiqué, l’archevêque de Toronto, Thomas Collins, a écrit : « Le Canada va honorer un homme de médecine qui n’a pas contribué à la guérison, mais plutôt à la destruction en plus de causer une peine incommensurable ». Dans ce même communiqué, Monseigneur Collins qualifie le travail d’Henri Morgentaler « d’assaut contre les plus faibles d’entre nous ».

Qu’en pensez-vous? Laissez un commentaire.

Ingrid Bétancourt

L’image est saisissante. À peine descendue de l’avion qui venait de l’arracher à l’enfer de la guérilla, Ingrid Betancourt s’est agenouillée, avec sa mère et les autres otages, pour prier quelques instants sur le tarmac de l’aéroport de Bogota. Revêtu d’une aube blanche, un prêtre était sur place pour accueillir les rescapés et les bénir.

« Je veux d’abord rendre grâce à Dieu et aux soldats de Colombie », répétait-elle, quelques minutes plus tôt, remerciant pour « leurs prières » tous ceux qui ont pensé à elle. « C’est un miracle », lançait-elle encore, débordante d’énergie. Cette foi inébranlable, qu’on avait déjà pu percevoir par divers témoignages ces derniers mois, a sans aucun doute aidé à sa survie pendant ces six longues années et quatre mois de captivité.

Dans une longue lettre rendue publique en décembre dernier, elle confiait que, dans le dénuement, « la Bible » était son « unique luxe ». « Ici rien n’est à soi, rien ne dure », écrivait-elle. « Chaque jour, je suis en communication avec Dieu, Jésus et la Vierge (…). Ici, tout a deux visages, la joie vient puis la douleur. La joie est triste. L’amour apaise et ouvre de nouvelles blessures… c’est vivre et mourir à nouveau. »

Jeudi 3 juillet, elle a eu quelques mots pour ses anciens ravisseurs. « J’ai vu le commandant, qui pendant tant d’années a été responsable de nous, et qui en même temps a été si cruel avec nous. Je l’ai vu au sol, les yeux bandés. Ne croyez pas que j’étais joyeuse, j’ai senti de la pitié pour lui, parce qu’il faut respecter la vie des autres, même s’ils sont vos ennemis. »

Source : Journal La Croix

Jean de la Croix, Dieu et notre liberté

« Un Dieu qui aime sans imposer son amour, disait Jean de la Croix, c’est un Dieu qui prie l’homme autant que l’homme le prie. Ce désir de Dieu, cette prière de Dieu, c’est sa passion. »

Jean de la Croix

Devant la mort d’un ami

N.B. J’ai écrit cette lettre en décembre 2005, suite à la mort d’un ami âgé de 37 ans, père de deux jeunes enfants de cinq et sept ans. Cette lettre s’adresse à tous ceux et celles qui ont connu Stéphane, essentiellement des camarades d’université ayant à peu près le même âge que Stéphane. J’ai pensé la partager à nouveau avec vous car elle parle du sens de la prière. J’aimerais bien entendre vos réactions…

Chers amis, chers frères et sœurs dans le Christ,

Je tenais à vous écrire suite à l’épreuve de la perte de notre ami Stéphane afin de vous partager ma conviction face à une telle confrontation avec la mort d’un proche. Je ne voudrais pas que cette épreuve nous laisse sans espérance.

Nous avons tous prié intensément pour la guérison de Stéphane, au point où il peut sembler légitime de se demander pourquoi Dieu n’a pas répondu à notre prière. Serait-il sourd? La prière a-t-elle vraiment un sens dans une telle épreuve où la fin semble inévitable? Voilà des questions que je me suis posées tout comme vous sans doute.

J’ai eu l’occasion de voir Stéphane à quelques reprises pendant sa maladie et j’étais en contact téléphonique avec lui tous les jours. Il m’avait demandé de le faire parce qu’il voulait s’assurer qu’on le soutienne spirituellement et que l’on prie pour lui. Il est donc normal de se demander si nous avons échoués?

Et où était Dieu dans tout cela? Nous lui avons crié : « Seigneur, ton ami est malade », comme l’a fait la sœur de Lazare, et aujourd’hui nous avons envie de lui dire avec le psalmiste : « Cela ne te fait-il rien de nous voir mourir? »

Mais d’entrée de jeux, je dois vous avouer que mon espérance est ailleurs maintenant et ma compréhension de l’efficacité de la prière a été profondément transformée par cette épreuve de la mort de Stéphane. Je pensais savoir bien des choses sur la vie de foi. N’est-ce pas normal quand on a fait de la théologie et que l’on a beaucoup lu. Mais il n’y a rien comme l’expérience de la prière poussée dans ses derniers retranchements pour nous en faire saisir un peu mieux la dynamique. C’est cela que j’aimerais maintenant vous partager. Je le ferai en trois points qui correspondent aux trois étapes du processus que j’ai vécu dans cet accompagnement de Stéphane, notre frère dans la foi.

1- Tout d’abord, devant la maladie qui semblait progresser inéluctablement après seulement deux semaines, j’ai saisi tout à coup qu’une des fonctions de la prière n’était pas l’exaucement à tout prix, ce que je savais déjà, mais que la prière avait aussi pour fonction de porter l’autre devant Dieu. Alors que ma prière se faisait insistante pour que le Seigneur guérisse Stéphane, j’ai compris que ma prière avait aussi comme fonction de le soutenir, de veiller avec lui. Comme si Dieu me demandait de le laisser habiter ma prière afin qu’à travers moi Il soutienne Stéphane dans sa souffrance. Une invitation à veiller avec l’ami malade dans la prière, à porter avec lui sa douleur, à penser très souvent à lui et à le confier à chaque fois au Seigneur.

C’est comme si un nouvel éclairage sur la prière m’avait été donné. Il ne suffit pas de dire « Seigneur, Seigneur ». Il faut aussi veiller avec lui à Gethsémani, le Gethsémani de toutes les souffrances humaines. C’est là quelque chose qui demande bien plus de temps que la simple demande de guérison au Seigneur dans une formule rapide et toute faite. C’est plus engageant aussi, plus fatiguant, plus coûteux. Écouter un ami qui souffre prend du temps. Prier pour lui aussi. Peut-être est-ce là le vrai sens de la prière d’intercession… Et en ce sens je ne doute plus que les proches de Stéphane l’aient soutenu de leur prière et aient porté avec lui une part de son fardeau. Cela a été là pour moi une forme de découverte. Jamais je n’avais vécu aussi profondément cette dimension de la prière, le « prier toujours » dont parle Jésus et où l’on se tient devant Dieu pour le monde.

2- Mais il y a plus. Cette prière d’intercession est avant tout d’ordre spirituel. Des adeptes du New Age ou de la « pensée positive » parleraient ici « d’énergies », mais c’est là une vision réductrice de la prière chrétienne. Nous prions avec le Christ, nous formons le Corps de Christ et c’est dans cette communion que notre prière a rejoint Stéphane. J’ai découvert que la prière avait cette capacité d’amener l’autre à s’engager davantage sur le chemin de lumière que nous a ouvert le Christ. J’ai senti Stéphane se transformer peu à peu, devenir de plus en plus spirituel face à sa maladie, ce qui m’a été confirmé par sa mère. Tous ceux et celles d’entre vous qui le connaissent bien reconnaîtront que Stéphane n’était pas du genre à livrer aux autres ses émotions spirituelles. Et pourtant, à chaque fois que je parlais de prière avec lui, de la foi en Dieu ou lorsque nous avons célébré le sacrement des malades, je l’ai senti s’extasier au point où sa mère me confiait le jour des funérailles qu’elle avait eu le sentiment que plus l’on priait pour Stéphane, plus elle sentait qu’il lui échappait, comme s’il se rapprochait de plus en plus de Dieu.

Je me souviens de ma dernière visite à Stéphane. Il était très faible, mais gardait toujours son sens de l’accueil et de l’attention à l’autre. À un moment donné il m’a demandé d’accrocher au mur le crucifix que sa mère lui avait apporté le jour même. Il avait hâte qu’il soit en place afin qu’il puisse le regarder. Une fois le crucifix mis au mur, Stéphane l’a regardé en silence pendant un long moment avec un regard lumineux, où semblait transparaître une grande joie. Il avait le regard des grands contemplatifs et je ne pouvais que rester là en silence, à la fois gêné et ému d’être le témoin d’une aussi grande ferveur chez lui. Je crois que la prière de tous ceux et celles qui ont prié pour lui a amené Stéphane à entrer encore plus avant dans cette foi en Jésus-Christ qui était la sienne, et c’est sans doute là le vrai miracle, celui auquel je ne m’attendais pas.

3- Enfin, je crois que nos prières pour Stéphane nous ont aussi touchés et transformés. Comme dit le psalmiste : « tout comme la pluie du Seigneur ne retourne pas au ciel, après être tombée sur la terre, sans l’avoir transformée », notre prière pour Stéphane nous a rapprochés non seulement de lui, mais, plus fondamentalement, elle nous a rapprochés de Dieu. Nous sortons grandis spirituellement de cette épreuve : notre relation à Stéphane en est à jamais transformée, ainsi que notre vision de la vie et de la mort, de nos liens d’amitié et de nos liens familiaux. Nous avons touché d’un peu plus près ce que signifie la communion des saints.

Mais il ne s’agit pas ici simplement d’une expérience d’ordre intellectuel. Spirituellement, la prière nous a ouverts un peu plus au mystère de la vie et elle a agrandi cette brèche en nos cœurs par laquelle l’Esprit du Seigneur peut nous inspirer et nous guider afin que nous découvrions le vrai sens des choses. Fondamentalement la prière pour le prochain ne peut que bonifier celui ou celle qui prie, car cette personne s’ouvre à l’action de Dieu dans le monde et dans sa vie.

Voilà ma réflexion. Je ne veux pas m’étendre davantage, mais je trouvais important de partager ces choses avec vous, car nous sommes tous engagés dans une même aventure, l’aventure d’une vie aux prises avec le mal et la mort, conséquences du péché. Dieu est présent à chacun de nous et nous ne devons pas douter de son amour et de son souci pour nous. Si nous avons la foi, il nous faut alors faire preuve d’une confiance absolue. Jésus-Christ ne vient pas lever les épreuves de la vie comme par magie, mais il vient plutôt nous aider à combattre par la foi, la prière et l’amour fraternel.

Jésus est venu nous apprendre à lutter et il continue de lutter avec nous. Voilà ce que Dieu fait pour nous. L’enjeu ici-bas n’est pas de vivre le plus longtemps possible, mais de vivre comme des hommes et des femmes spirituels appelés à la vie éternelle. Je crois que c’est l’exemple que Stéphane nous laisse et je crois que nos prières l’ont aidé dans ce passage. Désormais, il est mystérieusement imbriqué dans la trame la plus secrète de nos vies.

Dieu caché

Parce que tu as aimé cette terre Seigneur,
voilà qui me donne d’espérer
quand je sens ma foi vaciller.

À voir vivre tes enfants rieurs,
comment ne pas sentir
la tendresse de ton regard
posé tout doucement sur chacun ‘eux.

Tu es là ! Je le crois.

Et je devine ta joie, car c’est ma joie.
Et je connais ta peine lorsqu’ils souffrent,
car c’est la mienne
et elle ne peut venir que de Toi.

Et du plus profond de mon impuissance
monte en moi cet appel à les consoler avec Toi !
À prendre avec Toi ce poids de douleur
qui accable notre terre jusqu’à plus soif.

Mais je te découvre plus pauvre que moi.
Plus pauvre que moi dans ta toute-puissance.
Et ton amour n’en finit plus d’attendre
les deux mains clouées sur le bois.

Qui donc prendra sur lui le poids de ta croix?
Faut-il être entré dans ta gloire
pour mesurer le poids infini de ta souffrance
et trouver la force de l’assumer avec Toi?

Pourquoi te cacher derrière ce silence
qui enveloppe l’univers,
comme si, sur le point de parler,
tu retenais ton souffle, l’espace d’un instant.

Un instant d’éternité où l’Homme attend
les yeux tournés vers le ciel…

Pourtant, tout dans l’univers ne s’écrie-t-il pas: Gloire!
Des astres créés, aux rires des enfants:
« Contemplez Celui qui vient!
Celui qui Est! Contemplez!
Il est là, aux portes du monde,
et vous êtes chez Lui.

L’univers est son jardin et l’Homme,
un promeneur solitaire
qui cherche son chemin.
N’entendez-vous pas sa voix? »
Et l’Homme, reste-là, hébété,
au coeur du jardin,
soûlé par le poids de sa vie,
ne sachant plus où regarder,
quand tout autour de lui l’appelle vers Toi.

Nous aurais-tu donc créés aveugles ?

Yves Bériault, o.p.

Je serai l’amour…

« Considérant le corps mystique de l’Église, je ne m’étais reconnue dans aucun des membres décrits par saint Paul, ou plutôt je voulais me reconnaître en tous […]. La Charité me donna la clé de ma vocation. Je compris que si l’Église avait un corps, composé de différents membres, le plus nécessaire, le plus noble de tous ne lui manquait pas, je compris que l’Église avait un Coeur, et que ce Coeur était brûlant d’Amour. Je compris que l’Amour seul faisait agir les membres de l’Église, que si l’amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Évangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang […]. Je compris que l’Amour renfermait toutes les vocations, que l’Amour était tout, qu’il embrassait tous les temps et tous les lieux […], en un mot, qu’il est éternel. » (Manuscrit Auto. B3 v)

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

Enquête : internet et l’expérience spirituelle

Voilà maintenant treize ans que j’œuvre sur internet, cet univers virtuel qui permet à des centaines de millions de personnes, à tous les jours, de communiquer entre elles. Récemment, une journaliste du journal La Croix me demandait si mon ministère sur le net me permettait de confirmer ou non son influence sur l’expérience de foi des internautes. « Pensez-vous, me demandait-elle, que l’internet soit un médium par lequel des gens puissent vivre une conversion ou encore approfondir de manière significative leur foi? »

Des internautes m’ont déjà affirmé que l’internet avait joué un rôle important dans leur vie de foi. Qu’en est-il de vous chers lecteurs et lectrices? Que répondriez-vous à notre journaliste? La parole est à vous. Laissez-moi vos réflexions sur le sujet.